Il gèle. J’attends déjà depuis plus de 20 minutes un RER qui a été annulé, puis remplacé, puis annulé, puis remplacé, etc. Finalement, je fais comme tout le monde, je reste à une porte de la rame
à quai en attendant que les panneaux lumineux arrêtent de clignoter pour indiquer un itinéraire définitif. Les gens fument. Ça pue. Le RER se traîne finalement durant presque une heure pour
m’amener jusqu’à Denfert. Je ne verrai pas la minuscule copie en bronze du majestueux lion de grès rose de 22 m de long sur 11 m de haut de ma ville natale. Je prends la 6, comme je le faisais
chaque jour il y a longtemps. A Pasteur, lieu de souvenirs studieux, je change pour la 12. Dehors, il gèle toujours. C’est l’hiver à Paris, cette période où la capitale peut être encore plus
grise que d’habitude, sous son couvercle de pollution. C’est chaque année la même chose. Mais qu’est-ce que je fais là ? C’est chaque fois la même question. Ils ne pourraient pas le faire
ailleurs ? Plus au bord de l’eau, loin, là où l’air est parfumé d’embruns… Non, cette fois encore, c’est ici. Il faut avoir une forte motivation. J’en ai plusieurs.
A peine entré dans le hall 5, j’aperçois Daphnée qui m’attend avec un billet. Ils sont gentils ces Parisiens, ils m’ont pris une place à l’avance pour m’éviter de faire la queue. Ça me fait
plaisir de la retrouver, je me sens déjà mieux. Elle refuse que je la rembourse sous prétexte que je me fais vieux. Drôle d’idée… Immédiatement, direction l’un des stands où je sais que je vais
retrouver d’autres visages bien connus. Derrière une photo du cap Béar, Thierry se charge des relations avec les plongeuses curieuses.
Valérie et JR sont là aussi, bien sûr. Quelque chose explose, la pollution grise et le stress suintant sont balayés. J’avise les T-shirts. Je n’ai pas encore le modèle avec l’œil de sainte Lucie
stylisé. Je remplace sur le champ mes habits noirs par le T-shirt noir frappé d’un œil rouge (
link). Evoquant une raison qui m’échappe, ils ont la gentillesse de me l’offrir. Ça fait du bien d’être là avec eux.
Mon portable sonne. C’est Sylvain. Il est de l’autre côté du hall, juste en face de la buvette. C’est un pur hasard, il n’y est pour rien ! Daphnée me guide jusqu’au stand de l’office du tourisme
d’Argelès sur Mer où sont regroupés les clubs de plongée du port, donc forcément
Antares y est :p
Un peu plus tard, le maire d’Argelès sur Mer viendra visiter le stand, presque au moment de l’apéro. Mais surtout, c’est un grand monsieur qui s’y arrêtera. Albert Falco, toujours souriant et
très demandé, restera quelques instants sur le stand.
Je suis étonné par le calme qui règne au salon. En partant retrouver les Parisiens au bord de la piscine, je comprends. Les années précédentes, la piscine et ses abords étaient grouillants de
volontaires pour un baptême classique ou recycleur, les animations se succédaient, rivalisant avec celles de l’espace scénique. Cette année, on ne se bouscule pas, ni autour du bassin, ni a
l’espace scénique. Le programme de conférences me paraît maigre et en plus il y aura des annulations. L’organisation pour les baptêmes ressemble plus à celle d’un petit club associatif qu’à
l’énorme structure professionnelle passée. C’est peut-être mieux pour nos Parisiens qui ont décidé de tester le recycleur, ils n’ont pas à attendre.
Petit briefing au sec, enfin, sur la moquette imbibée…
Puis c’est l’équipement et la mise à l’eau dans ce petit bain frais. Dire qu’ils étaient aux Maldives une semaine plus tôt. Ça doit les changer !
La piscine est partagée en surface en 2 zones. Un tiers est réservé aux baptêmes recycleurs, les 2 autres tiers aux baptêmes classiques, à des nageurs en monopalme, des apnéistes et j’ai cru
entendre parler de tir sur cible…
Après quelques minutes passées à réapprendre le poumon ballast version recycleur (quelques palmes en l’air et quelques éclaboussures sur mon vieil appareil photo), ça a l’air d’aller plutôt pas
mal.
