Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 00:00

 

Ça n’était pas la première observation. Précédemment, j’avais été trahi par la technologie et je n’avais pas pu immortaliser la situation. Mais cette fois, j’ai eu un support technique.

Au milieu de l’étal présentant un choix relatif d’une faible diversité majoritairement d’élevage, une grosse tête était posée. Devant, des clients, le regard attiré et après tout, c’était probablement l’objectif visé. Le spectacle était plus intéressant devant l’étal, tel ce père montrant la tête à son petit garçon puis gratouillant la gueule entrebâillée. Guili-guili le gros poisson au regard vide…

 

etal de poisson

 

On ne peut pas en vouloir à tout le monde de ne pas connaître les poissons, aussi emblématiques qu’ils puissent être parfois. Mais que penser du choix de décoration du rayon ? C’est sûr, des défenses d’éléphant ou une tête de gorille n’auraient pas fait le même effet sur ce rayon… Que les amateurs d’hippocampes se rassurent, ces étranges poissons sont trop petits pour attirer de loin le client…

Par Homo palmus
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 02:57

 

Durant des mois, pas une semaine ne s’était écoulée sans un mail me tenant informé de l’état de la mer, de sa température, de toutes ces choses étranges à identifier sur la base de photos prises le week-end. Moi, loin de la mer, devant mon agenda, je regardais d’éventuelles futures possibilités de retourner à l’eau. Depuis au moins 6 ans, ma trêve hivernale n’avait pas été si longue à supporter.

D’habitude, les plongées hivernales se faisaient du bord, tranquillement. Cette fois, la possibilité d’une épave avait été évoquée. La veille au soir, j’ai appris que c’était confirmé pour le lendemain matin, à 8h. Est-ce que ça n’allait pas être un peu rude comme reprise ?

Beau temps, mer calme. La neige rehausse la silhouette du Canigou sur fond de ciel bleu alors que le bateau prend la direction du Bananier.

 

bananier 050311 canigou

 

Sur zone, tout est calme. Le léger courant en surface ne perturbe pas la descente. Par contre, l’eau est chargée et la luminosité baisse fortement à mesure que nous descendons. Au fond, alors que nous arrivons sur le canon de proue, il fait très sombre. Le léger courant de surface est encore présent. J’avance sur les premiers mètres et j’aperçois une chose étrange :

 

bananier 050311 ambiance

 

J’imagine alors ce que pourrait penser un(e) plongeur(euse) un peu narcosé(e) si, dans sa mémoire ouatée, des images de films de science-fiction décidaient alors de revenir flotter à la surface de la mémoire embrouillée…

Rien de tout ça. C’est simplement Catherine, la vidéaste de la palanquée, qui s’approche avec les 2 phares fixés sur son caisson vidéo (link).

 

Nous passons la tourelle du canon tribord avant pour gagner le château.

 

bananier 050311 canon tribord

 

Je veux savoir ce qui a pu changer durant l’hiver depuis l’écroulement de novembre 2010. Le château s’est bien aplati, perdant ainsi presque la hauteur d’un niveau. Malgré la visite dangereuse, les ambiances y étaient mystérieuses et attirantes les jours de belle luminosité.

J’ai aussi des questions qui attendent des réponses suite à la comparaison des photos de l’Alice Robert au début des années 40 (voir Les couleurs du passé (suite) ). Derrière les coursives, je compte 2 bossoirs côté tribord, un encore debout et tourné vers l’extérieur et l’autre couché sur le pont.

 

bananier 050311 bossoir tribord

 

Je n’en ai pas vu d’autres, mais les conditions n’étaient pas idéales. Pour le moment, le mystère de la fixation de la seconde chaloupe côté tribord reste entier…

Sans éclairage, l’ambiance est au vert sombre et un bon éclairage révèle un peu les couleurs de la vie fixée, comme sur les restes de tuyauterie.

 

bananier 050311 arriere chateau

 

La promenade s’achève autour de la tourelle du double canon arrière.

 

bananier 050311 double canon

 

Lente remontée, paliers dans l’eau chargée où nous croisent des cnidaires et des cténaires, puis retour au soleil. L’eau est à 11°C et le thé chaud (avec du quatre-quarts pour récupérer quelques calories) est agréable.

