Un dernier tour. Rapprochons-nous du mât. La météo a encore évolué : il est visible sur toute sa hauteur, soit près de 15 m.
En dessous, une plongeuse contemple les structures du pont totalement dégagées du brouillard.
Planant au-dessus du pont, je regarde le mât cette fois enveloppé par les bulles des plongeurs.
En m’approchant jusqu’au filet tendu à sa base, je vois la tourelle tribord libre des brumes lumineuses.
Je chemine jusqu’au canon de proue. Il est totalement dégagé des brumes épaisses, comme les chaînes qui descendent à son pied dans les écubiers.
Je dépasse le bastingage. L’ancre bâbord est encore à poste. Plus bas, le brouillard s’est replié sur le fond, une dizaine de mètres en contrebas
Remontant le pont en direction du château, je croise la tourelle avant bâbord, seulement entourée de poissons.
Toujours longeant le flanc bâbord, dépassons la passerelle pour trouver les bossoirs auxquels ne pendent plus de chaloupe, mais des lambeaux de filets.
Sur le pont arrière, la tourelle de la mitrailleuse à double canon est visible dans sa totalité. Le brouillard ici aussi a fui.
Puisqu’il fait beau, glissons nous à l’intérieur. De nombreuses lattes manquent au pont, laissant la lumière pénétrer. Au-dessus de nos têtes, une échelle tombée brise la géométrie de
l’agencement du plancher troué devenu plafond ajouré.
Pans écroulés, plafond effondré, cordages accrochés, le déplacement doit se faire calculé.
Ressortons pour profiter de la vue sur le flanc bâbord : pont inférieur, bossoirs sur le pont supérieur et au loin devant, l’angle de la timonerie.
Les anthias semblent affectionner l’endroit. Il ne reste que la nuée de poissons pour envelopper l’épave.
Cette fois, il faut remonter. Un dernier regard sur le château.
Sans son enveloppe de brouillard, l’épave est révélée dans son état de navire perdu, abandonné aux éléments, ruiné et écroulé. Fini le mystère du brouillard confondant bateau, ciel et eau. La
réalité s’impose. Je vois le
Bateau Cassé de Lepic, échoué sur le sable. Pourtant, qui nierait que l’épave conserve en elle l’attrait d’un mystère qui lui est propre ?
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