Partager l'article ! Escapade varoise. Episode 1 : l’Espingole: ...
ESPINGOLE. n. f. Gros fusil, court, dont le canon était évasé et que l'on chargeait avec des chevrotines. Voir TROMBLON. (Dictionnaire de L'Académie Française, 8e édition)
La veille au soir, le vent soufflait fort et la mer était, paraît-il, démontée. Je ne sais pas car je suis arrivé tardivement à table. Sandrine et Daphnée dînent légèrement d’une soupe de poissons tandis que Sylvain me raconte comment Pierre-Franck, après un plat de calamars pas frais, leur a fait un remake de la séquence des Visiteurs dans la voiture, mais en couleur : durant toute la journée avec de nombreux arrêts techniques impératifs... Puis la pluie a commencé à tomber et dans la petite chambre du mobil-home, j’ai chassé le moustique. Quelques heures plus tard, nous voilà sur le port de Bormes-les-Mimosas. La météo est meilleure que la veille. Nous allons pouvoir en juger durant les 45 minutes de trajet pour gagner la baie de Cavalaire, espérant un coin plus abrité. Régulièrement, le bruit du bateau laisse penser que l’hélice ne tourne plus dans l’eau… Et tout ça pour voir quoi ? L’objectif de ce matin est l’Espingole. L’Ess-pingue-ôleu.
Avec un nom pareil, on s’attend à une barcasse de pêchou au petit moteur pétaradant, une ligne fixée au bastingage retenant dans l’eau fraîche une bouteille de rosé de Provence. Pas du tout ! L’Espingole était un contre-torpilleur ! Honnêtement, un nom comme ça pour un bâtiment de guerre à la pointe de la technologie de l’époque, ça devait faire rire l’ennemi !
Avec ses 56 m de long et seulement 6 m de large, ce bateau effilé avait 2 machines de 2 600 ch, énorme puissance pour l'époque paraît-il. L'armement, qui consistait en 1 canon de 65 mm, 6 de 47 mm et 2 torpilles modèle 1887 de 6,68 m de long, a été retiré dès le naufrage en 1903. Que reste t-il de ce navire ?
Etalés à 39 m sur un fond plat de sable, les vestiges de l’Espingole sont bien mal en point. La proue ressemble à une sorte de longue cage aux barreaux manquants.
Dans le prolongement suit ce qui reste d’une partie de la machinerie et peut-être d’une partie habitable.
Les plus grosses pièces sont les 2 chaudières.
Sur le côté, des blocs de charbon parsèment le fond.
La poupe est encore formée de quelques tronçons de membrures.
Ce qui devait être une partie de la barre est le seul objet toujours dressé.
Sur bâbord, une des deux hélices émerge du sable.
C’était une première immersion pour se mettre en appétit. Je rejoins mes collègues de palanquée pour les paliers. Tandis que l’une a été désignée volontaire d’office pour sortir le parachute, l’autre contemple les méduses qui nous croisent. Autant s’y habituer, ça sera comme ça durant de longues minutes 2 fois par jour !
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