Plus haut, tout est clair. Plus bas, ce voile de gaze qui enveloppe l’épave. Le canon de proue émerge sur ses pattes comme un insecte monstrueux.
Nous passons au-dessus du canon bâbord avant qui retient le filet qui drape sa tourelle presque circulaire.
Et nous laissons le mât qui a la tête dans l’azur et le pied dans le brouillard
Le château disparaît entièrement sous la gaze de ce blanc bleuté, ou bleu très pâle.
A l’arrière, la mitrailleuse à double canon flotte sur cette nappe qui masque le pont en teck.
Une petite cigale a élu domicile sur l’encroûtement entre les deux canons.
Du bateau, nous n’avons vu que le mât et une partie de la proue. Tout le reste des structures visibles n’était qu’armement rajouté peu de temps avant le torpillage. Aurait-il fallu lever le voile pour que tout apparaisse dans le bleu ? Non. Un jour dégagée, un jour dans le noir, un jour dans le brouillard laiteux, un jour propre dans le château, un jour dans un linceul de gaze bleu pâle… Quelle chance de vivre toutes ces ambiances !

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