Images Aléatoires

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Jeudi 19 juin 2008
Après 4 heures de route, plutôt que de passer à mon logement, je débarque directement au club sur le port. Presque 3 semaines que je ne suis pas venu respirer cette atmosphère où azote, oxygène, néoprène et embruns se mêlent à l’ambiance conviviale et chaleureuse. J’arrive et trouve Sylvain en combi qui me lance « on va sur la Banane. Equipe-toi on y va ». OK ! Pas de souci ! :D La météo pluvieuse des 4 dernières heures s’éclaircit soudainement. Une heure plus tard, le bateau est au-dessus de l’épave.
Petite houle de nord, eau d’un bleu profond, courant très faible : les conditions sont bonnes. Au début de la descente, l’esprit est tout entier tourné vers le fond et la question : comment sera la visi ? Nous n’attendrons pas longtemps car, malgré le plancton, l’épave se dévoile rapidement.
Nous évoluons au-dessus d’un bâtiment qui s’est arrêté là il y a 65 ans, après bien des voyages. Ce jour-là, nous sommes les voyageurs.
Ce cargo fruitier avait été transformé en navire militaire. L’armement varié en canons divers n’a pourtant rien pu contre l’attaque du sous-marin anglais qui l’a envoyé par le fond avec les hommes à bord. Toutes les armes se sont tues définitivement, malgré la présence toujours menaçante des munitions encore visibles par endroits.


Tout est figé. Le pont délabré, l’échelle tombée, les débris entassés, tout indique que l’histoire s’est arrêtée mais que le temps fait son œuvre. Impression d’un silence encore plus profond que celui qui est perturbé par nos bulles.


A la proue, les chaînes dans les écubiers ne gênent pas le congre qui en a fait son abri. Les nombreux lambeaux de filets accrochés au canon et à la coque forment une couche encroûtante.


Les corynatis colorés se partagent la surface de tôle. A côté de la citerne, une colonie mauve s’est établie sur un tuyau. L’échelle d’accès à la tourelle avant tribord est recouverte d’une colonie  jaune.


Le château est un gruyère de métal où les trous sont plus nombreux que les pleins. C’est à se demander comment il n’est pas encore complètement écroulé sur lui-même. C’était l’espace habité, avec la passerelle d’où sont probablement partis les derniers ordres. Aujourd’hui, les nuées d’anthias et un banc de loups circulent librement à travers les ouvertures béantes.


Il faut s’arracher à la contemplation, partir avec des images plein la tête. La passerelle s’éloigne, alors que le mât accompagne notre remontée.


Plus haut, de retour au présent, tout est d’un bleu lumineux, traversé par les bulles des copains qui vont nous rejoindre au palier.


On en a pris plein la vue. On remettra ça le lendemain matin, puis l’après-midi, puis le surlendemain, encore, sans se lasser… L’Alice Robert est un beau voyage, surtout lorsqu’il s’offre ainsi.

Pour ceux qui auraient manqué les précédentes visites du Bananier, vous pouvez lire les autres articles ainsi qu'une petite visite guidée de l’épave :
L’Alice Robert : let me take you on a trip… (1)
L’Alice Robert : let me take you on a trip… (2)
Bonne visi sur le Bananier…
Le Bananier, encore !
L’Alice Robert, encore et toujours…
Bananier : le retour
Retour sur le Bananier
10 mai - le Bananier

par Homo palmus publié dans : épave
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