Le blog de Homo palmus
Pour la 4è fois en 10 ans, je pars retrouver la terre des pharaons. Mais cette fois, direction le Sinaï, Dahab.
Un bus, puis un funiculaire historique, puis un train en panne, puis un autre train, puis le métro et je fais halte pour un jour de transit chez Daphnée et Pierre-Franck avant de prendre un RER, puis un avion pour Zurich, puis un autre pour le Caire, puis un taxi pour changer d’aérogare, puis un dernier avion pour Sharm el Cheikh. Un transport m’attend pour m’emmener jusqu’à Dahab, à 90 km de là. Je quitte l’aéroport flambant neuf à bord d’un mini-van conduit par un bédouin de la région.
Dès la sortie de la zone de l’aéroport, la route, en très bon état, rectiligne, file le long du désert. Le temps est légèrement brumeux.
Puis nous serpentons au milieu d’un environnement entièrement minéral aux tons ocre. Tout en roulant plutôt à gauche qu’à droite, mon chauffeur me montre les « villages » bédouins, regroupements de quelques maisons de briques à l’écart de la route, au milieu de nulle part.
Une heure et quelques check points plus tard, nous arrivons au club de plongée Extra Divers. Il fait déjà nuit. Le temps de faire connaissance et je suis accompagné jusqu’à l’hôtel, à quelques minutes à pied par la plage. Première constatation, il ne semble pas y avoir ici les énormes complexes hôteliers qui ont étouffé la côte entre Hurghada et Safaga. Les hôtels que je vois sont de taille plus modeste, et n’ont qu’un seul étage, deux au maximum. Je prends possession de ma chambre qui est confortable.
Elle donne entre la terrasse du restaurant et l’inévitable piscine.
Après une trop courte nuit, je regagne le club. Le matériel est chargé dans des caisses dans des pick-ups alors que les plongeurs, eux, sont chargés dans des 4x4 dans un état général plutôt… Egyptien. Pour copier un célèbre scientifique, je pourrais dire « et pourtant, ils roulent ! ». Les plongées se font du bord. A l’arrivée sur la plage, de grandes nattes sont déroulées pour pouvoir se changer sans trop mettre le matériel dans le sable, ni les pieds sur des bouts de verre ou d’autres choses. L’Egypte ici, au bord du désert, n’est pas moins sale qu’ailleurs.
Première immersion : Tretboot.
Au bord du récif, le corail de feu Millepora tenella forme une crête sur laquelle il ne vaut mieux pas se frotter.
Première rencontre, posée dans une anfractuosité, une raie torpille Torpedo panthera.
Cachées le jour dans des trous du récif, les rascasses volantes Pterois miles attendent la nuit pour sortir chasser.
Posé sur le sable, un poisson-ballon géant Arothron stellatus n’est pas très perturbé par les plongeurs qui l’observent d’assez près.
Rasant le fond, un poisson-flûte Fistularia commersonii pense peut-être passer inaperçu.
Il faut être plus attentif pour apercevoir le syngnathe à réseaux Corythoichthys flavofasciatus, long d’une douzaine de centimètres.
Changement d’échelle avec cette énorme gorgone que je reverrai en fin de séjour. C’est probablement la plus grande que j’ai pu voir (plus large qu’un plongeur en position hydrodynamique). Fixée à 25 de fond, elle s’est développée entre deux patates de corail.
Vif éclat de couleur sur mon chemin lorsque je croise cette belle étoile à mailles rouges Fromia monilis.
Je retrouve sur une table d’Acropora des petits squatteurs que j’aime bien. Ils sont toujours colorés, parfois bigarrés, ici d’un jaune uniforme : les vers arbres de noël Spirobranchus. Comme les serpules, ils rentrent leur double panache à la moindre alerte.
Et bien sûr, je ne pouvais pas manquer le doris à 4 couleurs Chromodoris quadricolor
Seconde immersion : Abu Talha.
