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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 03:30

 

 

Avant la plongée, alors que le bateau glisse sur l’eau d’un bleu profond, chacun peut déjà penser à ce qu’il va trouver, à ce qu’il va retrouver. Puis c’est l’immersion du corps et de l’esprit : tandis que le premier fait semblant de subir sans peine la pression multipliée par 5, le second s’évade insidieusement. Lors de la remontée, c’est le retour à une certaine réalité. Les images se forment, visions devenant des souvenirs, bribes d’un passé ressenti qui n’a jamais réellement existé ailleurs que dans son propre univers personnel.

 

Et le temps passe…

 

Il n’y a plus de froid. Il n’y a plus de pénombre. Immergé dans ses pensées, le plongeur plane parmi les poissons qui volent et tournent autour du mât.

 

Bananier mat 200212

 

De loin, il regarde d’autres plongeurs curieux descendre vers l’épave…

 

Bananier double canon 200212

 

S’affairer au-dessus d’une tourelle…

 

Bananier canon tribord 200212

 

Ou glissant à côté d’un canon.

 

Bananier double canon 1 200212

 

Ce navire est une épave, ses bossoirs sont couverts de toiles d’araignée dans lesquelles parfois s’égarent des crustacés étourdis.

 

Bananier bossoirs 200212

 

L’eau salée chargée de particules et d’aliens translucides s’est évaporée. Le plongeur voit sa binomette suspendue dans le vide, longeant la paroi verticale du monstre d’acier rongé endormi.

 

Bananier flanc babord 200212

 

L’épave a sombré dans le silence, traversant le temps de son voyage immobile. Pas un mousse pour laver son pont, graisser les treuils ou lover les cordages. Privé de son équipage, mais pas de son orgueil, le fier navire est à l’abandon. Dans ce dernier combat perdu d’avance, le canon de proue reste pointé vers le large, figé.

 

Bananier canon de proue 200212

Bananier proue 200212

 

Violence d’un bruit. Il fait chaud. L’esprit embrumé retrouve maladroitement son corps. Les yeux s’accoutument à la lumière. Derrière les vitres de la fenêtre, le ciel gris annonce au mieux la pluie, plus sûrement un crachin sans fin. A quand le prochain retour à la source des rêves ?

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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