C’était la première de 2011. Moins d’1h30 plus tard, je me réimmergeais avec plaisir accompagné de 2 volontaires pour une formation. Et l’après-midi… On verra ça plus tard…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 19:21

 

christian

 

C’est avec tristesse que nous avons appris la disparition de Christian Ide.

Impliqué dans les organisations fédérales française, belge et québécoise, il s’est beaucoup investi au sein de la CMAS et en a été le président au début des années 90. C’était un passionné du monde marin, de son fonctionnement et de la vie qui s’y développe. Son envie de transmettre au plongeur une vision intégrée de l’environnement dans lequel se pratique l’activité avait mené au développement du cours d’océanologie de la CMAS. Très curieux de l’univers dans lequel nous nous immergeons, sa grande culture d’océanologue ressortait sans cesse sous forme d’anecdotes ou de citations. Etant de bonne compagnie, c’était toujours avec plaisir que nous le retrouvions au club, tout en sachant que les discussions seraient nécessairement enrichissantes.

Nous perdons une présence, un passionné, un binôme. Nos pensées vont bien sûr à sa famille à laquelle nous adressons nos sincères condoléances et souhaitons beaucoup de courage pour surmonter cette épreuve.

Par Homo palmus
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 15:27

Il y a eu le syndrome Jaws, alimenté depuis 35 ans par des suites puis des rediffusions régulières (encore cette semaine), où de gros monstres mécaniques affamés passaient leur temps d’acteur à casser la croûte. Evidemment, ça finissait toujours mal pour eux. Comme quoi, une alimentation américaine est mauvaise pour la santé… Il y a eu Open Water et à présent Sanctum, où le risque d’être dévoré par de méchants requins est basiquement remplacé par le risque de finir noyé. Par définition, le risque n’est pas la réalité, sans quoi il devient un fait. Seulement, le risque semble impressionner plus durablement que la réalité. Côté presse, un intéressant bilan des accidents de plongée est présenté dans le numéro 37 de Plongée Mag. Là, rien de sanguinolent, juste de la comptabilité avec quelques interprétations : c’est mathématique et les chiffres sont des données que chacun peut bien prendre comme il veut, notamment sous l’angle du risque… Voilà, nous y sommes à nouveau : le risque. Quand j’y pense, je suis fou ! Je suis prêt à faire des centaines de km en voiture avec ces milliers d’accidents et de morts annuels, prêt à porter des charges lourdes dangereuses pour mes vertèbres abîmées, prêt à monter sur un bateau qui peut tomber en panne en pleine mer et même couler (100% des épaves de bateau étaient à flot avant)… Tout ça pour plonger. Je suis fou, la plongée est vraiment une activité risquée !

 

En attendant l’été, je reste chez moi et surtout je ne touche pas au gaz…

 

 

P.S. En cette fin d’hiver, alors que les activités vont reprendre, il est quand même bon de se souvenir qu’il faut rester concentré et ne pas pêcher par excès de confiance sous l’emprise de l’excitation.

Par Homo palmus - Publié dans : video
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 01:12

 

Les astrologues chinois ont manqué d’imagination, ou de connaissances. Parmi tous leurs signes zodiacaux, pas le moindre mollusque ! Pour eux, l’année du tigre (sorte de gros chat sournois, traître et hypocrite, comme les autres félidés) a laissé la place à celle du lapin (lagomorphe pelucheux à la réputation sulfureuse : ça ne va pas améliorer la démographie chinoise…). Jaguar aztèque, lapin asiatique ou baobab africain, chaque peuplade de chaque coin du monde a ses croyances. Alors pourquoi pas les plongeurs du Roussillon ?

Là-bas aussi des choses changent selon des cycles mystérieux. Il y a eu le cycle des doris géants, celui des Mola mola et même celui de la visi sur épave (en général quand je ne suis pas là). Y a t-il eu un cycle des tylodines jaunes ?

tylodine 2

 

La tylodine jaune est une pov’bête à qui a été imposé un nom provoquant un risque de mauvaise interprétation chez tout piètre latiniste : Tylodina perversa. Qu’a t-elle donc de pervers ? Rien. Ça serait simplement une tentative de caractérisation d’un phénomène lors du développement de sa première coquille. Car selon les grandes « familles » de mollusques, la coquille se développe en tournant vers la droite ou vers la gauche. Chez la tylodine, c’est dans le mauvais sens, selon l’auteur du nom. Je pense qu’il n’était pas gaucher.

