Le site le plus connu de Dahab est probablement le Blue Hole, ce trou dans le récif de corail. On vient de loin pour le découvrir, y descendre et pas forcément en remonter…
Au bout de la route goudronnée, les 4x4 empruntent une piste caillouteuse serpentant entre les premiers reliefs escarpés du désert et la mer. De temps en temps, un petit groupe de dromadaires
nous croise.
Il est possible de faire tout le chemin sur le dos de ces animaux que je trouve photogéniques mais, bien que ma conscience écologique soit mise à mal par ces 4x4 puants et polluants, mon
fondement, lui, prend l’ascendant…
4x4 et pick-ups, quelques baraques qui semblent un peu branlantes, des souvenirs et quelques restaurants, voici le lieu de plongée si connu.
Du bord de l’eau, la différence de couleur dans le récif explique parfaitement le nom du site : un vrai trou profond d’un bleu profond…
Edith explique le trajet de la plongée. Nous allons nous immerger plus loin, longer le tombant extérieur puis entrer dans le trou bleu et suivre la paroi interne jusqu’à la sortie aménagée.
L’intérêt du trou bleu semble être à l’extérieur du trou…
Complètement équipés, nous partons, bloc sur le dos, vers le point d’immersion, juste de l’autre coté de la petite pointe rocheuse, après le panneau « toilet », après les plaques
commémoratives…
Certains visiteurs ont entamé là leur dernière immersion… Diving is fun ? Nous sommes dans cet état d’esprit, nous sommes là pour prendre du plaisir. Passer devant cette suite de plaques aurait
presque tendance à rafraîchir l’atmosphère : il règne un microclimat à l’ombre de ce rocher…
La mise à l’eau se fait dans un petit canyon très étroit qui descend soudain abruptement pour finir à 28 m.
A partir de là, on peut soit descendre encore un peu… Ou un peu plus… Soit commencer à longer le tombant vertical. Les deux chemins ont été suivis au cours des deux plongées sur ce site. Une
jeune plongeuse à l’esprit enthousiaste mais parfois un peu cotonneux

raconte justement ces immersions-là :
link et
link.
Est-il intéressant de descendre un peu ? Pourquoi s’en priver ? Les conditions sont bonnes et le tombant vertigineux et bien colonisé.
Alors que très très loin à la surface passe un nageur, la silhouette d’un napoléon se découpe en ombre chinoise…
Tandis que nous longeons le tombant en remontant progressivement, un groupe de poissons flûtes F
istularia commersonii s’approche dans le bleu.
Par endroits, le tombant est très colonisé par des alcyonnaires souvent de couleurs claires, parfois beaucoup plus colorés.
Puis soudainement, la roche semble vide, avant de redevenir peuplée. A cet endroit, impossible de manquer ce poisson coffre
Ostracion cubicus qui n’a aucune cachette possible à
proximité, ni ce poisson flûte agile.
En se rapprochant encore de la surface pour trouver le point de passage pour entrer dans le trou bleu, les couleurs se font plus vives et la densité des anthias augmente. Parmi eux, un chirurgien
voilier
Zebrasoma desjardinii croise notre route.
A plusieurs reprises, des anémones abritent des poissons clowns
Amphiprion bicinctus. Loin de l’image véhiculée par le film d’animation, ce sont des animaux au caractère plutôt… Mordant
!
Enfin, nous arrivons au passage, point de communication entre l’intérieur du trou et la mer à quelques mètres sous la surface. A cet endroit, le haut du récif est très vivant, très animé. Ce
mérou croissant de lune
Variola louti doit avoir l’habitude de la fréquentation de son secteur par les visiteurs que nous sommes.
A l’intérieur, la visi est moins bonne. Les parois verticales sont mortes. Absence de courant, probable faible renouvellement de l’eau, tout est minéral dès quelques mètres sous le haut du récif.
C’est dans cette zone qu’il vaut donc mieux s’attarder pour dénicher la faune plutôt rare en comparaison de l’extérieur, par exemple ce poisson globe à taches blanches
Arothron hispidus
:
Au centre du trou, des lignes ont été installées et des apnéistes se laissent couler dans le bleu.
En suivant la paroi, on arrive finalement au point opposé au passage d’entrée. Là est installé un petit ponton (auquel il manque pas mal de lattes) pour faciliter la sortie des plongeurs et, par
la même occasion, éviter que tout le monde ne marche partout sur le récif pour rejoindre le trou.
Même si le Blue Hole en lui-même présente un intérêt faunistique très réduit en raison de sa structure, la plongée le long du tombant extérieur est réellement une belle plongée à Dahab. Je me
suis fait plaisir les deux fois et je sais que je n’ai pas été le seul !
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