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plongée en Roussillon

Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 22:12

Epave : nom féminin (ancien français espave, égaré, du latin expavidus, épouvanté)

- Tout objet mobilier perdu et dont le propriétaire reste inconnu.

- Objet abandonné à la mer et flottant au gré des flots ; débris sur le rivage.

- Carcasse de navire échoué sur une côte.

- Automobile accidentée ou trop usagée pour pouvoir être réparée et qui est destinée à la casse.

 

Une après-midi, Ramoucho et moi avons fait une petite ballade tous les deux. Quand cela nous arrive, nous essayons d’aller voir un peu plus loin ou ailleurs que d’habitude. Nous avons donc survolé les patates de coralligène, puis nous avons dépassé une roche isolée et en partie encroûtée et nous avons vu ces restes :

 

 

Une roue au bout d’un reste d’essieu, des amortisseurs éparpillés... Au bout, une partie d’un moteur ?

 

 

Sur un côté, une autre roue et d’autres pièces de métal. L’ensemble est étalé sur peut-être 20 ou 30 m2

Une image dans la contribution de Sandrine et Guillaume (voir la Contribution de Sandrine et Guillaume ) l’an dernier montrait les restes d’un véhicule à 4 roues. La météo de l’hiver dernier a été rude sur la côte et les fonds ont été remués. Ces objets sont sur 20 m.

 


Comment cet engin est-il arrivé jusque-là ? La falaise est bien loin. Quand ? Tombé d’un bateau ? Un coup des commandos de Collioure pendant l’un de leurs exercices ?

Si je reprends les définitions du mot « épave », peut-on considérer que ces restes en constituent une ? Ou doivent-ils être considérés comme des déchets ?

 

 

P.S. Plus loin, de très longs tuyaux de ciment gisent, propres de tout encroûtement, et le coralligène se réduit à de très petits et très espacés reliefs sur un fond sableux en pente très douce.

Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 14:54
Avec le retour du printemps, et donc l’ouverture de la nouvelle saison, la longue trêve hivernale a pris fin. Longue trêve hivernale ? Pas tant que ça. Certains ont continué à se mouiller les écailles tout au long de la saison froide. Enfin, quand je dis « se mouiller les écailles », c’est une image bien sûr ! Ils plongent en étanche, donc les écailles restent sèches…
Il y a quelques semaines déjà que j’ai accompagné François pour ma probable dernière plongée catalane du bord de l’année. Ce matin-là, nous avons décidé de ne pas nous mettre à l’eau à la plage habituelle, mais de partir un peu plus loin d’une toute petite crique, histoire de changer et de découvrir un autre petit bout de côte.


L’eau est toujours aussi fraîche et claire. Le faciès rocheux se prête bien à la recherche des petits habitants fixés. Il y a toujours quelque chose de nouveau, de différent à observer. On peut multiplier les immersions, on trouvera toujours une curiosité, un animal qu’on n’a pas eu l’habitude de remarquer. Par exemple, François attire mon attention sur une petite masse d’un vert tendre

Je dois me coller le masque contre le rocher pour détailler de très près la chose et en déduire qu’il s’agit probablement d’une ascidie coloniale. Chaque petit orifice est entouré de minuscules points blancs. Ils sont tous calibrés et presque ordonnés. Rien à voir avec les pores inhalants et exhalants de l’éponge rouge collée derrière.
Bien sûr, le doute n’est plus permis pour ce caractéristique bouquet d’ascidies.


Plus loin, c’est moi qui m’arrête sur une petite boule grosse comme un abricot, mais hérissée de tubes comme un orgue. Un affamé y a goûté, permettant de découvrir l’intérieur de l’animal. Car cette chose est bien un animal, une éponge plus précisément, qui a dû être plus grosse que l’appétit de celui qui l’a croquée.


Dans la famille des chasseurs armés de crochets venimeux, à l’inverse des anémones vertes, Cereus pedunculatus choisit toujours des recoins impossibles pour s’accrocher.