tylodine 3

 

J’avais déjà brièvement présenté cet animal dans l’article Nudibranches ? (4) . Bien que n’étant pas un nudibranche, je l’avais associé à cette liste en tant que petit mollusque habitué à ramper sur son plateau-repas, comme les éolidiens ou les doridiens. Et puis après tout, c’est un très proche parent, car s’il n’a pas les branchies « à nu », elles sont néanmoins « à l’arrière du cœur ». Voilà comment on évite de dire que les Nudibranchia forment comme les Notaspidea, qui incluent la famille Tylodinidae, un ordre des Opisthobranchia. La tylodine jaune a d’ailleurs une spécificité côté branchie : l’organe est unique, en forme de plume et placé du côté droit de l’animal.

tylodine 6

 

Il paraît que la bête a les yeux noirs. Il faut déjà une belle macro sur la tête pour les observer. En principe, on voit une coquille relativement aplatie plus ou moins couverte d’algues. C’est ce qui permet la détection. Car pour le reste, la tylodine aime à se jouer des plongeurs-voyeurs en se colorant exactement comme son aliment quasi-exclusif, l’éponge jaune Aplysina aerophoba. Un article intéressant sur l’origine et la nature des pigments de cet animal est présenté sur la page de la tylodine jaune du sea slug forum (link). Ce pigment ainsi qu’un autre alcaloïde provenant d’une autre espèce d’Aplysina, A. cavernicola, sont stockés dans les tissus de l’animal, y compris avec les œufs. Ce sont vraisemblablement des répulsifs chimiques destinés à jouer le rôle de barrière défensive contre des prédateurs affamés. Ce détournement de substance n’est pas unique puisque certains nudibranches détournent à leur profit le système d’attaque des cnidaires qu’ils dévorent. A la base, les molécules produites par l’éponge pourraient être des antibactériens libérés lors de blessures pour éviter une infection par l’importante diversité microbienne vivant à la surface des différentes parties de l’éponge (qui abrite d’autres microorganismes symbiotiques dans ses tissus).

tylodine 5

 

La tylodine jaune laisse sur l’éponge jaune une marque jaune (sans grand M, mais d’un jaune plus clair). Donc, pour trouver la tylodine, il faut comme toujours chercher ce qu’elle mange, puis éventuellement les blessures et les coquilles plus ou moins recouvertes d’algues. Ce qui n’empêche pas de rencontrer parfois des individus en vadrouille à des dizaines de centimètres, voire des mètres, de tout aliment caoutchouteux en doigts de gant.

tylodine 1

tylodine 8

 

Il semble y avoir un débat sur la longévité de la tylodine jaune. Il est proposé qu’elle ne vive qu’une année et que les plus grands individus soient des rescapés de l’hiver. Il est également dit qu’avec l’âge (donc en semaines et mois), la coquille se couvre de plus en plus d’algues.

tylodine 4

tylodine 7

 

Je trouve cela un peu perturbant car la corrélation entre l’état de la coquille et la taille de l’individu n’est pas toujours évidente : petits individus à la coquille très colonisée, grands individus à la coquille presque propre et récente avec les rayures brunes bien nettes. Il y a quelque chose de pas clair dans cette histoire d’âge. Je soupçonne une absence de données scientifiques sérieuses (personne n’a dû faire de marquage de tylodine…). Le plus grand individu aurait été aperçu à Cerbère, donc loin de Marseille… Un rescapé de 2 hivers ?

 

Et cela me conduit à revenir à cette histoire de cycles. De l’hiver à l’automne, nous avons pu observer des individus de toutes tailles sans que ceux de février soient les seuls grands ou que ceux d’octobre soient tous grands. Mais, l’an dernier, la fin de saison a été très riche, exceptionnellement riche en tylodines jaunes. Durant certaines plongées, la fréquence de rencontre et les regroupements sur les éponges donnaient une impression de prolifération en nombre bien plus grand que les autres années. Combien passeront l’hiver ?

Par Homo palmus - Publié dans : billet faunistique
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Images Aléatoires

  • bananier 30809 mat

Carte des sites

Recommander

Derniers Commentaire

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés