Le blog de Homo palmus

Nous sommes au-dessus de la plaie béante. Le bateau a sombré d’un seul tenant, malgré l’énorme brèche provoquée par l’explosion. Aujourd’hui, il ne sera pas nécessaire de chercher le filin tendu entre le côté tribord avant du château et le pont avant, l’épave se dévoile progressivement devant nous. C’est une bonne occasion d’enregistrer visuellement des parties que nous ne voyons habituellement que par fragments.
Il me semble que la paroi qui faisait face à la cale avant est tombée d’un étage et s’est posée contre cette cale.


Côté tribord, l’échelle permettant la descente sur le pont avant gît couchée proche des bittes d’amarrage. Le filin, utile par visi très réduite, y conduit.


A l’intérieur de cette cale, l’échelle pour y descendre est toujours bien fixée, elle. Nous n’irons pas remuer la vase au fond.


Devant nous, une palanquée a pris la direction de la proue.


Nous la suivons, longeant ainsi les cales dont il ne subsiste de la couverture que des poutrelles métalliques.


A mi-chemin de la proue, les restes d’un mât de charge abattu et des manches à air brisent le rythme des poutrelles. De part et d’autre sont figés de gros treuils pareils à ceux du pont arrière. Un filet recouvre l’ensemble comme une grande moustiquaire dont ne semblent pas s’inquiéter les nombreux anthias.


Plus loin, toujours côté bâbord, se trouve la seule des mitrailleuses du Saumur encore dressée sur sa tourelle.


Grâce aux bons soins des plongeurs, elle tourne encore sur son axe.


Encore quelques mètres plus en avant et nous sommes à la proue. Les chaînes maintiennent encore les ancres à poste dans les écubiers. Elles sont inutiles, depuis 64 ans le Saumur a définitivement mouillé. Là où s’est arrêtée sa vie de navire a commencé une histoire d’épave.



Après des dizaines d’immersions sur le Saumur, une promenade comme celle-ci apporte une autre vision de ce terrain d’aventure dont on n’a finalement jamais totalement fait le tour, bien que le périmètre soit limité (99 m de long quand même). Etrange sensation de découvrir encore des parties de cet espace de jeu où l’on pourrait pourtant déambuler avec ses collègues de palanquée à la manière d’un guide touristique. « A votre droite la baignoire, devant vous un bossoir écroulé, à votre gauche les restes de la balustrade surplombant le pont arrière et si vous vous retournez, vous apercevrez le seul bossoir encore en place. Nous allons à présent descendre dans la salle des machines. Restez groupés. Le ménage n’a pas été fait depuis le naufrage, attention à la tête et aux robinetteries… »

