
Après une nuit dans le Formule 1 le plus dégradé que j’ai pu voir, le
petit-déjeuner n’a pas remonté le niveau. C’est peut-être pour cela que j’ai prévenu Sabrina : hors de question que je révise les fondamentaux de l’assistance ! Quand je ne petit-déjeune pas
bien, je ne suis pas de bonne humeur

A peine une heure après le réveil, nous sommes au pied du bâtiment.
L’enregistrement est rapidement fait. Nous avons 45 minutes à attendre avant l’ouverture des vestiaires. La décoration murale met dans l’ambiance : vieux bi aux sangles pendantes ou montés
sur d’antiques enveloppes jadis peut-être gonflables, caisson monoplace… Et au milieu, la technologie ! Pour maintenir les 33°C de ce grand volume d’eau, la dépense énergétique est importante. Un
panneau lumineux indique la température et l’énergie solaire fournie pour la maintenir. Illusion ou réalité, alors que Franck discutait avec Laura, je jurerais avoir vu la température affichée
passer momentanément de 33 à 34°C…
En attendant de pouvoir se tremper dans cette eau tropicale, Vanessa et Laura cherchent peut-être les poissons exotiques. Pour le moment, tout est désert de l’autre côté des vitres.
Le signal est donné. Nous gagnons les vestiaires. On nous avait informé, il faut une pièce de 50 cts pour actionner la fermeture des casiers. Ce qu’on ne nous avait pas dit, c’est que ces 50 cts
sont perdus : ils ne retombent pas… Donc, en cas d’oubli après fermeture de la porte, ça coûte 50 cts de plus, à condition d’avoir une autre pièce de monnaie. A côté des 22 euros de l’entrée,
c’est presque mesquin. Vu du bord, l’aire de jeu ne paraît pas grande.
Petit briefing sur l’organisation et 10 minutes pour prendre la température avant de prendre le matériel. C’est l’occasion de faire un tout petit peu d’apnée. Je rappelle la consigne : 1 à la
fois pendant que les autres surveillent en surface. Je descends, me retourne et remonte en rapportant une preuve pour couper court à toute discussion…
Vanessa et Sabrina argumenteront en disant que sans tuba, elles ne pouvaient pas me surveiller. Heureusement que Laura était là ! Absence volontaire de surveillance ? Rancune parce que j’ai dit
au pti dej que je ne voulais pas faire d’assistance ? J’aurais dû me méfier… Les filles font aussi leur petite apnée avant d’aller récupérer le matériel.
Côté matériel, même après la ruée du banc de calamars (ça valait le coup d’œil côté équipement), il n’y a pas de problème pour trouver une stab et un détendeur derniers modèles. Je n’ai pas
vraiment pu tester les performances du Titan LX eaux froides

mais j’ai apprécié la Pro QD i3. Laura se contente
d’une Wave et d’un Titan, Vanessa a pris au hasard une Black Diamond et un Kronos, Sabrina un Mikron et une Pearl i3 :
- Sabrina : « mais où est le direct system ? »
- Moi : « Y’en a plus. C’est là que ça se passe. Là ça gonfle, là ça purge. Tu verras, c’est très facile »
J’aurais dû me méfier…
Et plouf ! Descente à 5 m, puis 10 m. Tout va bien, tout le monde a repris ses marques. Même Sabrina a pigé le truc de l’i3. J’aurais dû me méfier…

On s’engage dans le petit tunnel et je vois l’eau au-dessus de nos
têtes qui indique une surface. Nous émergeons pour découvrir un décor qui n’évoque pas du tout les grottes de L’Estartit. Et c’est trop spacieux.
Enfin, le moment tant attendu par les 3 naïades qui m’accompagnent : la descente dans le puits. C’est un bain bouillonnant, les colonnes de bulles remplissent le cylindre et c’est seulement en
longeant la paroi que l’on peut y échapper. Plus on descend, plus l’intensité lumineuse baisse.
Au fond, une grande rose des vents (il y a un peu de courant, c’est vrai, mais quand même, une rose des vents…) est là pour rappeler aux plongeurs de ne pas perdre le nord…
Il fait sombre au fond. Je prends les photos au jugé, l’écran de mon apn est noir. Le flash est utile mais les bulles remplacent les particules. Les flashs externes ne sont pas autorisés. Jusque
là, tout va bien, elles sont bien là toutes les 3.
Nous retrouvons au fond Yasmina, Thierry et Céline.
C’est alors que Sabrina agite son mano sous mon nez et me fait comprendre qu’elle n’arrive pas à le lire. Je vérifie : moi non plus. Bon, et alors ? Un problème ? Non, tout va bien ! OK, Sabrina
est un peu tout le temps agitée, c’est juste un petit coup d’azote qui fait ressortir ce trait de caractère. Elle n’a pas l’air convaincu que ce n’est pas grave de ne pas voir son mano, ni son
ordi... De toute façon, on ne va pas s’éterniser car on n’a droit qu’à 10 min sous les 20 m. Une petite pose classique pour immortaliser la situation :
On constate que le timer de Laura indique 50 cm de plus que les ordis de ses copines. A mon avis, c’est parce que plonger à -35 m en Belgique, le plat pays, c’est perturbant pour les instruments
belges

