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plongée en Roussillon

Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 18:10

27 mars 2010 - l’Alice Robert - 9h30


La veille, Sam a usé de ses talents de négociateur pour me vendre une plongée sur le Bananier. Difficile me demanderez-vous ? A priori, non, sauf lorsque le rendez-vous est à 7h30 le lendemain matin ! Plus tard dans la journée, François en rajoute une couche et je cède…

C’est donc physiquement présent mais cérébralement absent que je les retrouve par cette belle matinée. La mer est belle et la tram est encore couchée, elle. Le Canigou enneigé se détache sur un fond de ciel bleu.

3e sam francois

L’eau est chargée sur les 25 premiers mètres puis ça s’améliore un peu, mais la lumière est faible et les particules encore nombreuses.

3e manivelle

Quelques mètres de visi sur l’épave et cela suffit à se faire plaisir.  Un tour jusqu’à la proue puis nous remontons tout le bateau. François fait un arrêt photo sur le reste de tuyauterie recouvert de corynactis colorés.

3e francois-corynactis

Nous poussons jusqu’au double canon un peu noyé dans la pénombre d’une eau verte.

3e francois double canon

Au palier, nous planons parmi ces fragiles êtres venus d’ailleurs : cténaires aux couronnes de cils vibratiles irisés et autres cnidaires en chapelets urticants.

 

39 minutes après avoir basculé du côté obscur, nous redevenons terriens.

 

 

28 mars 2010 - Roches Bleues - 10h


Sortie dominicale hebdomadaire du Dauphin Catalan. François, bien entendu, répond présent et me propose de me joindre à eux. J’en parle aux parisiens descendus à l’occasion et nous voilà tous les 4 sur la petite plage. Pierre-Franck doit tester une nouvelle combi étanche et François une nouvelle technique d’immersion en étanche pas étanche. Après un test aussi bref qu’informatif, ce dernier décide qu’une immersion en étanche étanche sera bien plus agréable. Il faut de ces courageux expérimentateurs pour progresser dans la connaissance technique.

La visi est meilleure que la semaine précédente, malgré une eau encore chargée.

4e gorgones

Les spirographes sont toujours tout panache au vent liquide.

4e spirographe

Gorgone orange et alcyon encroûtant apportent de la couleur sous l’éclairage du flash.

4e gorgone

4e alcyon encroutant

Côté discrétion, un poulpe passe presque inaperçu. Un de ses tentacules plonge dans un trou au fond duquel un autre individu est bloti : serait-ce madame en train de pondre ?

4e poulpe

« Hâte-toi lentement ». Cette devise adoptée par la plupart des nudibranches et proches parents de ceux-ci ne doit pas faire oublier que ces « limaces » sont de grands marcheurs, façon de parler. Si on rapporte à l’échelle de cette tylodine sur le morne fond le trajet à accomplir avant de retrouver l’éponge la plus proche, c’est une sacrée randonnée pour aller manger !

4e tylodine

La flabelline a trouvé un coin plus fourni, mais explore quand même.

4e flabelline

Quant à cette antiopelle, comme celle vue la semaine précédente, elle fait de l’escalade.

4e antiopelle 1

Est-ce une manie chez ces animaux ? Je ne sais pas. La suivante montre une agitation surprenante pour un tel mollusque. Le temps de prendre 2 photos et elle a fait un demi-tour ! Ça existe des antiopelles excitées ?

4e antiopelle 2

4e antiopelle 3

 

75 minutes après avoir basculé du côté obscur, nous redevenons terriens. Mais François est déçu : une fois encore les derniers sortis, alors que nous retrouvons le parking, les autres ont déjà terminé le casse-croûte…

Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 01:15

 

20 mars 2010 - Roches Bleues - 9h30


Il fait beau. La mer bleue à peine ridée nous attend. Sur le parking, nous nous équipons quand, soudain, François prononce ces mots terribles : « mon bloc est vide »…

 

20 mars 2010 - Roches Bleues - 11h20


Après avoir écumé Port Vendres et Argelès à la recherche d’un club de plongée ouvert, nous sommes de retour, équipés, blocs pleins, au bord de l’eau. 11h21, je pénètre dans l’élément liquide sans me mouiller, pour le moment. L’eau est à 10°C et je ne sens pas encore sa fraîcheur. Un peu de palmage en surface en direction de la sortie de la crique et nous descendons dans une eau bleue d’au-dessus mais verte en dessous.

