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épave

Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 02:21
Le Saint Lucien mesurait environ 80 m. Comme le Saumur, l’Astrée et l’Alice Robert, il a été torpillé durant la seconde guerre mondiale. Mais sa position de naufrage, très proche du cap Béar, n’aide pas à sa préservation face aux assauts du temps, des eaux et des pêcheurs.

En 1998 paraissaient 2 livres qui font référence en matière de documentation sur l’histoire maritime et la plongée sur les épaves de la côte Vermeille. J’ai déjà présenté Le Sommeil des Epaves ( Pour ceux qui aiment les épaves ) de Patrice Strazzera. Le second est celui d’Hervé Levano, Les Epaves de la Côte Vermeille. En plus de raconter l’histoire des navires jusqu’à leur naufrage, ils fournissent des indications pour les immersions, les itinéraires et les observations à faire sur ces vestiges. Ces récits de plongée et les photos les accompagnant datant seulement d’une décennie sont déjà des témoignages historiques permettant de mesurer l’évolution de l’état des épaves.


Il y a quelques années, la rumeur locale disait le Saint Lucien tellement écroulé et démantelé que la plongée n’était plus intéressante, voire très dangereuse. Comme toujours, il faut se méfier de la rumeur et aller se renseigner à la source…


Le Saint Lucien est posé bien droit sur sa quille sur un fond de 40 m. Le château s’est effectivement écroulé sur lui-même. La première vue est celle de tubulures d’aération dressées sur une structure aplatie et déformée.

saint lucien 310709 chateau

En arrivant au niveau de l’épave, on constate que l’affaissement a été inégal, les tôles étant plus ou moins pliées et tordues en s’écartant du centre vers les ponts.

saint lucien 310709 chateau 1 saint lucien 310709 chateau 2

Le pont avant s’est affaissé et la coque est comme rabattue vers l’intérieur. De l’enchevêtrement de tôles du château de ce côté émerge la baignoire.

saint lucien 310709 baignoire

Ce jour-là, la visi est bonne au-dessus des ponts. Mais les cales, grandes ouvertes après l’effondrement des ponts sur eux-mêmes, sont pleines de brouillard.

saint lucien 310709 pont ar

La partie la mieux conservée est la poupe, avec toute la dunette, une partie de ses appareillages et l’ensemble gouvernail-hélice.

saint lucien 310709 vers la poupe saint lucien 310709 sur la poupe saint lucien 310709 sur la poupe 1

Les auteurs des livres que j’ai cités racontaient, il y a 10 ans, soit 55 ans après le naufrage, leurs cheminements à travers les structures, dans les pièces et les cales. L’épave a beaucoup souffert durant cette dernière décennie. La poupe, bien que préservée dans ses volumes et son ensemble, est très fragilisée. Malgré cela, et contrairement aux rumeurs venant peut-être de plongeurs à l’expérience du site quelque peu réduite, le Saint Lucien mérite encore véritablement d’être visité.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 11:33
Tout bon plongeur le sait : on ne pénètre pas à l’intérieur des épaves, c’est dangereux et ce n’est pas bien… Certains nuancent en disant que si on est correctement équipé et qu’on maîtrise les techniques, on peut se lancer dans l’exploration en suivant toutes les règles spécifiques. Cependant, un point me paraît important quelles que soient les conditions et les techniques : les autres personnes de la palanquée. Donc pour cette fois, on restera à l’extérieur du château…
Glissons le long des coursives du côté bâbord.
On arrive à une petite pièce sous une citerne. Dans ce local se trouvait un petit atelier et dans ce petit atelier se trouvait un étau.
Cet outil, massif, encroûté, n’a pas résisté à une évaporation aussi subite qu’extraordinaire, évaporation qui à aussi concerné la barre sur laquelle il était fixé. J’ai parlé de cet acte de vandalisme dans un article paru dans la presse spécialisée ce mois-ci. Ce tout petit local a perdu l’élément qui lui conférait son identité.
A côté de ces parties habitables, c’est un peu le cirque. Est-ce un autre support d’armement qui est reversé ?
En prenant un peu de hauteur, la tourelle circulaire portant la mitrailleuse à double canon se détache du pont en teck en bonne partie délabré.
De ce point de vue, on se trouve sur la citerne surplombant l’atelier.
Sur la droite, un bossoir encore debout à la sortie des coursives bâbord porte des lambeaux de filet.
Quantité de débris encombrent ce qui était le pont supérieur du château. Restes de la structure, cordages, câbles et parties de filets déchirés, tout est mélangé.
En regardant vers l’angle bâbord avant, une cloison avec son ouverture d’une porte gît posée au-dessus de la passerelle.
Le bout de balisage est là. La lente ascension débute, à regret, en jetant un dernier regard sur le château et à son trou de cheminée.

Ce n’est pas grave, on reviendra très bientôt sur l’Alice Robert, après une petite visite sur… Sur ?...
Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 00:17
Le SG11-Alice Robert, ou l’Alice Robert tout court, ou le Bananier… Ce cargo coulé en 1944 est très différent des autres de la région. Il est bien conservé, recouvert de Corynactis colorés en plusieurs endroits et c’est le plus armé de toutes les épaves du secteur.
Autre caractéristique, il est le seul à posséder un mât de charge encore dressé, bien qu’écourté.

Les jours de bonne visi, descendre le long de ce mât permet de profiter des dimensions de l’épave et de choisir son point de chute. Allons vers la proue où est posé le canon pointant droit devant.

Il semble monté sur des pattes d’acier comme un crabe sur le gaillard d’avant.