Puis je tente d’expliquer une fois (non François, je n’ai pas pris d’accent local), 2 fois, 3 fois quelque chose
que le plongeur moyen aurait déjà du mal à expliquer dans 3 m d’eau chaude et claire. Allez dire avec des gestes : « Sabrina, tu peux sortir la Schtroumpfette que tu as planquée » ! Voilà
comment j’ai vu une sirène par 35 m de fond dans une eau à 33°C en Belgique.
C’est un clin d’œil des jumelles au Schtroumpf plongeur de François ;-)
Ça semblait aller mieux, enfin, pas pire. J’aurais dû me méfier… Je fais signe de remonter tranquillement. Laura commence à remonter. Vanessa commence à remonter, Sabrina… SABRINA ! Sabrina, on
remonte ! Regard dans le vague, électroencéphalogramme proche de celui du poulpe ensommeillé après une indigestion de croquants aux noisettes, Sabrina a un peu de mal. En plus, ce fichu
direct system qui n’est pas là où il devrait être… Allez, pas de souci, contrairement à ce que j’ai dit au pti dej, je suis aussi là pour ça. A peine un petit coup de main et ça va vite
aller mieux, dès qu’on sera un peu plus haut

Je ne l’aurais pas laissée au fond, Vanessa m’en aurait voulu, une fois
ses neurones reconnectés…

Une petite pause à 10 m sur un rebord, sans avoir de vertige, puis nous traversons pour rejoindre l’entrée du tunnel. Au passage, un petit coup d’œil sur l’extérieur : il n’y a personne pour
observer les animaux exotiques que nous sommes.
C’est à ce moment-là que Vanessa se prend sa dose habituelle de coups de palmes. Pourquoi elle ? Pourquoi systématiquement ? Je ne sais pas. J’attire les moustiques, elle attire les coups de
palme. Plus tard au sec, en voyant cette photo, Sabrina, toutes facultés retrouvées, lui demandera pourquoi elle a fait sa plongée sur l’octopus…

Elle avait le Kronos au début, mais allez savoir pourquoi elle avait l’octopus au fond…

Sur un côté du tunnel, nous faisons surface dans une cloche. Juste derrière nous, Franck et sa palanquée arrivent. L’ambiance ne me rappelle pas plus les grottes espagnoles, mais il y a un effort
de décoration.
Il est temps de remonter dans les 5 m pour un palier de principe. Progressivement, c’est presque tout le groupe qui se retrouve.
Puis il faut bien quitter la fosse, ranger le matériel et aller à la douche.
Il commence à faire faim. En attendant d’être servis, nous remplissons les carnets, alors que derrière le bar, d’autres animaux exotiques goûtent aux joies de la plongée.
Après avoir déposé (ou plutôt parachuté en plein vol) Laura à la gare de Bruxelles, nous reprenons la route. Franck exprime sa déception.
A l’arrière, les filles ont ressorti leurs lunettes de soleil. Il fait beau, mais…
C’est juste une astuce pour faire croire qu’elles ne dorment pas. La plongée est un sport…
De retour chez Franck, il faut faire le ménage si nous voulons pouvoir nous attabler.
Franck avait prévenu : il est plus sage de confier la préparation de la pâte aux filles. Bilan, pendant que Sabrina bosse, les autres s’amusent !
Il y a bien de la confiture de mirabelles et même du nut****.
Difficile de mettre un terme à ce week-end si agréable. Merci à Franck pour sa proposition de me joindre au groupe en compagnie duquel j’ai passé un excellent week-end, mais aussi pour son
accueil et l’intensité de ses ronflements suffisamment faible pour que je puisse m’endormir

Merci à Laura pour sa
fraîcheur. Merci à Céline et Béatrice pour leur bonne humeur. Et merci à Sabrina et Vanessa qui, malgré tout ce qu’elles m’ont fait endurer, sont adorables
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