Images Aléatoires

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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 21:48

 

 

Après la constatation de l’écroulement partiel du château (voir Jour sombre ) et la découverte de la toile représentant l’Alice Robert en 1941 (voir Les couleurs du passé ), j’avais joué au jeu des 7 erreurs entre les rares documents d’époque (voir Les couleurs du passé (suite) ). Les images témoignent et, concernant les épaves, elles racontent une histoire qui s’efface avec l’évolution de l’état, avec le temps qui passe. L’archéologie contemporaine est récente, sans doute méconnue et peut-être même mal considérée. La perte d’informations qui nous sont contemporaines est sournoise car permanente et parfois insensible. Et l’évolution peut aller très vite, voire s’accélérer. Alors, pour illustrer ce fait, voici sans prétention un petit rappel en images concernant les dernières années d’une partie précise de notre cher Bananier.

 

Les quelques photos prises 10 ans après le naufrage montrent quelques vues d’une épave en très bon état de conservation avec sa cheminée encore en place. Lorsque je découvre en images l’Alice Robert, il y a une douzaine d’années dans le livre Le Sommeil des Epaves (voir Pour ceux qui aiment les épaves ), l’épave est déjà bien encroûtée et couverte de lambeaux de filets et de filins. La face avant du château, bien qu’abîmée, garde une partie du parement métallique de la passerelle. Deux ans plus tard, au tournant du siècle, ce parement est tombé sur le pont avant et la cloison commence à se trouer autour des hublots (Le Sommeil des Epaves - Souvenirs, Patrice Strazzera).

Six ans plus tard, en 2006, je tente de prendre mes premières photos du Bananier. La tôle a tant été rongée qu’il ne reste presque plus que les montants de la façade côté bâbord.

2006-alice robert

 

2007. Rien ne semble avoir changé, si ce n’est que ce côté est plus atteint que l’autre. Pourquoi ? L’angle avant bâbord se transforme en une structure très ajourée, mais qui semble se tenir. Trompeuse apparence…

160607passerelle exterieur

160607passerelle

bananier180807 6

 

2008. L’impression se confirme : le château est tellement ajouré que l’on pourrait penser qu’il était complètement vitré là où il était seulement percé de 6 hublots et 2 portes sur toute la largeur. La structure ne montre pas de déformation.

bananier 061008 passerelle

bananier-passerelle 2-0608

bananier-passerelle 1-0608

bananier 061008 ar passere

 

2009. Moins de plongées, pas trop de chance côté visi, moins de photos… La structure a changé : une légère distorsion vers l’extérieur indique qu’elle risque de s’affaisser de ce côté.

bananier 30809 cote babord-

 

2010. La déformation s’est accentuée. La structure ne tiendra plus très longtemps.

bananier 190910 angle chateau babord

 

Un mois après cette photo, le château s’aplatissait. Le côté tribord, toujours moins dégradé, était peu affecté selon ce que je pouvais voir dans l’obscurité d’une dernière plongée automnale. 

 

J’aimerais pouvoir faire le même suivi sur le château du Saumur et l’avant du château de l’Astrée, mais je manque d’images. Alors, s’il y a des plongeurs souhaitant m’y aider, ça serait avec plaisir !

 

Ces épaves sont nos terrains de jeu, nos lieux de promenade habituels. Tout comme nous, elles vieillissent. Mais à les visiter très souvent, nous ne percevons pas toujours la succession des petits changements, jusqu’à ce que se produise un événement majeur.

Ce n’est pas vouloir refuser le présent que de se souvenir. Il y a aussi ceux qui n’ont pas connu l’avant et qui peuvent avoir envie de savoir.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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