Le blog de Homo palmus
A bord de l’Antares, Ramoucho-le-mousse s’active aux amarres tandis que le capitaine tient la barre. Il est 8h30 et le petit groupe a pris place sur le bateau pour un départ vers le grand bleu.
Lentement, l’Antares quitte le ponton et gagne la sortie du port. Ce matin, le capitaine se dit qu’il est un peu moins jeune, mais pas encore un vieux loup de mer. A la limite, l’odeur de vieux poulpe pourrait le laisser croire lorsqu’il exhume son étanche de sa maturation saumâtre au soleil catalan. Pour le moment, il donne quelques consignes pour la plongée à venir.
Le bateau glisse le long de la côte rocheuse sur une mer d’huile et sous un beau ciel bleu. Je me réveille progressivement alors que d’autres sont déjà très concentrés.
Quelque part au large du cap Béar, entre 2 baguettes de pain, une saucisse sèche, un morceau de terrine et 2 gros boudins noirs, le sondeur indique la profondeur cherchée et la gueuse est jetée.
C’est l’avant veille de la fête nationale, jour du passage fatidique d’une décennie à une autre pour le capitaine qui a enfilé son étanche. Il part en premier en compagnie de Jean-Charles dont la sagesse et l’esprit nous interdiront de préciser le nombre de décennies déjà écoulées.
Pas un souffle de vent. Ramoucho-le-second a pris les commandes dans l’attente du retour du capitaine. Deux autres palanquées suivent avant que nous nous mettions à l’eau à notre tour. Je vais descendre en compagnie du pourvoyeur de cochonnailles et de Ramoucho-the-diver.
Le bout se perd dans le bleu. Jusqu’à plus de 20 m, tout est clair.
A 35 m, la pénombre s’installe et Ramoucho-the-wreck-diver me fait signe que jusque-là tout va bien.
A 45 m, Ramoucho-the-deep-diver allume son phare. Il commence à faire sombre dans le secteur…
Cinq mètres plus bas, nous avons du mal à nous voir et je ne comprends pas pourquoi Ramoucho éteint, puis allume, puis finalement éteint son phare : Ramoucho-cats-eyes ? La descente est à peine plus lente dans la soupe. Je dois utiliser le rétro-éclairage de mon ordi. Je pense à ces plongeurs de gravière qui diraient peut-être que c’est toujours comme ça chez eux loin au nord. C’est pas une raison pour que ce soit comme ça ici aussi ! A 60, je fais signe à mes collègues de stopper là. Il y en a un qui est visiblement content et qui s’empresse de remonter à la corde à nœuds à la force des bras. Hummm… Manque de zenitude malgré la dose d’azote que nous venons de nous prendre. On se calme et 10 m plus haut les choses se normalisent. La remontée se fera désormais à vitesse bien contrôlée.
La visi revient et l’eau se réchauffe. Le palier s’écoule lentement.
Ramoucho en profite pour s’exprimer dans sa seconde langue naturelle.
De retour sur le bateau, il livrera d’abord son impression majeure de la plongée : « c’est comme si ma tête était dans un tourbillon ! »
Puis, quelques minutes plus tard, il fera une remarque très intéressante : « le vent est tombé ? » Sauf qu’il n’y a jamais eu de vent ce matin-là…
Que ses fans se rassurent, Ramoucho-le-djeuns va bien. Enfin, il va bien comme d’habitude…
Ce matin-là, c'était simplement une petite expérience qui profite à tous, une occasion plutôt rare de se tester et d'apprendre sur soi-même. Et accessoirement de bien rigoler de nous entre nous. Mais toujours avec sérieux !
Peu de temps plus tard, j’ai quitté le port et ses occupants. Le capitaine a dû fêter son changement de décennie. Gageons qu’il gardera le cap…
Pour la prochaine decennie il faudra revoir le contenu des bouteilles... ![]()
Bon anniversaire Sylvain. Garde le cap et ne change surtout pas de direction.
Euh, par contre, pour le prochain changement de décénie, il faudra quelle profondeur sur le sondeur ? J'ai soudain un gros doute, si 60 c'est 2X30...