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En avril, ne te découvre pas d’un fil. Depuis quelques jours, la météo est estivale, étonnamment estivale, anormalement estivale. Les odeurs ont changé, les plantes sont couvertes d’un vert encore tendre, les araignées et les insectes ont à nouveau colonisé mon balcon et, dans l’affreux supermarché du coin, le rayon raclette s’est subitement transformé en étal de spécialités d’outremer (avec musique d’ambiance tonitruante). C’est de saison, c’est la saison, celle où il faut traverser l’Atlantique vers des îles sous le soleil où la mer est bleue, les palmiers verts et les produits 30% plus chers qu’en métropole. Il y a ces îles où des touristes vont rôtir sur des plages de carte postale et boire des cocktails à base de rhum supposé local. Il y a ces autres îles où le touriste ne va pas, ou du moins pas sans une bonne raison comme une envie d’absence de choses telle la foule, entre autres. Il n’est pas question de chercher Robinson, non. Car on est quand même content de trouver un hébergement tranquille, un club de plongée sympa et des petits restos où la cuisine est plutôt artisanale (et où les coqs ne passent pas assez à la casserole). Ça ne sera pas pour cette année, mais ça n’empêche pas d’y penser. Alors, quand j’entre dans le labo et que je constate que mes bactéries se moquent complètement du ciel bleu et des températures inhabituelles, qu’elles continuent à se reproduire imperturbablement quelle que soit la saison, la météo, les magouilles de nos incompétents politiciens (oups, pléonasme), je me dis qu’elles, au moins, ne se plaindront pas du retour à la normale prévu demain avec la pluie, une température divisée par 2, du lait radioactif et du pétrole encore plus cher.
Il y aurait sûrement des choses à apprendre de la philosophie bactérienne… Pendant ce temps, je regarde ma combi étanche et je me dis qu’il peut bien pleuvoir et faire froid, en attendant l’été, je vais bientôt plonger…
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