Pendant qu’ils redeviennent des terriens un peu plus humides qu’avant, je sors de l’enclos spongieux et je suis interpellé par des personnes à l’accent exotique. On croise vraiment de tout dans
ce salon ! Voilà Clip-noir et Clip-rose, les alsaciennes (voir
Clip noir et Clip rose ). Même si une seule s’exprime officiellement sous ce surnom
(
link), ce sont nos deux Judokates Palmées qui ont fait le
déplacement avec 3 de leurs amis, dont « leur petit apprenti moniteur préféré » comme elles l’appellent (voir
P.S. l’azote, ça fatigue ). Elles ont quelque chose pour moi dans leur sac. Elles n’évoquent pas
la même raison que les autres pour me l’offrir, non, c’est une histoire compliquée qui prend ses racines dans des échanges de mails et de commentaires de blog depuis des mois. Je récupérerai le
paquet cadeau plus tard dans la journée et au moment même où j’écris ces lignes, je viens d’en vider définitivement le contenu… Ça me fait plaisir de les revoir. La dernière fois, c’était là-bas
en bas, sous le soleil et sur la mer bleue. Décidément, cette journée est une belle journée. Pendant que nous papotons sur des sujets aussi variés que la plongée, les voyages (plongée) et le
salon, je vois passer Gilbert (
link) qui, entre autres, me montrera
une image de son futur bateau et me parlera des 20 ans du Boreas pour lesquels il est question d’un concours photo.
Retour au stand d’Argelès. Je grignote quelques rondelles de fouet en goûtant le muscat de noël. Il n’est pas 13h et les nordistes sont déjà morts de faim alors que c’est à peine l’heure de
l’apéro. Je l’avais prédit.
L’an dernier, j’avais renouvelé mon caisson étanche et l’appareil photo en prévoyant la suite des achats pour l’année suivante. En compagnie de Daphnée, qui a plein de questions à poser sur du
petit matériel photo, je me dirige vers le stand d’un magasin spécialisé. Un vendeur, peu commerçant, répondra par la négative, entre sa commande de sandwich et celle de son café, à toutes les
requêtes de Daphnée. Il lui dit de commander en ligne… Je suis intéressé par un kit flash et si ce n’était pas bassement économique (prix « salon »), je pense que j’aurais attendu d’être rentré
chez moi pour commander en ligne. Bref, je fais quand même la grosse dépense que j’avais prévue. Le plus vite possible, il va falloir essayer.
Le salon, c’est aussi la possibilité de rencontrer des auteurs et de se faire dédicacer leurs ouvrages. Au détour d’un stand, je vois Patrice Strazzera (
link) entouré de quelques jeunes gens qui attendent sa signature. J’apprends
qu’ils viennent de Montbéliard, à une vingtaine de km du grand lion majestueux dont je parlais plus haut. Je n’ai même pas perçu l’accent typique. J’attends qu’il termine et, comme à chaque fois,
je lui montre la photo où il figure pour qu’il m’autorise à la diffuser. C’est qu’il soigne son image ! ;-)
Avenant comme à son habitude, c’est un plaisir de le voir. A peine le temps d’échanger quelques mots et quelques idées qu’il est happé de nouveau.
Je retrouve Sylvain qui cherche le stand où dédicace Laurent Ballesta, connu notamment pour ses participations à des émissions faisant souvent une part au monde sous-marin, mais surtout pour ses
magnifiques clichés de la faune sous-marine, rapportés de juste sous la surface à plus de 100 m, rassemblés dans plusieurs très beaux livres. Après quelques mots au sujet de Citrouille, un
semi-rigide portant bien son nom qui était passé encore tout neuf quelques jours au club, Sylvain est reparti tout content avec un exemplaire dédicacé de Secrets de Méditerranée.
Que de personnalités du monde de la plongée sur ce salon ! Et justement il en manquait une, incontournable. La voilà qui arrive...
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