Nous avons passé l’un des nombreux points de contrôle. Un policier note dans un grand cahier la nature et la quantité de la cargaison du 4x4, c’est-à-dire le nombre et la nationalité des touristes. Tout cela semble un peu futile. Dans l’autre direction, un chamelier mène son petit groupe de dromadaires en passant par la plage. Personne ne lui demande ce qu’il transporte…
Comme en plusieurs autres endroits, la plage est un chantier arrêté. Pas de travailleur visible, pas d’engin, mais des petits groupes de personnes qui semblent s’être installés à l’ombre dans ces structures de béton.
Alors que nous nous équipons, 2 plongeurs en étanche, équipés de plusieurs blocs et de scooters sous-marins, sortent à quelque distance. Notre guide de plongée nous affirme que ce sont des Russes…
Le récif forme un véritable mur de quelques mètres de haut. J’ai plaisir à regarder les anthias Anthias squamipinnis évoluer en groupes plus ou moins importants à petite distance du mur de coraux.
Dans la gamme des choses qui piquent, après le corail de feu et les rascasses volantes, le bonnet de prêtre Tripneustes gratilla. Je suppose que le nom a été donné en raison de la forme et non pas pour des questions plus pratiques…
N’oublions pas non plus les anémones dans lesquelles logent les bagarreurs poissons-clowns Amphiprion bicinctus.
Le poisson-faucon à taches de rousseur Paracirrhites forsteri se pose en observateur au sommet d’une colonie d’Acropora, tandis que des éponges tubulaires ont préféré se développer plus à l’abri, sous la table de corail.
Un cocher Heniochus acuminatus et un gros-yeux commun Priacanthus hamrur stationnent à proximité du récif…
… Alors qu’un mérou croissant de lune Variola louti me croise rapidement.
De retour vers la sortie, je tombe nez à nez avec une vieille à lignes violettes Oxycheilinus digrammus. Elle m’observe de face, puis décide de s’en aller un peu plus loin.
Dernière rencontre du ce jour, les poissons-bagnards Abudefduf vaigensis qui cohabitent avec les anthias, juste sous la surface.
Fin de cette première journée de plongée. Le temps de rincer le matériel au club puis de remplir le carnet en discutant des animaux observés et je rentre prendre une bonne douche avant d’aller attendre les plongeurs alsaciens qui doivent arriver ce soir…
Mar 5 mai 2009
26 commentaires
Ces couleurs, cette lumière et cette faune sous-marines sont magnifiques ; ce premier article est une très belle introduction sur les splendeurs de la Mer Rouge. Y a t-il des similitudes avec la mer du Japon ?
Francois - le 06/05/2009 à 08h24
Merci Francois. Oui, il y a des similitudes, la faune observee au Japon etant tropicale, il y avait des poissons colores classiques. Mais la visi etait bien meilleure a Dahab : moins de
ruissellement de la terre a la mer apres les pluies (5 minutes de crachin durant l'annee ecoulee).
Homo palmus
Merci pour ce beau réveil. Merci pour tes photos et merci pour ta présence pendant ce voyage.
Meme si je n'étais pas là pendant ces plongées, on a beaucoup pensé à toi dans l'avion. Pendant que tu rencontrais toutes ces espèces merveilleuses, un apprenti moniteur perdait une main...
Meme si je n'étais pas là pendant ces plongées, on a beaucoup pensé à toi dans l'avion. Pendant que tu rencontrais toutes ces espèces merveilleuses, un apprenti moniteur perdait une main...
Sabrina - le 06/05/2009 à 09h13
De rien, tout le plaisir a ete pour moi :D
Vous avez beaucoup pense a moi dans l'avion parce que vous aviez en memoire mes histoires de vols mouvementes ? Pourtant je vous l'avais dit, comme je voyageais a part vous ne risquiez rien ! Ce n'etait pas la peine de mutiler ton petit apprenti moniteur prefere !
Vous avez beaucoup pense a moi dans l'avion parce que vous aviez en memoire mes histoires de vols mouvementes ? Pourtant je vous l'avais dit, comme je voyageais a part vous ne risquiez rien ! Ce n'etait pas la peine de mutiler ton petit apprenti moniteur prefere !
Homo palmus
Tu ne nous avais pas raconté tes expériences passées de vol, mais tu t'en doutes bien, je n'avais pas besoin de ça pour etre stressée dans l'avion...