Les dents de cochon, elles, exposent leur édifice calcaire très compact et dur, par-dessus lequel les minuscules tentacules attendent la livraison à domicile d’un repas…


Dans la même très grande famille, plus élancée mais pêchant également ce qui passe à portée de tentacule, la gorgone orange est fixée au rocher et orientée selon le sens favorable du courant local pour optimiser ses chances d’attraper sa nourriture.


On pourrait négliger un autre prédateur redoutable, tant il est naturel de l’observer : l’étoile de mer. Pourtant, je m’émerveille encore devant la complexité de la structure des bras de la Marthasterias glacialis. Celle-ci n’était pas très agitée, ce qui m’a permis de la prendre en gros plan. Je ne plaisante pas, cette étoile de mer, bien que beaucoup moins véloce que ses parentes les ophiures, se déplace à vue d’œil.


Les grands spirographes comptent parmi les habitués sensibles que l’on approche délicatement. Il faut être discret et précautionneux pour observer de très près les fines lamelles filtrantes de leur panache spiralé.


Pas de crainte de voir cet autre vers se dérober brusquement à la vue du plongeur agité. La grande planaire blanche rayée va son chemin comme si nous n’étions pas là.


Il est encore un peu tôt. Calé dans une anfractuosité, ce crénilabre semble faire durer sa grasse matinée


Alors que cette petite galathée brune est bien éveillée et attentive à nos mouvements, mais sans pour autant manifester de stress, malgré les éclats de nos flashs


Le poulpe, lui n’aura pas la même sérénité. Peut-être a t-il passé une nuit blanche à chasser ? A sa place, je n’apprécierais pas non plus qu’on vienne me mettre sous les feux de la rampe de si bon matin…



Voilà, encore plus d’une heure de promenade aquatique pour les 2 paparazzi fouineurs que nous sommes, indifférents aux 11°C de l’eau dans laquelle nous avons baigné sans trop nous mouiller. Seuls les doigts sont naturellement un peu gourds. Une fois de plus, tout cela n’a été que du plaisir…
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 02:00
Dimanche matin. Le Canigou enneigé se découpe sur le ciel bleu.


Avec Ramoucho, nous avons rendez-vous aux « Roches Bleues », entre Collioure et Port Vendres. François nous y attend en compagnie des volontaires de son club de Perpignan. Nous nous équipons sur le parking de la résidence, puis nous descendons sur la plage. Durant l’hiver, la mer a rejeté sur le sable quantité d’objets, dont un tronc d’arbre. Malheureusement, je constate qu’ici aussi, les déchets en plastique sont nombreux. Partout où j’ai eu la chance d’aller au bord d’une mer ou d’un océan, même au milieu du Pacifique, j’ai toujours retrouvé dans la laisse de mer ces bouteilles, ces sacs, ces morceaux de tout et n’importe quoi jetés dans un environnement auquel ils n’appartiennent pas.


Après un peu de palmage en surface, nous nous immergeons. La visi est extrêmement réduite, pour ne pas dire que c’est la touille complète… Cap au large, nous allons chercher le coralligène sur 20 m. Déjà à 2, dont un paparazzi, il n’est pas évident de ne pas se perdre, mais alors à 2x2, dont 2 paparazzi, c’est carrément une épreuve. Pourtant, par un mystère inexpliqué, jusqu’à la fin nous arriverons à rester groupés.
Les massifs de coralligène apparaissent comme des masses sombres lorsque nous avons presque le nez dessus. Si peu de luminosité, cette eau si turbide, on se croirait en plongée sur épave. Dans cette atmosphère crépusculaire, les cérianthes (Cerianthus membranaceus) doivent penser que c’est la nuit.


Mais les lumières de nos phares n’attirent pas de petits poissons imprudents dans les tentacules. Il est trop tôt dans la saison, les poissons sont encore en vacances loin d’ici.
Dans la grande famille des cnidaires, dont j’ai présenté quelques membres précédemment, il manquait les alcyons. Sur le coralligène que nous visitons, ils sont assez nombreux, bien que de modestes dimensions. La lumière artificielle révèle leurs couleurs, comme celles des anémones encroûtantes jaunes (Parazoanthus axinellae), leurs proches parents.


