On se colore le bout des papilles, on se fait des lignes tout le long du corps, on se laisse pousser des papilles globuleuses… Et parfois, on se pare d’une robe mauve à pois jaunes. C’est à cela
que l’on reconnaît le doris tacheté mauve
Chromodoris luteorosea.
C’est le genre d’animal méditerranéen qui ferait pâlir d’envie des proches parents tropicaux moins colorés.
Le doris tacheté mauve se nourrit d’éponges, mais je n’ai pas trouvé de quelles espèces pour, encore une fois, aider le plongeur à chercher l’animal en trouvant d’abord son déjeuner.
Mauve et jaune, ça peut aussi se combiner plus classiquement en rayures, comme pour le doris de Krohn
Chromodoris krohni, que l’on identifie à ses 3 lignes jaunes le long du dos.
Ce nudibranche se nourrit également d’éponges, du genre
Ircinia.
Les nudibranches et leurs proches parents mollusques sont souvent d’une inventivité esthétique fabuleuse. Certains cependant font preuve du plus parfait dénuement. François, toujours à l’affût,
l’œil perçant, est passé maître dans l’art de les débusquer, même les plus rares d’entre eux, les plus difficiles à surprendre. Il m’a envoyé mardi dernier une photo de sa dernière immersion (à
la moulade, dans à peine 5m). Vous reconnaîtrez un
Helix guillonensis adulte.
C’est un proche parent marin d’
Helix pomatia, l’escargot de bourgogne que la gourmandise des Français a si bien décimé qu’il a fallu le protéger. Aujourd’hui, on l’importe pour assouvir
l’envie gastronomique des compatriotes… Espérons que le cousin marin
Helix guillonensis restera longtemps encore à l’abri de l’appétit des catalans, au moins.
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