Sabrina - le 06/05/2009 à 12h08
Effectivement, maintenant que tu me le dis, je crois que je n'en avais parle qu'avec Vanessa, tout comme les histoires de terrorisme... Finalement, tout s'est bien passe, non ? Sauf pour ton petit
apprenti moniteur prefere... :p
Homo palmus
Oui effectivement aucun souci, juste une valise foutue, mais bon...
Et je tiens à rassurer tout le monde, notre petit apprenti moniteur était consentant pour que je lui broye la main et puis, il peut travailler donc, il ne doit pas trop souffrir.
Et je tiens à rassurer tout le monde, notre petit apprenti moniteur était consentant pour que je lui broye la main et puis, il peut travailler donc, il ne doit pas trop souffrir.
Sabrina - le 07/05/2009 à 08h50
En disant les choses de cette maniere, tu sous-entends que vous avez une relation d'un type disons... un peu alternatif ! :p Sinon, c'est quand meme tres gentil de sa part. Pour savoir le font de
sa pensee, il faudrait lui demander s'il est pret a refaire un vol a cote de toi ! :D
Homo palmus
Pour le vol retour, il était derrière moi ce qui ne m'a pas empeché de lui rebroyer la main. Mais je ne suis pas sure qu'il soit pret tout de suite à repartir avec moi.
Sabrina - le 07/05/2009 à 10h40
Euh... Tu n'avais personne de volontaire a cote de toi ? Ca aurait ete plus pratique que de te contorsionner. Mais peut-etre etait-il le seul capable de te rassurer...? :p
Homo palmus
Je n'ai pas demandé à mon voisin, Franck s'est proposé spontanément. Par contre à l'arrivée, pendant les "petites perturbations"( que je n'ai pas aimées du tout du tout), mon voisin a bien voulu remplacer mon petit apprenti moniteur préféré qui dormait...
Sabrina - le 07/05/2009 à 10h58
Tairas-tu le nom de ce voisin qui a pris la releve de ton petit apprenti moniteur prefere assoupi ? Dormait-il vraiment ou etait-ce un stratageme pour eviter d'autres bleus ?
Homo palmus
je pense qu'il dormait vraiment parce qu'on a du le réveiller pour qu'il attache sa ceinture pour l'aterrissage. Mon gentil voisin compréhensif était Guy... toujours là quand il faut...
Sabrina - le 07/05/2009 à 13h35
Je vois que tu etais bien entouree, il ne riquait rien de t'arriver a l'interieur de la cabine tant que l'avion fonctionnait normalement... J'ai bien apprecie Guy et j'ai trouve tres sympa qu'il
soit venu me dire au revoir. Ton petit apprenti moniteur prefere avait du avoir une courte et epuisante nuit, il faut lui pardonner d'avoir succombe au sommeil.
Homo palmus
En fait, il nous a expliqué qu'il était réveillé vers 9h, il s'est dit qu'il avait encore le temps avant de venir et il s'est rendormi et Guy ne l'a pas réveillé en venant... il avait vraiment du avoir une nuit courte.
Sabrina - le 07/05/2009 à 14h06
Peut-on meme parler de nuit ? ;-) c'est pas grave, je ne lui en veux pas car je n'ai pas interet : il doit m'heberger prochainement...
Homo palmus
Au pire, tu pourras toujours tenter la nuit à la belle étoile sur la plage de la gravière, mais tu risques de faire des rencontres bizarres et surtout d'avoir un peu froid.
Sabrina - le 08/05/2009 à 12h15
Pourquoi des rencontres bizarres ? Tu as deja teste ? Je prefererais plus confortable, par exemple un matelas pneumatique dans une piece chauffee avec eventuellement quelqu'un pour me chanter une
berceuse... ;-)
Homo palmus
Nous avons déjà rencontré des ragondins autour de la gravière, on ne sait jamais s'il lui vient l'idée de te croquer un orteil...
Sabrina - le 08/05/2009 à 21h03
Pourquoi un orteil ? Si le ragondin est la seule espece que tu crains la nuit autour de la graviere, ca va, ca pourrait etre pire. Mais je reste sur ma preference de lit confortable dans un endroit
chauffe et pas trop humide (pour mes rhumatismes).
Homo palmus