Reprenons depuis le début. Le château est pris dans le nappage mouvant. Remontons au sommet du mât et observons les formes indécises baignées de ce brouillard épais et lumineux. Cette fois, les
tourelles latérales émergent suffisamment pour que leurs contours soient visibles.

A quelques mètres au-dessus du pont, les armements et le cerclage de la tourelle tribord sortent totalement du brouillard qui semble se replier à l’extérieur de l’épave.

Refaisons un tour, histoire de voir si le repli est général. Parvenu au canon de proue, le recul est confirmé. Lui aussi est libéré de l’enveloppe et il émerge entier, empaqueté de filets
arrachés. De cet emballage, il ne se défera plus.

Demi-tour. Longeant le côté bâbord, la tourelle avant bâbord est vite atteinte. Elle semble un peu moins nettoyée que sa sœur jumelle sur tribord. Mais ici aussi, le brouillard se retire.

Poursuivons jusqu'au château. Là aussi, le voile se déchire et les structures quittent le bleu clair lumineux et opaque pour le bleu profond et limpide. Peu à peu, le dessus du château se
découvre, puis le haut des montants de la passerelle.


Plus loin en direction de la poupe, la mitrailleuse à double canon ne sort pas encore autant que ses sœurs du pont avant.
Sur l’Alice Robert, le temps passe et change rapidement. Avec le brouillard qui se retire, le voile se déchire. Je pense à Monet, je vois Impression, soleil levant. Dans la lumière qui gagne peu
à peu, se précisent les bateaux…