Partager l'article ! Alice au pays de Ramoucho: Il était une fois. Les contes commencent souvent comme ça. Et puis il y a une belle princesse, un c ...
Il était une fois. Les contes commencent souvent comme ça. Et puis il y a une belle princesse, un charmant et courageux héros, un château magnifique où tout brille et scintille sous un ciel azur et, bien sûr, un affreux méchant quelconque dont le héros se débarrasse vite fait en cours d’histoire pour retrouver au plus vite sa princesse car il ne veut pas rater la finale du tournoi et que pour en profiter pleinement, elle doit, comme à chaque retour, lui apporter ses pantoufles avec un verre de banyuls et quelques olives.
C’est là que tout déraille…
L’atmosphère est glauque dans ce brouillard qui enveloppe le château ruiné dont les murs sont écroulés.
Nulle ambiance festive dans le silence où nagent les seuls habitants à livrée colorée.
Ironie de la situation : une baignoire, pleine de vase, entourée d’eau.
Onagre ? Baliste ? Trébuchet ? Une forme indistincte se dessine loin devant.
Est-ce le reste d’une partie du mécanisme d’orientation du gouvernail ?
Depuis le safran, l’édifice n’est qu’une masse sombre dans cet univers gris-vert.
La paroi, fragile, perd ses rivets et bientôt se déboutonnera.
C’est dans ce lieu sans ciel bleu, sans scintillement, sans soleil, sans chaleur que Ramoucho a emmené sa belle !
Mais qu’allait-elle donc faire dans cette galère ? Pardon, cette épave de cargo. C’était sa première. Côté romantisme, il y a mieux que le Saint Lucien pour une promenade en amoureux. Allez savoir pourquoi, par quel mystère, elle a suffisamment aimé ça pour recommencer le lendemain.
Comme quoi, il ne faut pas prendre les contes au premier degré : marbres et dorures, palais des mille et une nuits, robes et bijoux ne sont que des images représentant l’aveuglement dans lequel se trouvent les âmes éperdues (narcosées), dans un autre monde (le pays des bisounours), toutes à leurs rêves et donc incapables de voir la réalité…
Mais comme le carrosse se changeant en citrouille, une fois à la surface, tel qu’en la fable, adieu banyuls, pantoufles et olives… Pauvre Ramoucho !
Euh… En principe… Les contes se terminent par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petits plongeurs »…
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