Météo venteuse et pluvieuse, regroupement des oiseaux migrateurs, apparition de trous dans l’entassement compact façon tas de boîtes de sardines des camping-caristes qui aiment la tranquillité loin des foules… Tous ces signes ne trompent pas : c’est la fin de la saison.
Un petit groupe de plongeurs motivés s’équipe devant le club sur le port désert à cette heure matinale.
Le matériel est chargé sur le bateau pour la dernière sortie du club cette saison, tout l’équipement des plongeurs expérimentés prêts à partir sur une épave.
Tout le matériel ? Oui, tout : ces plongeurs sont suréquipés…
Direction le Saumur. Après les coups de vent marin et les fortes pluies, l’eau est très chargée sur les 25 premiers mètres. On se devine plus qu’on se voit en descendant le long du bout. Heureusement, en dessous les conditions s’améliorent : il fait nuit noire.
Ainsi commence une plongée de nuit sur l’épave. Nous passons l’hélice de secours et gagnons la poupe. Elle est vrillée, couchée sur tribord. Dans le cône de lumière des lampes, nous découvrons morceau par morceau les vestiges de la dunette : échelle, machinerie du gouvernail, mitrailleuse couchée.
Nous passons par-dessus les restes du bastingage pour redescendre le long de la courbure de la poupe. A 45 m, 2 pales de l’hélice sortent du sable. Le safran, toujours sur son axe, est bien conservé. Nous remontons jusqu’au château et puisque nous avons encore un peu de marge, nous jetons un œil à l’intérieur de la cuisine plongée dans l’obscurité.
Premiers partis, premiers remontés. Deux des 3 autres palanquées font surface après nous, la troisième ayant dû avoir une envie de capelé…
Les petites caméras embarquées ont du succès. J’attends de voir les vidéos.
Finalement, plutôt que de rester sur la petite houle où l’une nourrit les poissons tandis qu’une autre prend une teinte verdâtre, il est décidé de rentrer au club pour fêter sur la terre ferme cette dernière sortie de la saison.
La plongée, ça creuse et ça déshydrate. Philippe a apporté des produits artisanaux de sa production (saucisse sèche, fouet, terrine, boudin) qui seront associés à 2 champagnes bien agréables. D’ailleurs, on note le grand intérêt de Mathilde pour la boisson servie par son père.
Des bons produits, ça ne peut pas faire de mal, non ? Ce moment de convivialité est l’occasion de commencer à parler des semaines à venir, des occupations durant la fausse trêve hivernale.
Car si certains vont migrer vers des sommets enneigés, d’autres ne pourront pas supporter d’avoir les écailles qui sèchent. Les idées ne manquent pas pour ne pas passer l’hiver loin de l’eau salée.

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