Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 12:49

Le bois se décompose. Les tôles rouillent, s’écroulent et disparaissent peu à peu. Sous l’action des éléments, l’épave s’affaisse, se démembre et perd sa silhouette de bateau. Souvent, la chaudière est l’élément qui persiste le plus longtemps. D’aspect massif, ce bloc pourtant évidé et plein de tubulures résiste. Parfois congre ou murène à l’intérieur, gorgones et nombreux nudibranches à l’extérieur, la chaudière du Pytheas mérite une observation minutieuse.

 

Par Homo palmus - Publié dans : Chronique
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 00:08

Fourneaux, wc, baignoire, lavabo… Ces objets n’évoquent pas en premier lieu des images de situations maritimes. Pourtant, lors de la visite des épaves, ils font souvent partie de notre promenade. Ils rappellent la vie à bord. Ils nous ramènent à la conscience que cette épave délabrée a été en activité et animée, que des hommes ont vécu là où nous déambulons. Visiteurs d’un univers fabriqué devenu récifal, nous recherchons les indices tangibles de sa vie antérieure…

 

Par Homo palmus - Publié dans : Chronique
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 22:12

Epave : nom féminin (ancien français espave, égaré, du latin expavidus, épouvanté)

- Tout objet mobilier perdu et dont le propriétaire reste inconnu.

- Objet abandonné à la mer et flottant au gré des flots ; débris sur le rivage.

- Carcasse de navire échoué sur une côte.

- Automobile accidentée ou trop usagée pour pouvoir être réparée et qui est destinée à la casse.

 

Une après-midi, Ramoucho et moi avons fait une petite ballade tous les deux. Quand cela nous arrive, nous essayons d’aller voir un peu plus loin ou ailleurs que d’habitude. Nous avons donc survolé les patates de coralligène, puis nous avons dépassé une roche isolée et en partie encroûtée et nous avons vu ces restes :

 

 

Une roue au bout d’un reste d’essieu, des amortisseurs éparpillés... Au bout, une partie d’un moteur ?

 

 

Sur un côté, une autre roue et d’autres pièces de métal. L’ensemble est étalé sur peut-être 20 ou 30 m2

Une image dans la contribution de Sandrine et Guillaume (voir la Contribution de Sandrine et Guillaume ) l’an dernier montrait les restes d’un véhicule à 4 roues. La météo de l’hiver dernier a été rude sur la côte et les fonds ont été remués. Ces objets sont sur 20 m.

 


Comment cet engin est-il arrivé jusque-là ? La falaise est bien loin. Quand ? Tombé d’un bateau ? Un coup des commandos de Collioure pendant l’un de leurs exercices ?

Si je reprends les définitions du mot « épave », peut-on considérer que ces restes en constituent une ? Ou doivent-ils être considérés comme des déchets ?

 

 

P.S. Plus loin, de très longs tuyaux de ciment gisent, propres de tout encroûtement, et le coralligène se réduit à de très petits et très espacés reliefs sur un fond sableux en pente très douce.

Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /2009 01:47

Le brouillard n’est pas très épais, il suffit à plonger l’épave dans cette ambiance cotonneuse lumineuse. A l’intérieur de l’épave, les montants encore debout semblent être des étais qui soutiennent un plafond en partie effondré. Structure sur pilotis rongés, le château s’écroule, plaque par plaque. Ne rien toucher, ne rien frotter, ne pas soulever la vase, ne pas accrocher un flexible, ne pas cogner un montant…
Ambiance cotonneuse lumineuse d’un univers fragile aux volumes imposants d’une trompeuse solidité…

Par Homo palmus - Publié dans : Chronique
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 01:36

L’étoile de mer rouge Echinaster sepositus est très commune dans nos eaux catalanes. C’est un animal qui rencontre souvent du succès lors des premières bulles. En effet, la couleur rouge vif attire immanquablement le regard et c’est enfin sous l’eau quelque chose qu’on reconnaît à coup sûr dans ce nouvel univers inconnu que l’on découvre. Le plongeur expérimenté finit rapidement par ne plus accorder qu’un regard furtif à cet animal trop banal, préférant traquer le mérou ou la langouste. Pourtant, l’étoile de mer rouge a de quoi surprendre et étonner celui qui s’intéresse un tantinet à elle.

Les étoiles de mer sont des Echinodermes, comme les oursins, les ophiures, les crinoïdes et les holothuries. Même si cela n’apparaît pas forcément toujours au premier coup d’œil, les Echinodermes sont organisés selon une symétrie pentaradiée. Et en général, l’étoile de mer rouge illustre bien cela avec ses 5 bras :

Elle se nourrit de particules mais ce n’est pas le cas de toutes les étoiles de mer qui peuvent être de redoutables prédateurs aux bras d’une force remarquable : elle serait de 10 à 25 g /mm2. Faites le calcul pour une Marthasterias glacialis de 40 cm de diamètre ayant 1,5 à 2 cm de largeur moyenne de surface de traction et vous comprendrez comment une étoile de mer peut se taper une coquille Saint-Jacques toute fraîche sous le nez de plongeurs bretons gourmands et jaloux…

Cette force est liée au système hydropneumatique développé par ces animaux pour se mouvoir. La taille et la vitesse de déplacement de l’étoile de mer glaciaire Marthasterias glacialis facilitent l’observation de la partie externe de ce système :

 

 

 

Ce système qui fonctionne par pression d’eau permet également d’adopter une position particulière en période de reproduction : l’étoile de mer rouge se redresse sur ses 5 bras.

 

Enfin, quand je dis 5 bras… Il n’est pas rare d’observer des spécimens qui ne respectent pas cette belle symétrie. Que ce soit le fait d’un accident ou d’une mauvaise rencontre avec un prédateur, l’étoile de mer peut perdre un bras, voire plus. Mais, à partir du disque central, elle est capable de régénérer les parties manquantes.

Exemples de perte d’un bras

Et d’un peu plus

Donc l’étoile de mer régénère, régénère… Et parfois elle se trompe un peu en arithmétique

 

Ou, plus curieusement, en géométrie

Aux plongeurs blasés qui ne manifestent pas la moindre réaction au cours de la plongée entre une godive orange et un mérou, je dis qu’il ne faudrait jamais perdre de son émerveillement de débutant. Même les animaux que nous croisons systématiquement et que nous considérons comme les plus banals peuvent nous étonner, pour peu que nous entretenions notre curiosité.

Par Homo palmus - Publié dans : billet faunistique
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