Le blog de Homo palmus
Après 4 heures de route, plutôt que de passer à mon logement, je débarque directement au club sur le port. Presque 3 semaines que je ne suis pas venu respirer cette atmosphère où azote, oxygène,
néoprène et embruns se mêlent à l’ambiance conviviale et chaleureuse. J’arrive et trouve Sylvain en combi qui me lance « on va sur la Banane. Equipe-toi on y va ». OK ! Pas de souci ! :D La météo
pluvieuse des 4 dernières heures s’éclaircit soudainement. Une heure plus tard, le bateau est au-dessus de l’épave.
Petite houle de nord, eau d’un bleu profond, courant très faible : les conditions sont bonnes. Au début de la descente, l’esprit est tout entier tourné vers le fond et la question : comment sera la visi ? Nous n’attendrons pas longtemps car, malgré le plancton, l’épave se dévoile rapidement.
Nous évoluons au-dessus d’un bâtiment qui s’est arrêté là il y a 65 ans, après bien des voyages. Ce jour-là, nous sommes les voyageurs.
Ce cargo fruitier avait été transformé en navire militaire. L’armement varié en canons divers n’a pourtant rien pu contre l’attaque du sous-marin anglais qui l’a envoyé par le fond avec les hommes à bord. Toutes les armes se sont tues définitivement, malgré la présence toujours menaçante des munitions encore visibles par endroits.
Tout est figé. Le pont délabré, l’échelle tombée, les débris entassés, tout indique que l’histoire s’est arrêtée mais que le temps fait son œuvre. Impression d’un silence encore plus profond que celui qui est perturbé par nos bulles.
A la proue, les chaînes dans les écubiers ne gênent pas le congre qui en a fait son abri. Les nombreux lambeaux de filets accrochés au canon et à la coque forment une couche encroûtante.
Les corynatis colorés se partagent la surface de tôle. A côté de la citerne, une colonie mauve s’est établie sur un tuyau. L’échelle d’accès à la tourelle avant tribord est recouverte d’une colonie jaune.
Le château est un gruyère de métal où les trous sont plus nombreux que les pleins. C’est à se demander comment il n’est pas encore complètement écroulé sur lui-même. C’était l’espace habité, avec la passerelle d’où sont probablement partis les derniers ordres. Aujourd’hui, les nuées d’anthias et un banc de loups circulent librement à travers les ouvertures béantes.
Il faut s’arracher à la contemplation, partir avec des images plein la tête. La passerelle s’éloigne, alors que le mât accompagne notre remontée.
Plus haut, de retour au présent, tout est d’un bleu lumineux, traversé par les bulles des copains qui vont nous rejoindre au palier.
On en a pris plein la vue. On remettra ça le lendemain matin, puis l’après-midi, puis le surlendemain, encore, sans se lasser… L’Alice Robert est un beau voyage, surtout lorsqu’il s’offre ainsi.
Pour ceux qui auraient manqué les précédentes visites du Bananier, vous pouvez lire les autres articles ainsi qu'une petite visite guidée de l’épave :
L’Alice Robert : let me take you on a trip… (1)
L’Alice Robert : let me take you on a trip… (2)
Bonne visi sur le Bananier…
Le Bananier, encore !
L’Alice Robert, encore et toujours…
Bananier : le retour
Retour sur le Bananier
10 mai - le Bananier
Petite houle de nord, eau d’un bleu profond, courant très faible : les conditions sont bonnes. Au début de la descente, l’esprit est tout entier tourné vers le fond et la question : comment sera la visi ? Nous n’attendrons pas longtemps car, malgré le plancton, l’épave se dévoile rapidement.
Nous évoluons au-dessus d’un bâtiment qui s’est arrêté là il y a 65 ans, après bien des voyages. Ce jour-là, nous sommes les voyageurs.
Ce cargo fruitier avait été transformé en navire militaire. L’armement varié en canons divers n’a pourtant rien pu contre l’attaque du sous-marin anglais qui l’a envoyé par le fond avec les hommes à bord. Toutes les armes se sont tues définitivement, malgré la présence toujours menaçante des munitions encore visibles par endroits.
Tout est figé. Le pont délabré, l’échelle tombée, les débris entassés, tout indique que l’histoire s’est arrêtée mais que le temps fait son œuvre. Impression d’un silence encore plus profond que celui qui est perturbé par nos bulles.
A la proue, les chaînes dans les écubiers ne gênent pas le congre qui en a fait son abri. Les nombreux lambeaux de filets accrochés au canon et à la coque forment une couche encroûtante.
Les corynatis colorés se partagent la surface de tôle. A côté de la citerne, une colonie mauve s’est établie sur un tuyau. L’échelle d’accès à la tourelle avant tribord est recouverte d’une colonie jaune.