Un spirographe semble bien seul.

1ere spirographe

Ce n’est qu’une impression : avec un peu de recul, on voit bien que le coin est habité.

1ere francois

Ah non, c’est François ! Je me disais bien aussi que malgré la visi réduite et le peu de lumière, les poissons chassant au leurre bioluminescent ne sont pas fréquents dans le secteur…

Il y a ceux qui se montrent comme les nombreux spirographes tout panache déployé.

1ere spirographe 1

Il y a ceux qui croient être cachés mais qui sont facilement repérables, comme les langoustes.

1ere langouste

Et il y a ceux qui restent cachés comme en pleine nuit alors qu’il est midi, même s’il est difficile de le deviner dans cette ambiance de pénombre. Ce petit crénilabre n’a pas l’air motivé pour quitter sa cachette.

1ere poisson cache

66 minutes après avoir basculé du côté obscur, nous redevenons terriens.

 

21 mars 2010 – Cap Gros – 9h30


Les pensionnaires du cimetière de Port Vendres ont une vue imprenable sur la mer. De ce que j’en sais, aucun ne s’en est jamais plaint. Bien sûr, il en est que l’on préférerait entendre encore s’exprimer au sujet de la Grande Bleue. C’est ainsi…

La pente est raide avant la petite plage. Puis du palmage pour passer les premières roches avant de s’immerger dans une eau très chargée. La visi n’est même pas de 2 petits mètres, ces mètres qui ont rétréci à cause de la fraîche température.

Je ne reconnais pas bien le site tant visité d’année en année. Difficile d’utiliser mon nouveau jouet qui n’est pas adapté à la macro et dont j’essaie d’apprendre à me servir. Difficile d’utiliser le flash avec tant de particules. Alors, comme je le faisais avant, j’éclaire avec le phare tandis qu’avec les 2 autres mains je bidouille le caisson…

2e alcyon

C’était une bonne idée cette greffe de tentacules de céphalopode…

Dans cette soupe, François déniche des tas de petites choses. Il a un truc à la limite du surnaturel pour tirer le portrait des blennies et pour trouver des antiopelles. En voici une qui s’adonne à l’escalade :

2e antiopelle

68 minutes après avoir basculé du côté obscur, nous redevenons terriens.

Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 22:12

Epave : nom féminin (ancien français espave, égaré, du latin expavidus, épouvanté)

- Tout objet mobilier perdu et dont le propriétaire reste inconnu.

- Objet abandonné à la mer et flottant au gré des flots ; débris sur le rivage.

- Carcasse de navire échoué sur une côte.

- Automobile accidentée ou trop usagée pour pouvoir être réparée et qui est destinée à la casse.

 

Une après-midi, Ramoucho et moi avons fait une petite ballade tous les deux. Quand cela nous arrive, nous essayons d’aller voir un peu plus loin ou ailleurs que d’habitude. Nous avons donc survolé les patates de coralligène, puis nous avons dépassé une roche isolée et en partie encroûtée et nous avons vu ces restes :

 

 

Une roue au bout d’un reste d’essieu, des amortisseurs éparpillés... Au bout, une partie d’un moteur ?

 

 

Sur un côté, une autre roue et d’autres pièces de métal. L’ensemble est étalé sur peut-être 20 ou 30 m2

Une image dans la contribution de Sandrine et Guillaume (voir la Contribution de Sandrine et Guillaume ) l’an dernier montrait les restes d’un véhicule à 4 roues. La météo de l’hiver dernier a été rude sur la côte et les fonds ont été remués. Ces objets sont sur 20 m.

