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Vendredi 21 mars 2008

7h15, dimanche matin. C’est l’heure incroyable du rendez-vous au parking du péage où je dois retrouver François pour traverser à nouveau la montagne et gagner l’Estartit. 1h30 plus tard, nous avons retrouvé Sam et nous sommes à Oceansub (http://www.oceansub-estartit.com), prêts à enfiler notre costume du dimanche en néoprène. En préparant le matériel, on entend des mots comme « Maldives » et « requin baleine »… Moi, j’ai demandé à François une plongée avec un vol de raies mantas ou, au minimum, un beau tombant de gorgones rouges. Ce matin, ça sera la Vaca. Nous voici enfin partis pour la courte traversée entre le port et les îles Medes. Je me sens un peu seul en combi humide sur ce bateau…


Le bateau s’amarre au mouillage fixe. Tout le monde s’équipe et se met à l’eau. La température de l’eau est de 13°C et la visi est très correcte (une quinzaine de mètres). Nous longeons la paroi rocheuse dans une nuée de castagnoles, en direction de l’entrée du tunnel.


L’entrée du large tunnel est riche en faune fixée, mélange de celle que l’on trouve côté Roussillon sur les roches et sur le coralligène. J’immortalise un bouquet de clavelines, toujours étonné de l’impression que donnent ces animaux de n’être que fines membranes transparentes.


Sur l’autre versant de la paroi, 2 minuscules coryphelles sont probablement en plein repas sur des colonies d’hydraires entre les Parazoanthus et les algues calcaires.


Nous traversons le vaste tunnel et à la sortie, à main droite, toute la paroi est couverte de magnifiques gorgones bleues, sans éclairage, qui virent au jaune et au rouge sous la lumière du phare.


Plus loin, sous un rocher, un mérou s’abrite sous une voûte de corail.


Nous contournons la pointe de l’île pour revenir dans la zone du mouillage. Posé sur une grosse touffe d’algues, un gros chapon se laisse photographier.


Josep nous fait signe. Nous allons prolonger la plongée par la visite de quelques cavités et boyaux étroits. Le gruyère rocheux des îles Medes est propice au développement de la faune à tendance sciaphile comme les crevettes. Les entrées des grottes et les nombreux surplombs permettent le développement abondant du corail rouge.


A l’intérieur des cavités, les jeux d’ombre et de lumière créent des ambiances visuelles esthétiques. Ce n’est pas en entrant qu’on en profite le plus. Car parfois, presque rampant  sur le gravier pour ne pas frotter la robinetterie contre le plafond dans des boyaux sinueux, il est impossible de se retourner… C’est de l’intérieur du gruyère que l’on profite le plus de cette ambiance contrastée entre nuit et jour.


Un dernier petit détour photographique sur une roche à proximité du mouillage et après plus d’une heure d’immersion, nous passons les quelques minutes de palier avec un banc d’oblades.


Encore une plongée magnifique où j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver François et Sam. Je n’en veux pas à François de m’avoir forcé à quitter mon lit à 6h du matin. Je voulais voir des gorgones rouges et j’en ai vu beaucoup et de très belles. Evidemment, il est encore tombé sur un animal étrange qu’il a photographié et que l’on n’a pas encore formellement identifié…

par Homo palmus publié dans : Espagne
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Vendredi 29 février 2008
Depuis le temps que François me parlait de ses plongées hivernales là-bas, il fallait bien que je me rende compte par moi-même. J’avais déjà fait une douzaine de plongées à L’Estartit il y a quelques années, côté côte et autour des rochers des Iles Medes, réserve naturelle.
1h30 de route et une sorte de « cacolac » réchauffé plus tard, nous sommes au club OceanSub, bien accueillis par Gemma et Josep. Vérification des papiers, signature d’une charte du plongeur responsable, équipement et nous voilà prêts, ou presque : une dernière vérification technique du matériel photo…


La proximité des îles juste en face du port est appréciable. Le court temps de trajet permet malgré tout de profiter du paysage aérien avant celui sous-marin.

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Peu de plongeurs aux îles ce dimanche. Le site choisi est Dofi Sud, là où se trouve une statue de dauphin à l’entrée d’une cavité. Nous sommes 4 clients mais finalement seulement 2 à suivre Josep : la promenade sous-marine est guidée. Oublions cette sorte de fierté et l’orgueil qu’on estime parfois avoir chèrement gagnés avec nos diplômes d’autonomes et avouons que dans certaines circonstances, c’est bien agréable de se laisser guider et de se concentrer sur la photo et le plaisir des yeux. De plus, dans ce cas, il est question de passer la plus grande partie de l’immersion dans divers tunnels et grottes…
Plouf ! Gemma, qui s’inquiète peut-être que je sois le seul en combi humide, m’a dit de me mettre à l’eau en dernier. L’eau est à 13-14°C, quand même ! Descente sur un fond d’une douzaine de mètres et effectivement, devant l’entrée d’une cavité, une petite statue de dauphin en partie recouverte d’algues ne semble pas intéresser les sars qui tournent autour.

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Les îles sont un véritable gruyère. Entrer dans les grottes immergées, c’est pénétrer un monde un peu différent de celui des plongées habituelles. A mi-chemin de la plongée spéléo, c’est malgré tout une plongée sous plafond : éclairage, attention au palmage, stabilisation… L’ambiance est particulière : les orifices dans les parois font des puits de lumière bleutée dans la pénombre.

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L’environnement change avec la hauteur. Sur le sol, des roches arrondies évoquent des éboulis anciens aux blocs érodés. Ils sont recouverts d’une fine couche de vase. Un congre timide se cache alors qu’une mostelle pour une fois reste en pleine eau.

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Les anthias sont ici dans des conditions de lumière et d’abri comparables à celles des épaves plus profondes du cap Béar où nous les voyons habituellement.

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François me fait signe avec sa lampe : en dessous de moi se promène une crevette bouquet.

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Dans les parois latérales, les trous et les failles sont aussi habités. Des mérous et un homard trop timides échapperont à nos appareils photos. Peut-être sommes nous trop inquiétants, mais comment pourrions nous faire pour les approcher sans lumière dans cette obscurité ? Plus haut, dans 2 anfractuosités, 2 grandes cigales, elles, prennent la pose sans crainte.

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La voûte est colonisée par la faune fixée que l’on observe dans les massifs de coralligène. Eponges et anémones partagent l’espace avec du corail rouge, abondant.

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Dans un recoin moins colonisé, à notre approche, une dromie remue à peine ses pinces aux bouts lisses et roses.

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Après une halte dans une cloche d’air exigue pour 3 plongeurs, nous repartons vers la sortie et cette ambiance bleutée.

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A chaque issue, sous les derniers surplombs, les poissons se réunissent, se croisent et se mélangent : gros loups, sars, sars tambours, corbs et mérous.

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Il est temps de gagner une roche peu profonde pour un palier. Bien sûr, François et moi, nous passons les quelques minutes à la recherche de la petite bête. Le temps d’immortaliser une planaire et François m’appelle : il est encore tombé sur un minuscule nudibranche au fond d’un petit creux dans la roche ! Serait-ce un Tripania maculata ?

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65 minutes au total, je commence à sentir le froid. Sur le bateau, Gemma me tend un ciré pour le retour. Mais la traversée est courte et peu de temps plus tard, j’ôte ma combi sous une douche chaude…
Merci à Gemma et Josep pour leur accueil, la qualité de leur service et leur attention. Et un grand merci à François pour cette très belle plongée. Il faudra qu’on y retourne !
par Homo palmus publié dans : Espagne
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