Le site de la Moulade a plusieurs caractéristiques qui le rendent intéressant. C’est un site multi-niveaux où tout le monde peut se faire plaisir, en explo ou en formation, du baptême aux autonomes. Les différents reliefs et faciès hébergent une riche biodiversité, du mérou au plus minuscule nudibranche. J’aime passer presque à chaque visite dans la « faille des corbs », nommée ainsi en raison de la présence permanente de ces poissons. Cette anfractuosité, de moins d’une dizaine de mètres de long, d’environ 5 à 6 m de haut et peut-être de 2 m de large à son entrée, abrite une intéressante diversité d’éponges.
J’ai déjà donné très brièvement quelques informations sur ces animaux dans l’article montrant des exemples de leur squelette interne (voir A quoi ressemblent les os des éponges ? ). Je vais cette fois simplement présenter la diversité des éponges fixées sur une paroi de la faille.
Les éponges à squelette calcaire représentent à peu près 10% des éponges connues. Sur la paroi, je n’en ai vu que 2 espèces proches : clathrine jaune et clathrine blanche (?).
80% des éponges sont des Demosponges. Elles sont également très majoritaires sur cette paroi. La plus visible est la grande axinelle Axinella polypoides.
Une autre axinelle, bien plus petite, est présente : Axinella damicornis
La Petrosia ficiformis permet au plongeur de savoir où chercher les doris dalmatiens toujours présents dans la faille.
D’aspect un peu comparable, mais de couleur grise : Chondrosia reniformis
De couleur grise aussi, mais plus en boule avec un aspect « chair de poule » : Sarcotragus spinosulus
Certaines éponges privilégient le développement en surface plutôt qu’en volume, comme Cliona viridis
Hemimycale columella
Reniera fulva
Pleraplysilla spinifera
ou Spirastrella cunctatrix
D’autres forment des lobes très colorés, ce qui les rend faciles à trouver au milieu de tout ce qui recouvre le substrat : Oscarella lobularis
L’identification n’est pas toujours facile à faire. J’avais déjà cité le cas de la confusion possible entre Spirastrella cunctatrix et Crambe crambe (voir A quoi ressemblent les os des éponges ? )
Se fonder sur les formes et les couleurs ne met pas à l’abri de doutes lors de la recherche dans la documentation. Par exemple, est-ce bien un exemplaire d’Aplysina ?
Et celui-ci, est-ce Disidea avara ?
Et inévitablement, il y a des individus que je n’ai pas su identifier. Je suis donc preneur d’informations sur les deux exemplaires suivant :
Bien entendu, toute information permettant de corriger ce que je viens de raconter est la bienvenue.
Sur cette paroi, c’est plus d’une douzaine d’espèces d’éponges qui sont observables. Et j’en ai sûrement oublié ! Il faudrait passer plus de temps et examiner minutieusement, ce qui est rarement compatible avec l’envie des plongeurs en explo qui veulent voir du paysage...
Cette faille abrite aussi des bryozoaires (faux corail, dentelle de Neptune), des mollusques (divers nudibranches), des vers (serpules), des cnidaires (alcyons, gorgones), des crustacés (crevettes bouquet et cavernicole, petite langouste, homard l’an dernier), des échinodermes (ophiures, oursins, étoiles de mer) et bien sûr des poissons (corbs, gobies à lèvres rouges, rascasses, chapon, congre, murène parfois). Peu profonde, facile d’accès, abritée, c’est l’endroit idéal pour sensibiliser les débutants à la biodiversité et vérifier leur maîtrise de la stabilisation…
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