Entre lui et le mât, les traverses des cales béantes rythment le pont avant sur toute sa longueur.

Que l’on choisisse de descendre ce pont par tribord ou bâbord, on rencontre immanquablement d’autres vestiges de pièces d’artillerie. Tout d’abord, ce qui devait être un petit calibre dont il ne reste du support qu’une fourche bifide.

Puis une tourelle s’élevant au-dessus du pont, au plateau de laquelle on accède par une échelle entièrement recouverte de Corynactis jaunes.

Le cerclage n’est pas rigoureusement circulaire : il est droit à l’aplomb du bastingage. Une manivelle d’orientation du canon se démarque de l’ensemble, colonisée elle aussi par ces Corynactis jaunes.

Symétriquement, côté bâbord, une autre tourelle jumelle porte un autre canon au fût reposant sur le cerclage hémicirculaire. Depuis plusieurs mois, il retient un filet à petite maille, replié, épais, recouvrant ce côté du pont jusqu’à la passerelle.

Quelques mètres plus loin, la passerelle marque le début du château aux angles arrondis.

Bien qu’en partie écroulé, il est mieux conservé que ceux de l’Astrée, du Saumur ou du Saint Lucien.

A suivre…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 23:06
Je suis à l’avant du château, au-dessus de la cassure provoquée par la torpille du sous-marin anglais. Sur ma droite, une échelle est couchée sur le pont avant entre le bastingage et les cales.

 

Face à moi, les poutrelles métalliques ayant soutenu les panneaux fermant les cales jalonnent le pont avant jusqu’à la base du mât de charge entouré des restes de manches à air décapitées.

 

Je survole les cales béantes jusqu’aux gros treuils placés de part et d’autre de ce trident ébréché.

 

Sur ma gauche, Jean Louis progresse vers la structure la plus connue de l’épave, à la proue.

 

Droit devant, je devine le gaillard d’avant dans toute sa largeur. L’une des 2 tourelles armées est encore fixée sur bâbord. Sa sœur jumelle a été démontée il y a une quinzaine d’années…

 

Approchons-nous de la mitrailleuse...

 

Sur ma droite, de beaux dentis chassent…

 

Les plongeurs entretiennent le matériel. Grâce à eux, la mitrailleuse tourne encore très bien sur son axe.

 

Dans le fond se dessine la proue. Les chaînes, passant dans les écubiers, maintiennent à poste des ancres inutiles à ce mouillage définitif…

 

Depuis un petit moment, mon ordi affiche un temps de paliers à 2 chiffres qui a tendance à augmenter plus rapidement que les minutes du temps d’immersion. Je remonte le pont avant jusqu’au château où je regagne le bout de balisage. Il est temps de rejoindre lentement la surface, le regard vers le fond où la silhouette du Saumur s’efface petit à petit…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 01:07
Cet été, en l’espace de 12 jours, je suis descendu 10 fois visiter les 4 grandes épaves accessibles de la région : le Saint Lucien, l’Astrée, le Saumur et l’Alice Robert. A une exception près, la visi a été bonne et nous avons été plusieurs habitués à signaler à celles et ceux qui venaient les découvrir pour la première fois la chance d’avoir eu pareilles conditions.  En voici des images.

L’explo du matin avait déjà été très agréable. Les 2 N2 que je devais guider à la limite de leurs prérogatives ont eu droit à une vue du château dès 20 m. Depuis celui-ci, les bases des mâts de charge encore dressées étaient visibles. Sachant que le Saumur mesure environ 100 m, que le château est en position centrale et que chaque mât se trouvait au milieu de chaque pont, cela nous donne une visi horizontale d’environ 25 m.

Triste nouveauté de cette année, alors qu’une partie du château s’est effondrée, une cloison de la salle de bain est tombée sur la baignoire.


La cuisine est la partie qui résiste encore le mieux à la dégradation.

 

A l’intérieur, les fourneaux auraient besoin d’un sérieux nettoyage ! Mais cela ne semble pas déranger le congre qui y a élu domicile.


L’explo n’a duré que le temps d’un tour de cette partie centrale. Dommage dans de telles conditions ! Certains auraient peut-être dû prendre un bi-12…

Je ne suis pas le seul à regretter de ne pas avoir passé plus de temps au fond… Donc, après les baptêmes de l’après-midi, nous y sommes retournés...

La lumière pénètre moins que le matin, mais la visi est encore bonne. Inutile de suivre le bout de balisage jusqu’à la tôle. Je me retrouve sur l’arrière à bâbord au niveau de la grosse hélice de secours posée sur le pont.


Juste à côté, je survole les treuils à la base du mât de charge.



C’est un endroit apprécié des congres de l’épave. Un premier pointe le bout de son nez entre les rouages et me regarde de son air de… Congre.


 A côté, un second sort la tête.


Remontant le pont arrière côté tribord, je gagne le château. Face à moi, le lavabo gît devant la baignoire sous la cloison écroulée.


A bâbord, la structure souffre également.


En prenant un peu de hauteur, je survole la cuisine en direction de l’emplacement de la cheminée.


Toute la partie à l’avant de la cuisine est écroulée. Il y a encore une dizaine d’années, soit plus de 50 ans après le naufrage, le château était presque intact. En l’espace d’une décennie, il a terriblement souffert. La tôle qui encerclait la cheminée pend, encore retenue côté tribord.


Je me retourne et je vois Sylvain arriver côté bâbord. Pour lui, en plus d’une belle explo, ça sera une belle session photo.


Je le laisse continuer son chemin vers de la proue, restant encore quelques instants sur place pour profiter de la vue avant de poursuivre dans la même direction…

 

A suivre...

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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