L’été est arrivé soudainement. Le soleil, éclatant dans le ciel bleu sans le moindre nuage, nous promet une très chaude journée. La mer est belle et le vent est peut-être enfin parti en vacances.
Dans ces conditions, il est tentant d’aller à la réserve de Cerbère-Banyuls…
La visite du club de plongée de Gaillac ayant nécessité un changement de taille du bateau, nous partons sur l’Ange. A la sortie plongée du matin s’ajoute donc une promenade tranquille sur une mer
d’huile le long de cette belle côte rocheuse catalane.
A notre arrivée au cap l’Abeille, les mouillages fixes sont presque tous occupés. En plus des clubs de plongée, le site attire aussi les plaisanciers et les vacanciers. Ce que l’on pourrait
appeler « l’effet réserve » est important dans l’esprit des visiteurs. Nous nous amarrons à la bouée n°6 et c’est un plaisir de sauter dans cette eau à 22°C, agréablement rafraîchissante.
La visi n’est pas exceptionnelle, mais suffisamment correcte pour apprécier le relief de failles dont certains pans sont couverts de gorgones blanches.
Par rapport aux autres sites de la côte entre Argelès et Banyuls, l’effet réserve biologique est frappant. Sur ce site, le spectacle est surtout en pleine eau. Ici, le plongeur doit décoller le
regard de la roche pour profiter de l’abondante concentration de poissons, solitaires ou en bancs. D’abord, c’est un petit mérou qui croise notre route.
Puis une grosse dorade royale qui vient nous tourner autour.
Un peu plus distant, un beau denti au dos bleuté désorganise un temps un petit banc de sars.
Les sars sont très nombreux, en bancs relativement peu agités.
A l’inverse, les saupes, également très nombreux, sont beaucoup plus mobiles et l’observation des bancs montre de jolis mouvements de groupes tournoyants sur eux-mêmes avant de plonger vers les
rochers où ils broutent bruyamment (si, si, ôtez votre cagoule et écoutez).
Fin de plongée, retour au mouillage fixe. Pourquoi ne pas passer quelques minutes de palier de sécurité en observant de très près la vie sur un gros rocher ? C’est l’occasion de voir cette
anémone aux centaines de tentacules (
Cereus pedonculatus).
Ou encore de constater que le dimorphisme sexuel chez les poissons peut être étonnant : cette femelle est-elle charmée par le beau mâle à la voyante livrée jaune ?
Il est facile de comprendre que la réserve attire les plongeurs et les baigneurs qui peuvent découvrir une abondante faune pélagique dans les premiers mètres sous la surface. L’effet de
protection est très net, en comparaison des abondances visibles sur les autres sites de la côte en dehors de la zone protégée. Ceci fait penser que malgré le développement des populations, et
donc automatiquement la sortie d’une partie des poissons des limites de la réserve, les prélèvements tout le long de la côte ont un impact significatif sur les populations. Et dire que l’on
entend encore que ce sont les plongeurs qui font fuir les poissons…
Pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents sur les sites et la faune de la réserve :
Plongée dans la réserve
Plongée au cap l'abeille
Les Tinyes
Retour aux Tinyes
Et ceux qui vivent plutôt seuls…
Il y a ceux qui vivent en groupe…
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