 


Comment cet engin est-il arrivé jusque-là ? La falaise est bien loin. Quand ? Tombé d’un bateau ? Un coup des commandos de Collioure pendant l’un de leurs exercices ?

Si je reprends les définitions du mot « épave », peut-on considérer que ces restes en constituent une ? Ou doivent-ils être considérés comme des déchets ?

 

 

P.S. Plus loin, de très longs tuyaux de ciment gisent, propres de tout encroûtement, et le coralligène se réduit à de très petits et très espacés reliefs sur un fond sableux en pente très douce.

Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 14:54
Avec le retour du printemps, et donc l’ouverture de la nouvelle saison, la longue trêve hivernale a pris fin. Longue trêve hivernale ? Pas tant que ça. Certains ont continué à se mouiller les écailles tout au long de la saison froide. Enfin, quand je dis « se mouiller les écailles », c’est une image bien sûr ! Ils plongent en étanche, donc les écailles restent sèches…
Il y a quelques semaines déjà que j’ai accompagné François pour ma probable dernière plongée catalane du bord de l’année. Ce matin-là, nous avons décidé de ne pas nous mettre à l’eau à la plage habituelle, mais de partir un peu plus loin d’une toute petite crique, histoire de changer et de découvrir un autre petit bout de côte.


L’eau est toujours aussi fraîche et claire. Le faciès rocheux se prête bien à la recherche des petits habitants fixés. Il y a toujours quelque chose de nouveau, de différent à observer. On peut multiplier les immersions, on trouvera toujours une curiosité, un animal qu’on n’a pas eu l’habitude de remarquer. Par exemple, François attire mon attention sur une petite masse d’un vert tendre

Je dois me coller le masque contre le rocher pour détailler de très près la chose et en déduire qu’il s’agit probablement d’une ascidie coloniale. Chaque petit orifice est entouré de minuscules points blancs. Ils sont tous calibrés et presque ordonnés. Rien à voir avec les pores inhalants et exhalants de l’éponge rouge collée derrière.
Bien sûr, le doute n’est plus permis pour ce caractéristique bouquet d’ascidies.


Plus loin, c’est moi qui m’arrête sur une petite boule grosse comme un abricot, mais hérissée de tubes comme un orgue. Un affamé y a goûté, permettant de découvrir l’intérieur de l’animal. Car cette chose est bien un animal, une éponge plus précisément, qui a dû être plus grosse que l’appétit de celui qui l’a croquée.


Dans la famille des chasseurs armés de crochets venimeux, à l’inverse des anémones vertes, Cereus pedunculatus choisit toujours des recoins impossibles pour s’accrocher.


Les dents de cochon, elles, exposent leur édifice calcaire très compact et dur, par-dessus lequel les minuscules tentacules attendent la livraison à domicile d’un repas…


Dans la même très grande famille, plus élancée mais pêchant également ce qui passe à portée de tentacule, la gorgone orange est fixée au rocher et orientée selon le sens favorable du courant local pour optimiser ses chances d’attraper sa nourriture.


On pourrait négliger un autre prédateur redoutable, tant il est naturel de l’observer : l’étoile de mer. Pourtant, je m’émerveille encore devant la complexité de la structure des bras de la Marthasterias glacialis. Celle-ci n’était pas très agitée, ce qui m’a permis de la prendre en gros plan. Je ne plaisante pas, cette étoile de mer, bien que beaucoup moins véloce que ses parentes les ophiures, se déplace à vue d’œil.


Les grands spirographes comptent parmi les habitués sensibles que l’on approche délicatement. Il faut être discret et précautionneux pour observer de très près les fines lamelles filtrantes de leur panache spiralé.


Pas de crainte de voir cet autre vers se dérober brusquement à la vue du plongeur agité. La grande planaire blanche rayée va son chemin comme si nous n’étions pas là.


