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La Gabinière : "îlot rond" dit Bon Omu ("Bon Homme"), au sol raboteux. Livre de la Mer, Piri Reis, 1521 (d’après : http://operabaroque.fr/Iles-d’Hyeres.htm)
De retour du Grec, nous avons fait relâche à Port Cros. Le minuscule port niché dans une petite anse sous les remparts de l’ancien fort du moulin était surtout occupé par des bateaux de clubs de plongée.
Après le repas au menu unique pris dans l’unique restaurant-station de gonflage ouvert et plein à craquer de dizaines de plongeurs, nous avons eu un peu de temps pour digérer avant de repartir.
Le site de l’après-midi est tout proche : l’îlot de la Gabinière. Ce rocher est l’un des sites les plus connus de Méditerranée. Situé dans le parc national de Port Cros, classé réserve naturelle, il est notamment célèbre pour ses mérous. Nous l’avons abordé côté est avec comme cheminement le contournement vers le nord et la calanque sombre pour gagner le point de rendez-vous.
Le relief est pentu. La visibilité n’est pas exceptionnelle si j’en crois ce que j’ai pu lire et voir sur ce spot avant cette première découverte. Et il faut composer avec le courant. Cette plongée peut rappeler celles que l’on fait dans la réserve de Banyuls : il faut plutôt palmer les yeux dans le bleu que collés à la roche d’aspect général relativement pelé. La promenade commence avec un banc de barracudas évoluant lentement à faible profondeur.
En marge, un original me permet de presque reproduire une photo faite il y a quelques années dans un océan lointain lors d’une situation un peu comparable.
Nous croiserons un autre banc plus loin, entre les mérous. Ceux-ci occupent l’espace : sur le fond et dans des anfractuosités, en pleine eau ou rasant l’herbier.
Plus distants, mais bien présents, les dentis incrémentent le nombre considérable de prédateurs dans le secteur. Il ne doit pas être facile d’habiter à cette adresse quand on est petit poisson…
Difficile pour une première visite de se concentrer également sur la vie fixée. Comme souvent dans la région, il faut descendre dans la zone des 25 m pour commencer à trouver une assez belle concentration de gorgones rouges.
Pour le reste, plus petit, plus discret, il faudra revenir…
Il n’y a pas à faire la fine bouche, les prédateurs sont bien là et en nombre. Une de mes premières impressions a été de penser quelque chose comme « poussez-vous les barracudas, on ne voit pas les dentis cachés par les mérous ! ». Néanmoins, cette ballade ne m’a pas paru exceptionnellement extraordinaire. Certes, il y a beaucoup plus en quantité que dans la réserve de Banyuls, mais doit-on mesurer la qualité d’un site à la masse de poisson présente ? Peut-être avais-je lu trop de récits et vu trop de photos de ce site ? Je crois aussi que le changement d’ambiance après l’atmosphère très prenante des épaves précédentes a joué un rôle. A méditer.
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