Après plusieurs semaines d’une météo très perturbée qui a causé bien des dégâts dans la région, le calme est revenu. Nous sommes 6 volontaires pour aller vérifier que les épaves sont encore à leur place en cette fin d’automne. La mise en route est un peu laborieuse, mais nous glissons enfin sur une mer à peine agitée d’un petit clapot. Je passe sur les péripéties du jeu de cache-cache avec l’Astrée, pour en venir au Saumur. L’écho au sondeur est net, massif. Une fois la gueuse larguée, les rides autour de la bouée signalent un fort courant. L’eau est marron. La descente ne peut se faire qu’en se déhalant le long du bout solidement accroché quelque part au fond, sans quoi nous n’aurions aucune chance de trouver l’épave. Le peu de lumière de la surface s’estompe rapidement et nous plongeons dans l’obscurité, un noir épais. Nous arrivons directement sur un trident : les bases d'un mât et d’aérateurs. Il ne fait pas nuit, c’est une absence de lumière. Au bord de la cale, de petits anthias tournent autour d’un treuil de chargement.
Comment savoir si nous sommes entre les cales avant ou arrière ? Simple, il suffit de regarder ce qui se trouve sur le pont. Dans le cône lumineux des lampes, nous tombons sur l’hélice de secours : nous sommes donc sur bâbord arrière.
Nous partons vers la poupe. Très vite, le bastingage semble s’élever et se replier vers l’intérieur. Nous approchons de la zone où la seconde torpille a touché le navire. La dunette est couchée sur tribord. Nous passons à côté d’une plateforme qui servait de support à un canon. Celui-ci n’est plus fixé dessus et seul un cercle de rouille signale l’emplacement d’origine du support de canon.
L’arme gît en contrebas, encore montée sur sa base, pointant vers la cale.
Nous passons par-dessus bord pour redescendre le long de la coque vers le safran. De la vase sortent 2 pales de l’hélice.
Vue de plus près, l’hélice est bien colonisée, notamment par un tas de mollusques solidement accrochés.
Nous remontons l’épave le long de la coque jusqu’au château. A la lueur des phares, les portes et les ouvertures causées par des panneaux manquants créent une ambiance particulière.
Peut-être à cause de cette obscurité, le silence est plus présent. C’est la nuit. Nous circulons avec précautions pour ne rien bousculer, au risque de perturber le sommeil de l’épave…
Enfin, nous terminons par une rapide visite de la salle de bain. Le lavabo et la baignoire n’ont toujours pas été nettoyés, et c’est tant mieux.
Nous regagnons le bout et la lente remontée commence. Nous quittons la nuit pour retrouver l’obscurité glauque, puis le marron plus lumineux. A 6 m, nous sommes en drapeau, accrochés à la bouée, coulée par le courant et nous. Les minutes s’égrènent lentement…

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