Il est 8h30. Les plongeurs embarquent avec leur matériel. Il est temps de partir pour l’épave du matin.
Une vingtaine de minutes plus tard, nous sommes amarrés à la bouée de l’Astrée. La mer est calme et il n’y a presque pas de courant. La descente commence dans une eau bleue très peu chargée. A 28
m, nous passons la thermocline et perdons 7°C en un instant : il fait 14°C en dessous. Nous perdons aussi la visi. Le château n’est que quelques mètres plus bas, mais même à hauteur du bossoir
nous ne le voyons pas. Enfin, dans le halo du phare, la tôle.
Le N2 que j’emmène ne me lâche pas d’une palme, sinon je ne vois plus de lui que l’éclat de son phare alors qu’il est juste là.
Nous entamons le tour des coursives, de l’extérieur puis de l’intérieur. Lorsque l’on regarde vers le plafond, les rayons du soleil pénètrent malgré tout jusqu’à nous, mais trop faiblement pour
éclairer l’intérieur du château pourtant très ajouré.
Lorsque je regarde vers l’intérieur, mon phare ne dévoile que les nuées d’anthias, habitants des lieux, qui croisent le faisceau.
L’épaisseur de l’obscurité dès l’entrée de la salle des machines n’incite pas vraiment à s’y engager. Il y traîne des choses, n’allons pas nous y accrocher…
Un petit tour sur le dessus du château. Le tuyau au bout des claires-voies n’abrite plus le congre que j’y ai vu la fois précédente.
A côté d’un hublot très encroûté, une petite rascasse ne semble pas perturbée par nos phares.
Nous retournons au bout. Nous ne sommes pas descendus profond ni restés longtemps : le palier ne sera que de 7 minutes. La lente remontée commence et le passage à la couche d’eau chaude et claire
est agréable. De retour à la surface, il fait beau. Le ciel est bleu. La mer est toujours calme. C’est l’été…
Il y a aussi des jours comme ça, des jours où l’on pourrait être assez déçu pour se demander ce que l’on fait là dans cette purée de pois où il fait plus sombre que noir, plus froid qu’en haut.
Pourtant, j’ai pris plaisir à déambuler. Peut-être est-ce parce que je connais relativement l’épave pour me lancer dans sa visite à tâtons ? Plus sûrement, j’avais envie de descendre. Pourquoi le
nier ? J’avais envie de trouver une ambiance que je n’avais pas vue depuis quelques semaines, envie de varier l’immersion, de changer de plongée. Il fait froid. La visi est très réduite. On
ajoute d’autres risques à l’explo classique sur 20 m par temps clair. On se charge un peu en azote et donc on fait un peu de palier. Et pourtant… Pourtant… Pourtant je me suis fait plaisir…
Cette situation n’est pas propre à l’Astrée. Les autres épaves proches sont également souvent prises dans une soupe épaisse dans laquelle on pénètre brutalement, laissant au-dessus de nos têtes
le bleu lumineux. Parfois cette limite est trop haute de quelques mètres seulement : vision étrange du mât de l’Alice Robert planté dans la touille…
Mais ce n’est pas toujours comme ça… Oh non ! Loin de là !...

A bientôt…
:D
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