Le château est un gruyère de métal où les trous sont plus nombreux que les pleins. C’est à se demander comment il n’est pas encore complètement écroulé sur lui-même. C’était l’espace habité, avec la passerelle d’où sont probablement partis les derniers ordres. Aujourd’hui, les nuées d’anthias et un banc de loups circulent librement à travers les ouvertures béantes.
Il faut s’arracher à la contemplation, partir avec des images plein la tête. La passerelle s’éloigne, alors que le mât accompagne notre remontée.
Plus haut, de retour au présent, tout est d’un bleu lumineux, traversé par les bulles des copains qui vont nous rejoindre au palier.
On en a pris plein la vue. On remettra ça le lendemain matin, puis l’après-midi, puis le surlendemain, encore, sans se lasser… L’Alice Robert est un beau voyage, surtout lorsqu’il s’offre ainsi.
Pour ceux qui auraient manqué les précédentes visites du Bananier, vous pouvez lire les autres articles ainsi qu'une petite visite guidée de l’épave :
L’Alice Robert : let me take you on a trip… (1)
L’Alice Robert : let me take you on a trip… (2)
Bonne visi sur le Bananier…
Le Bananier, encore !
L’Alice Robert, encore et toujours…
Bananier : le retour
Retour sur le Bananier
10 mai - le Bananier
Jeu 19 jun 2008
5 commentaires
Je prends un ticket pour ce voyage sur l'Alice Robert ! J'espère qu'il reste une petite place pour les prochaines plongées, même sur un strapontin...
Juste une petite pensée pour les 27 marins qui ont péri lors du naufrage en 1944 ; l'Alice Robert est un sanctuaire magnifique.
Francois - le 20/06/2008 à 19h49
L'avantage de voyager sur ce bateau, c'est qu'il ne risque pas de couler a cause d'un iceberg ! Je pense qu'on doit pouvoir te trouver non seulement une place, mais un abonnement pour la ligne
Argeles-Bananier :D
Je n'avais pas le nombre precis de disparus. Tu l'as extrait du Levano ?
Je n'avais pas le nombre precis de disparus. Tu l'as extrait du Levano ?
Homo palmus
je ne dirais rien de plus que J - 37 soit un mois et une semaine...
sabrina - le 21/06/2008 à 18h25
Je tiens a preciser que ce n'est pas parce que certains moniteurs s'autorisent des depassements verticaux que ca sera le cas dans 35 jours... ;-) Et l'encadrement du club est incorruptible !
enfin... je crois... :p
Plus qu'un gros mois. Ca sera vite passe !
Plus qu'un gros mois. Ca sera vite passe !
Homo palmus
o la la!!! la visi etait magnifik mai encore plus quand on est en surface lol !!!
ramoucho - le 22/06/2008 à 23h19
Tu veux dire que c'est en voyant les photos que tu as compris ce que tu avais vu au fond ??? J'ai un doute la... Dis-moi, quand tu plonges avec moi, tu prends quoi comme substances avant la plongee
?
J'espere que les petites formalites se passent bien et qu'on aura matiere a feter des choses le week-end prochain... ;-)
J'espere que les petites formalites se passent bien et qu'on aura matiere a feter des choses le week-end prochain... ;-)
Homo palmus
je ne disais pas ça pour ça, je comprends bien que les épaves ne seront pas pour cet été... mais rien de voir des images sous marines, je pense aux vacances... aujourd'hui, on peut dire J-35...
sabrina - le 23/06/2008 à 11h37
C'etait juste un clin d'oeil ;-) T'inquiete pas, elles seront surement encore la l'annee prochaine.
Tout est pret ? Les maillots sont deja plies dans la valise ? Il ne te reste que 35 jours pour decider des tenues vestimentaires a choisir d'emporter :p Ca va aller ? Le timing ne sera pas trop serre ? :p ;-)
Tout est pret ? Les maillots sont deja plies dans la valise ? Il ne te reste que 35 jours pour decider des tenues vestimentaires a choisir d'emporter :p Ca va aller ? Le timing ne sera pas trop serre ? :p ;-)
Homo palmus
pour le timming, il me parait bon... cette année objectif compenser tous le matos de plongée en emmenant des fringues qui ne prennent pas trop de place...on va tenter de faire de notre mieux... ;-)
sabrina - le 23/06/2008 à 12h04
Je pense que tu peux raisonnablement ne pas emporter de gros manteau ni de bottes :D Le materiel de plongee devrait etre prioritaire dans votre chargement de vehicule. N'hesite pas a virer tout ce
qui ne sert a rien comme les vetements des parents, le chien, le chat et les canaris :p
Homo palmus