Les alcyons (Alcyonium palmatum et Alcyonium acaule) n’ont pas de squelette dur comme les gorgones ou les coraux. Ils sont dressés grâce à une pression hydrostatique maintenue par certains polypes de la colonie.


Un congre et un petit poulpe, trop bien enfouis au fond du gruyère naturel que représente le coralligène, sont impossibles à immortaliser. A l’extérieur, des gorgones orange (Lophogorgia ceratophyta) servent de support au développement d’autres animaux comme ces ascidies (Diazona violacea).


Et puis il a bien fallu rentrer. A peine 61 minutes d’immersion, parce qu’on a un peu fait durer le plaisir dans quelques mètres d’eau. Nous avons ensuite regagné le port où nous avons pu rincer le matériel et le laisser s’égoutter, tandis que nous soignions à nouveau le régime de Ramoucho (coca-pizza pour lui, Banyuls-pizza pour moi). Ce jour-là régnait sur le port comme un air de printemps…



Retrouvez les images de ces derniers articles et d’autres dans l’album photo « faune sous-marine ».
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 01:51
Non, la dose du week-end précédent n’a pas suffi. La météo prévoit encore de la tram assez forte. Pas de quoi freiner les ardeurs des vrais plongeurs, ceux que le non-plongeur peut légitimement classer dans la catégorie des givrés (avant même de s’être trempé dans l’eau fraîche). Ce samedi matin, je retrouve Mathieu, Fabrice et Ramoucho sur le port. Ramoucho a récupéré son matériel qui a passé l’hiver dans l’atmosphère un peu poisseuse et aromatique (mélange d’iode, de sel marin et de tout un tas de minuscules choses en lente décomposition) du club. Ce n’est pas grave s’il sent le vieux poulpe, il n’a pas encore pris son bain annuel.
Après un petit détour aux pieds de diverses fortifications locales, nous prenons la route de Banyuls. Mais la houle tape trop derrière l’île Grosse et nous décidons un repli à Paulilles.
Nous nous équipons dans la joie et la bonne humeur. L’hiver a eu des conséquences inattendues sur les organismes des plongeurs. Depuis la naissance de Lorena, Mathieu se sent léger, si léger, que même avec sa ceinture de plombs, il a du mal à garder les pieds sur terre.


Conséquences hivernales différentes chez Ramoucho : Fabrice a bien du mal à fermer la combi. Qu’est devenu le corps athlétique du super héros ? L’été approche, les admiratrices vont revenir. Il va falloir prendre des mesures…


La tranquillité de la plage n’est perturbée que par les vaguelettes. Ici, tout est calme. De nous quatre, Fabrice est le seul à ne pas plonger en étanche. Mais c’est un guerrier dans l’âme qui endurcit son organisme en vue de prochaines évaluations.


L’eau n’a pas pris un degré depuis la semaine précédente : 10°C. Nous nous éloignons en surface de la plage, jusqu’à trouver quelques mètres de fond pour nous immerger. La visi est correcte. Mais après quelques instants, nous survolons un véritable dépotoir ! Déchets plastiques, pneus, bouteilles, canettes sont regroupés au milieu de débris végétaux sur un périmètre  de quelques dizaines de m2. Effet des courants ? Cette accumulation très localisée provoque le dégoût et je peste intérieurement contre ceux de mes congénères qui méprisent le monde qui les entoure. J’attrape un sac plastique entre 2 eaux. Il faudrait une benne…


Je retrouve les habitants du site. Une fausse nacre (Pinna rudis) fermée est plantée dans le substrat.


Des planaires (Prostheceraeus giesbrechtii) tachent de mauve les rochers. Petit jeu : trouvez de quel côté est la tête !


Les ascidies naines (Clavelina nana) tapissent la roche. Quelques-unes incolores se sont glissées au milieu. Ces animaux, au développement très intéressant, sont étonnants.


Beaucoup plus grand, un beau spirographe (Sabella spallanzanii) déploie son panache à l’extrémité de son tube, indifférent au serran (Serranus cabrilla) qui lui tourne autour.


Dans une petite faille, un céphalopode a laissé sa ponte.


Dans une autre faille, une protule (Protula tubularia) a construit son tube calcaire au bout duquel elle déploie, comme le spirographe, son panache.


