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épave

Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 10:08

 

 

Après plusieurs semaines d’une météo très perturbée qui a causé bien des dégâts dans la région, le calme est revenu. Nous sommes 6 volontaires pour aller vérifier que les épaves sont encore à leur place en cette fin d’automne. La mise en route est un peu laborieuse, mais nous glissons enfin sur une mer à peine agitée d’un petit clapot. Je passe sur les péripéties du jeu de cache-cache avec l’Astrée, pour en venir au Saumur. L’écho au sondeur est net, massif. Une fois la gueuse larguée, les rides autour de la bouée signalent un fort courant. L’eau est marron. La descente ne peut se faire qu’en se déhalant le long du bout solidement accroché quelque part au fond, sans quoi nous n’aurions aucune chance de trouver l’épave. Le peu de lumière de la surface s’estompe rapidement et nous plongeons dans l’obscurité, un noir épais. Nous arrivons directement sur un trident : les bases d'un mât et d’aérateurs. Il ne fait pas nuit, c’est une absence de lumière. Au bord de la cale, de petits anthias tournent autour d’un treuil de chargement.

 

saumur 291111 treuil

 

Comment savoir si nous sommes entre les cales avant ou arrière ? Simple, il suffit de regarder ce qui se trouve sur le pont. Dans le cône lumineux des lampes, nous tombons sur l’hélice de secours : nous sommes donc sur bâbord arrière.

 

saumur 291111 helice de secours

 

Nous partons vers la poupe. Très vite, le bastingage semble s’élever et se replier vers l’intérieur. Nous approchons de la zone où la seconde torpille a touché le navire. La dunette est couchée sur tribord. Nous passons à côté d’une plateforme qui servait de support à un canon. Celui-ci n’est plus fixé dessus et seul un cercle de rouille signale l’emplacement d’origine du support de canon.

 

saumur 291111 support mitrailleuse arriere

 

L’arme gît en contrebas, encore montée sur sa base, pointant vers la cale.

 

saumur 291111 mitrailleuse arriere

 

Nous passons par-dessus bord pour redescendre le long de la coque vers le safran. De la vase sortent 2 pales de l’hélice.

 

saumur 291111 helice

 

Vue de plus près, l’hélice est bien colonisée, notamment par un tas de mollusques solidement accrochés.

 

saumur 291111 pale d'helice

 

Nous remontons l’épave le long de la coque jusqu’au château. A la lueur des phares, les portes et les ouvertures causées par des panneaux manquants créent une ambiance particulière.

 

saumur 291111 entree chateau

 

Peut-être à cause de cette obscurité, le silence est plus présent. C’est la nuit. Nous circulons avec précautions pour ne rien bousculer, au risque de perturber le sommeil de l’épave…

 

saumur 291111 chateau

 

Enfin, nous terminons par une rapide visite de la salle de bain. Le lavabo et la baignoire n’ont toujours pas été nettoyés, et c’est tant mieux.

 

saumur 291111 lavabo

saumur 291111 baignoire

 

Nous regagnons le bout et la lente remontée commence. Nous quittons la nuit pour retrouver l’obscurité glauque, puis le marron plus lumineux. A 6 m, nous sommes en drapeau, accrochés à la bouée, coulée par le courant et nous. Les minutes s’égrènent lentement…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 17:34

 

Après des mois et des mois de recherches, j’ai enfin trouvé un exemplaire du tome « Mémoires » (épuisé) de la série d’albums Sommeil des Epaves (www.epaves.eu/librairie).

 

memoires

 

Je suis parfaitement d’accord avec ce qui est écrit en post-scriptum dans cet album car c’est une de mes principales motivations pour prendre des photos et les poster ensuite sur ce blog. Plutôt que de le paraphraser, je pense que Patrice ne m’en voudra pas trop d’en reproduire ici une partie du texte :

 

« […] J’ai pu constater une accélération de la destruction des épaves. […] Je vous recommande : prenez-les en photos, faites des croquis et des dessins. Comme ça nous aurons toujours une trace dans nos mémoires ! Pour nous et surtout pour les futures générations de plongeurs qui malheureusement n’auront peut-être pas la chance de voir ces beaux navires dans l’état où nous les connaissons ! »

 

Pour juger de la dégradation rapide du Saint Lucien, je vous renvoie aux photos de Patrice dans Le Sommeil des Epaves pour ceux qui l'ont (1998,  épuisé)

sommeil-des-epaves-98.jpg

 