Il est encore un peu tôt. Calé dans une anfractuosité, ce crénilabre semble faire durer sa grasse matinée


Alors que cette petite galathée brune est bien éveillée et attentive à nos mouvements, mais sans pour autant manifester de stress, malgré les éclats de nos flashs


Le poulpe, lui n’aura pas la même sérénité. Peut-être a t-il passé une nuit blanche à chasser ? A sa place, je n’apprécierais pas non plus qu’on vienne me mettre sous les feux de la rampe de si bon matin…



Voilà, encore plus d’une heure de promenade aquatique pour les 2 paparazzi fouineurs que nous sommes, indifférents aux 11°C de l’eau dans laquelle nous avons baigné sans trop nous mouiller. Seuls les doigts sont naturellement un peu gourds. Une fois de plus, tout cela n’a été que du plaisir…
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 02:00
Dimanche matin. Le Canigou enneigé se découpe sur le ciel bleu.


Avec Ramoucho, nous avons rendez-vous aux « Roches Bleues », entre Collioure et Port Vendres. François nous y attend en compagnie des volontaires de son club de Perpignan. Nous nous équipons sur le parking de la résidence, puis nous descendons sur la plage. Durant l’hiver, la mer a rejeté sur le sable quantité d’objets, dont un tronc d’arbre. Malheureusement, je constate qu’ici aussi, les déchets en plastique sont nombreux. Partout où j’ai eu la chance d’aller au bord d’une mer ou d’un océan, même au milieu du Pacifique, j’ai toujours retrouvé dans la laisse de mer ces bouteilles, ces sacs, ces morceaux de tout et n’importe quoi jetés dans un environnement auquel ils n’appartiennent pas.


Après un peu de palmage en surface, nous nous immergeons. La visi est extrêmement réduite, pour ne pas dire que c’est la touille complète… Cap au large, nous allons chercher le coralligène sur 20 m. Déjà à 2, dont un paparazzi, il n’est pas évident de ne pas se perdre, mais alors à 2x2, dont 2 paparazzi, c’est carrément une épreuve. Pourtant, par un mystère inexpliqué, jusqu’à la fin nous arriverons à rester groupés.
Les massifs de coralligène apparaissent comme des masses sombres lorsque nous avons presque le nez dessus. Si peu de luminosité, cette eau si turbide, on se croirait en plongée sur épave. Dans cette atmosphère crépusculaire, les cérianthes (Cerianthus membranaceus) doivent penser que c’est la nuit.


Mais les lumières de nos phares n’attirent pas de petits poissons imprudents dans les tentacules. Il est trop tôt dans la saison, les poissons sont encore en vacances loin d’ici.
Dans la grande famille des cnidaires, dont j’ai présenté quelques membres précédemment, il manquait les alcyons. Sur le coralligène que nous visitons, ils sont assez nombreux, bien que de modestes dimensions. La lumière artificielle révèle leurs couleurs, comme celles des anémones encroûtantes jaunes (Parazoanthus axinellae), leurs proches parents.


Les alcyons (Alcyonium palmatum et Alcyonium acaule) n’ont pas de squelette dur comme les gorgones ou les coraux. Ils sont dressés grâce à une pression hydrostatique maintenue par certains polypes de la colonie.


Un congre et un petit poulpe, trop bien enfouis au fond du gruyère naturel que représente le coralligène, sont impossibles à immortaliser. A l’extérieur, des gorgones orange (Lophogorgia ceratophyta) servent de support au développement d’autres animaux comme ces ascidies (Diazona violacea).


Et puis il a bien fallu rentrer. A peine 61 minutes d’immersion, parce qu’on a un peu fait durer le plaisir dans quelques mètres d’eau. Nous avons ensuite regagné le port où nous avons pu rincer le matériel et le laisser s’égoutter, tandis que nous soignions à nouveau le régime de Ramoucho (coca-pizza pour lui, Banyuls-pizza pour moi). Ce jour-là régnait sur le port comme un air de printemps…



Retrouvez les images de ces derniers articles et d’autres dans l’album photo « faune sous-marine ».
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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