Sur un joli pan de roche vertical de plusieurs mètres de haut, toute une faune fixée s’est installée. Entre les éponges, les serpules, les hydraires et autres, les anémones encroûtantes jaunes (Parazoanthus axinellae) apportent une touche de couleur vive.


Sur le chemin du retour, je m’arrête sur des taches circulaires de quelques centimètres de diamètre, couleur caramel. Ce sont des bryozoaires encroûtants (Schizobrachiella sanguinea). Ces « animaux-mousses » sont de proches parents de la dentelle de Neptune, du faux corail ou encore de la rose de mer. Ils forment des colonies d’individus minuscules contenus dans des logettes, un peu comme les polypes des coraux, mais la similitude s’arrête là.


Enfin, une fois de plus, je surprends une tylodine jaune (Tylodina perversa) en plein repas.



66 minutes après l’immersion, nous faisons surface au bord de la plage, sans sensation de froid, mais tout de même les doigts gourds. Direction la douche pour rincer l’équipement, puis retour au port où Ramoucho me suggère que pour son régime d’athlète, une bonne pizza bien garnie serait la bienvenue…
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /2009 01:24
Après le repas, le vent souffle toujours fort. Nous passons à la capitainerie pour consulter la météo. Il est annoncé force 10-11 pour le lendemain. Nous récupérons les blocs gonflés et nous partons encore plus au sud que le matin : direction Banyuls. Nous nous arrêtons juste avant la plage des Elmes.


A part les mouettes, la plage est déserte.


Ça ne se voit pas sur les images, mais au loin la mer est blanche et les embruns soulevés sont assez denses pour créer un arc-en-ciel au-dessus des vagues. La plongée se fera à l’abri du vent, le long des roches.


Nous constatons rapidement que la visi est beaucoup plus mauvaise que le matin. Même à l’abri, nous ressentons au fond les mouvements de la houle.


Nous scrutons les rochers à la recherche de la petite bête, comme d’habitude. De toute façon, même s’il en passait une très grosse à quelques mètres, nous ne la verrions pas. Pour la voir, il faudrait qu’elle soit très grosse et trop près, ce qui serait gênant : impossible à prendre en photo !
Ici aussi, il y a des élysies (Elysia timida) à petits points.


Ici également, les ophiures noires (Ophiocomina nigra) prolifèrent.


Une femelle tripterygion (Tripterygion delaisi) prend la pose pour François. Elle a l’amabilité de rester pour moi aussi.


Une holothurie à pointes blanches (Holothuria polii) est posée à côté d’un de ses proches parents échinodermes plus piquant.


Des histoires de membres d’une même grande famille qui piquent, c’est ce que l’on trouve chez les cnidaires. Il y le cérianthe (Cerianthus membranaceus) qui fabrique un tube muqueux planté dans le substrat.


Plus petite (environ 2 cm), mais construite en dur, la dent de cochon (Balanophyllia europaea) est un madrépore solitaire


Plus élancée, la gorgone orange (Lophogorgia ceratophyta) se reconnaît à sa finesse et à ses ramifications droites.


Et bien sûr, il y a l’anémone verte (Anemonia sulcata), très urticante, sauf pour quelques habitués comme le petit crabe des anémones (Inachus phalangium) qui se cache ici à l’ombre des tentacules.


Tous ces cnidaires sont armés pour harponner ce qui vient se frotter.
Dans ce monde impitoyable, d’autres prédateurs rodent. J’ai déjà présenté la tritonia rayée (Tritonia striata) (voir Nudibranches (9) ), minuscule nudibranche qui se nourrirait de polypes de cnidaires.


Plus grosse et mal cachée sous sa coquille en forme de bouclier encroûté, cette tylodine jaune (Tylodina perversa) est prise en flagrant délit de grignotage d’éponge jaune (Verongia aerophoba) (voir Nudibranches ? (4) ).



L’eau ne s’est pas réchauffée depuis le matin et il commence à se faire tard. Après 67 minutes, nous émergeons sur la plage toujours déserte. Au loin, la mer est peut-être encore plus blanche.
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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