Et dans le tome « Souvenirs » de la série d’albums Sommeil des Epaves (pas encore épuisé).

souvenirs

 

Bien plus modestement, la dégradation de certaines parties peut être constatée en comparant les photos des précédents articles de ces 4 dernières années sur le Saint Lucien :

 

2010

Alice au pays de Ramoucho

Tournée d’inspection 2010 : le Saint Lucien

2009

Session épaves. 3 : le Saint Lucien

2008

Un week-end sur le Saint Lucien

2007

Retour sur le Saint Lucien

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 11:11

 

 

Cela fait un an que je n’avais plus parlé du Saint Lucien, cette épave la plus proche du cap Béar et la moins profonde des 4 cargos coulés durant la seconde guerre mondiale. C’est aussi l’épave sur laquelle j’ai le moins plongé cette année. De plus, les conditions sont rarement idéales pour faire des photos, ou alors je n’ai pas de chance.

En ce matin de début octobre, la visi n’était pas si mauvaise que ça pour faire un tour de la proue à la poupe.

Difficile de se rendre compte des effets du temps sur toute la partie à l’avant du château. La proue n’existe plus depuis des années. C’est là que la torpille avait touché le navire. Le pont s’est effondré, entrainant un repliement vers l’intérieur des parois de la coque. Dans l’enchevêtrement des tôles, un tronçon de mât subsiste, allongé dans la longueur de l’épave.

En regagnant le château, quelques poutrelles fortement inclinées évoquent ce que devait être une coursive.

 

saint lucien 011011 reste coursive

 

Côté tribord, un bossoir couché jouxte la baignoire de plus en plus libérée de tout ce qui l’entourait.

 

saint lucien 011011 baignoire

 

La partie du château qui demeurait la plus élevée prend un air penché sur l’arrière. Elle ne tiendra probablement plus très longtemps.

 

saint lucien 011011 chateau

saint lucien 011011 chateau 1

 

En nous dirigeant vers la poupe, nous retrouvons Catherine (link) et François. Les conditions pour la vidéo ne sont pas idéales, mais j’aimerais bien voir ce qu’elle aura réussi à filmer.

 

saint lucien 011011 catherine et francois

 

Une palanquée nous précède. Les bulles remontent le long de la courbure de la poupe.

 

saint lucien 011011 dunette 1

 

La dunette souffre aussi d’un vieillissement accéléré. L'auvent de la descente, ouvert depuis seulement 2 ans, perd un morceau supplémentaire.

 

saint lucien 011011 dunette

 

La machinerie de mouvement du gouvernail, encore en partie protégée il y a 3 ans, est totalement exposée.

 

saint lucien 011011 dunette machinerie

saint lucien 011011 dunette machinerie 1

saint lucien 011011 dunette machinerie 2

saint lucien 011011 dunette machinerie 3

 

Le plancher de la dunette est fragile. Les pièces massives comme les taquets résistent mieux.

 

saint lucien 011011 dunette taquet

saint lucien 011011 dunette taquet 1

 

C’est en descendant le long de la poupe que j’observe l’évolution la plus visible de la détérioration. La poupe qui se déboutonnait il y a un an a perdu ses plaques de tôle. L’intérieur de la dunette où régnait l’obscurité est à présent parfaitement visible. La lumière passe aussi par les nombreuses ouvertures récentes dans le plancher.

 

saint lucien 011011 interieur dunette

saint lucien 011011 interieur dunette 1

 

La poupe est si ajourée qu’on pourrait penser que le navire avait une galerie de poupe.

 

saint lucien 011011 poupe ajouree

 

Plus bas, le safran et l’hélice sont toujours en place.

 

saint lucien 011011 poupe et safran

 

Le Saint Lucien a pris un sérieux coup de vieux en quelques années. La poupe, partie la mieux conservée, change radicalement d’aspect avec les jeux de lumière qui donnent un charme nouveau à l’épave.

 

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 18:31

 

L’épave de l’Alice Robert est éloignée de la côte. Posée sur un fond de sable et gravier sans relief, c’est un récif artificiel d’un peu plus d’une douzaine de mètres de haut, si on ne compte pas le mât. Les plongeurs qui visitent l’épave peuvent avoir de multiples motivations : formation, recherche d’un coup d’azote sous pression pour voir des sirènes (ou un magnum de champagne), intérêt pour l’histoire, plaisir de se retrouver dans des ambiances parfois glauques…

 

Lorsqu’ils descendent sur l’épave et que la visi est relativement bonne, que trouvent-ils ? Les structures d’acier corrodé et encroûté se dressent dans un silence seulement troublé par le bruit des bulles. Rien ne bouge, tout semble figé.