Il me suffit de fermer les yeux…

Feels like home
I should have known
From my first breath…

Lun 27 oct 2008 6 commentaires
je trouve que toutes ces photos donnent envient de plonger dessus mais en ce moment il fait trop froid sous l'eau alors a l'année prochaine ... le Saumur
le gonfleur - le 28/10/2008 à 13h42
Comment ca trop froid sous l'eau ? Pas du tout ! Ca, c'est parce que ca fait trop longtemps que tu ne t'es pas baigne. A ton age, on ne se laisse pas impressioner par une eau a 15°C. Autre solution, la combi etanche...
De toute maniere, pas de souci, le Saumur reviendra l'an prochain faire la saison en face du cap Bear, comme chaque annee...
Homo palmus
Moi je suis d'accord, il fait un peu froid sous l'eau ! Surtout que par chez nous, l'eau est aussi à 15°C, à condition de ne pas descendre sous les 10m ! Donc on attendra le printemps pour re-plonger, peut-être dans des eaux bien plus chaudes ?!
Vanessa - le 28/10/2008 à 18h35
Quoi ! Toi, plongeuse du grand nord-est ? Craindre cette temperature ! Tu me decois. Ou alors... Tu ne serais pas en train de devenir difficile ? ;-) Courage, vous serez bientot en mer rouge ! En attendant, moi, ce week-end, je vais revoir ce petit coin de mediterranee ou je me sens chez moi...
Homo palmus
Je n'ai pas de photo satisfaisante personnelle pour faire un commentaire (toujours humoristique) sur une plongée épave superbe. Je dis superbe sachant que je ne suis pas trop épave. Quoi qu'il en soit, je me demandais si tu n'aurais pas une adresse à me communiquer pour que je mette des noms sur un paquet de nudibranches d'horizon plitôt subtropical (j'ai déjà quelques flabelines).
orion56 - le 28/10/2008 à 20h35
Outre l'aspect purement historique, les epaves sont des espaces d'evasion a dimensions multiples selon les conditions de plongee du jour. Mais c'est vrai, il faut en avoir envie.
Pour identifier les nudibranches, le sea slug forum (dans mes liens) est extremement riche. Le probleme, c'est qu'avec le classement systematique qui cherche a s'approcher de l'exhaustif, on peut avoir du mal a trouver l'espece si l'on n'a pas une petite idee de la famille... Si tu veux, je peux essayer de t'aider.
Homo palmus
En fait, je ne crains pas tant que ça la température de l'eau, mais je suis un peu impressionnée quand on n'a que 4 ou 5°C à l'extérieur...Dans ces cas-là, entrer dans l'eau n'est vraiment pas difficile, mais en sortir l'est quand même beaucoup plus ! La gravière ne me verra plus jusqu'au printemps. Vivement la Mer Rouge !
Vanessa - le 29/10/2008 à 12h34
Je comprends tout a fait le probleme. J'ai moi-meme longtemps pense que je n'etais pas tres mentalement equilibre a cause de ce genre de situation qui ne m'empechait pas de plonger, et bien sur dans des eaux a la temperature tenant sur les doigts des 2 mains (meme avec des doigts en moins). c'est pour ca que la sagesse venant avec l'age, j'ai craque pour le confort d'une etanche. C'est un plaisir !!! Ramoucho a fait de meme cette semaine et il parait qu'il dort avec... :p
Homo palmus
Encore un voyage en méditerrannée, mais tu vas bientot avoir ta place attitrée dans le train du vendredi soir, n'oublies pas de mettre dans ton sac un petit appareil photo... Question, est ce que les nudibranches craignent l'eau "froide" ? Je met froide entre "" parce que personnellement, je ne trouve pas que 15° se soit vraiment très froid, le problème c'est de connaitre la température extérieure... 2° à l'extérieure par exemple, c'est froid ! ! ! !
sabrina - le 29/10/2008 à 18h01
Non, pas de place attitree car j'y vais en voiture. c'est pratique car elle connait bien le chemin, donc pendant le trajet je peux m'occuper :D Bien entendu, s'il y a des occasions sous-marines pour faire des photos, j'en ferai. Cote terrestre, je subodore qu'il y aura une occasion mais je n'en dirai pas plus tant que je n'aurai pas d'images :p
Je ne sais pas si les nudibranches craignent l'eau froide. ce que j'ai constate, c'est que l'abondance relative des especes de nudibranches varie selon la saison, avec un creux en hiver et au printemps. Où vont-ils passer la mauvaise saison ??? Peut-etre en mer rouge... :p ;-) Vous me confirmerez ca j'espere !
Homo palmus
Ramoucho en étanche, donc encore un baptème de plongée en combi étanche, ça mérite une photo non ? ? ? Bon c'est vrai qu'il avait déja testé la plongée en étanche dans le port, mais j'espère pour lui que les plongées de ce WE seront faites avec une meilleures visi et dans des meilleures conditions de pollution...
sabrina - le 30/10/2008 à 18h03
Sabrina, il faut que je te dise un truc : je crois que tu fais une fixation sur les plongeurs en combi etanche... :p Ou alors, c'est parce que tu es traumatisee par la temperature de ta chere graviere... ;-)
La meteo annoncee pour ce week-end n'est pas excellente. Je serai peut-etre oblige de demander a Ramoucho de poser pour la celebrite au sec sur le port... Ou alors samedi soir quand il fetera son anniv (en combi etanche bien sur). :D
Homo palmus