 

bananier 020811 arriere chateau

bananier 030811 tourelle tribord 1

 

Seulement quelques petits poissons croisent dans les parages, se tenant à bonne distance des visiteurs.

 

bananier 140811 tourelle babord 1

 

N’y aurait-il que si peu de vie sur cette épave ?

 

Le plongeur, comme le poisson, doit se méfier des pêcheurs. Ceux-ci, simples amateurs  ou professionnels, mouillent leurs lignes et leurs filets le plus près possible de ce récif artificiel, c’est-à-dire au-dessus. Bien sûr, régulièrement, les filets cassent et restent sur l’épave. Désormais inutiles, ces déchets si mal biodégradables demeurent des pièges pour les visiteurs comme pour les habitants. Heureusement, ces derniers ont sans doute appris à être prudents et à ne pas se laisser prendre.

 

bananier 030811 bossoirs

bananier 030811 bossoirs 1

 

Et que penser de cette habitante qui a fait son matelas de ces déchets ? J’imagine l’animal posant ainsi pour dire « continuez à répandre vos déchets mortels, on résiste ! »

 

bananier 070811 raie torpille

bananier 070811 raie torpille 1

 

Alors, si les poissons s’écartent des visiteurs et les filets, où sont-ils ? Les lieux de rendez-vous varient. Le mât en est un assez régulièrement. De bas en haut, les poissons tournent autour.

 

bananier 070811 mat 1

bananier 140811 mat 1

 

 Parfois à la proue ou sur les tourelles, les rassemblements donnent de la vie, du mouvement.

 

bananier 130811 proue

bananier 140811 canon tribord

 

Enfin, ils sont parfois si nombreux qu’ils gêneraient presque la visite en masquant l’épave. C’est à se demander si ce n’est pas volontaire…

 

bananier 030811 babord chateau 1

bananier 030811 babord chateau

 

Et quand ils restent au-dessus de la mer de brouillard, les habitants participent pleinement à l’ambiance si particulière de la visite de l’Alice Robert.

 

bananier 180911 canon arriere

 

Quel plaisir d’évoluer dans ces bancs de poissons ! Le navire endormi est entouré d’une vie bouillonnante.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 00:02

 

 

Considérons que la surface est le ciel.

Considérons que lorsque nous descendons nous nous rapprochons.

Considérons que moins on s’élève et plus il fait froid.

Considérons que l’eau est l’atmosphère de l’autre monde.

Considérons que les oiseaux sont des poissons.

Considérons que sous ces cieux lumineux s’étendent des reliefs et des océans.

Considérons que les courants sont les vents, que la météo est changeante.

 

Ce matin, nous approchons de l’Alice-Robert. La descente presque verticale ne donne pas le vertige, heureusement ! Mais ce n’est pas une épave de navire que nous trouvons. C’est un archipel d’îlots d’acier perdus sur un océan de brouillard.

 

bananier 170911 double canon 4

bananier 170911 double canon 1

 

La nappe étrangement lumineuse semble épaisse de loin, mais de plus près elle est vaporeuse bien que dense.

 

bananier 170911 canon arriere 1

bananier 170911 canon arriere 2

 

Nous n’atterrissons pas, nous poursuivons le vol d’îlot en îlot, du nord au sud, de l’arrière vers la proue.

 

bananier 170911 double canon

bananier 170911 canon de proue 1

 

Les chapelets de bulles de ceux qui se sont enfoncés dans la couche blanchâtre sont les seuls signes tangibles de leur présence à peine quelques mètres plus bas.

 

bananier 170911 canon de proue

 

De loin, le mât se dresse comme un phare éteint, repère émergeant visible des dizaines de mètres à la ronde.

 

bananier 170911 mat 4

bananier 170911 mat

 

Par moments, des masses sombres affleurent comme autant de récifs au ras de la surface.

 

bananier 170911 mat 1

bananier 170911 mat et tourelles 1

 

Considérons que nous avons changé de monde et que les règles de celui-ci sont étranges.

Considérons que les poissons ont raison de rester glisser au-dessus de ce brouillard.

Alors nous n’irons pas plonger sous ces eaux qui piègent la lumière et masquent la vue. Non, nous resterons là, planant à la surface des choses, profitant de ce pays imaginaire dont la survie est à la merci d’un souffle de courant.

Et dans tout ça, l’azote n’y est pour rien…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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