Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 13:11

 

Le bateau était amarré à l’une des bouées fixes de la Moulade, au pied du fort Miradoux surplombant Collioure. La mer était calme. Un autre bateau de plongée était amarré non loin de nous à une autre bouée.

 

Nous avons visité la faille dite « des corbs » et photographié le syngnathe qui y loge depuis quelques mois. L’explo nous a ensuite conduits sur une première patate de coralligène, puis sur une seconde distante de quelques mètres. La visi n’était pas exceptionnelle, 5 à 6 m peut-être. Nous nous sommes dirigés vers une troisième patate tout en gardant à main gauche le bas du relief rocheux, toujours entre 15 et 16 m de fond. C’est alors que nous avons vu arriver sur nous un nuage turbulent de crasse. Un gobelet en plastique déchiqueté est passé entre nous, au milieu de quantité de débris végétaux et de faune fixée arrachée. En un instant, la visi est devenue nulle. Nous nous sommes repliés vers la patate précédente. Le temps d’apercevoir le mérou qui s’y abrite depuis 2 saisons et le nuage crasseux nous avait rejoint. Nous avons regagné la roche et c’est à l’abri du canyon, sur 9 m, que nous avons retrouvé des conditions plus calmes.

 

Quelle était la raison d’un tel phénomène si soudain, si violent ? Sur le moment, je m’étais souvenu d’une expérience similaire à l’occasion d’une plongée de récupération d’objet sous le ponton dans le port. Une explication s’est présentée à notre retour en surface. A quelques dizaines de mètres à peine des bateaux de plongée, un pêcheur manoeuvrait son bateau avec vigueur, travaillant son filet après avoir déposé la balise d’une des extrémités absolument contre la roche de la Moulade.

Pardon pour la mauvaise qualité des photos, j’étais en réglages pour le fond et dans l’action, je n’ai pas pensé à les modifier.

L'extrémité du filet est contre la roche de la Moulade recouverte de quelques dizaines de cm d'eau :

balise du filet

Le pêcheur manoeuvre vivement pour travailler son filet  au-dessus du coralligène :

bateau en action de peche

La mer est petite, il n'y a pas assez de place pour tout le monde :

bateau de peche

 

Mépris du site de plongée occupé par les plongeurs présents avant lui sur place, mépris des règles de sécurité, mépris de l’écosystème de ce site, mépris de la vie humaine...


Pourquoi avoir des mouillages fixes pour ne plus abîmer les fonds ?

Pourquoi avoir un pavillon alpha et une réglementation associée censée protéger les plongeurs ?

 

« Notre religion n'a point eu de plusassuré fondement humain que le mépris de la vie. »   Montaigne, extrait des Essais

 

Quelle est la religion de ce pêcheur ? La religion, cette chose à laquelle on croit sans raison. La mer est à lui tout seul ? Les autres n’ont rien à y faire ? Et certainement le « je travaille, moi ».

 

« L'envie et le mépris sont des alliés naturels. »

Lao She, extrait d’Un fils tombé du ciel

 

Simple mépris d’un esprit borné, ou mépris d’un esprit borné peut-être un peu plus désespéré chaque jour de devoir ratisser des fonds de moins en moins productifs ?

 

Bien sûr, on peut découpler les 2 événements, le remue-ménage sous l’eau et l’activité de pêche depuis la surface pile au-dessus. Si quelqu’un avait une explication possible sur le phénomène turbulent violent localisé et brutalement apparu, ça m’intéresse, je veux bien l’entendre. Mais ça n'excuse en rien l'action de pêche.

 

Pour avoir un autre exemple de l’esprit de sympathie, de partage, de bonne humeur, de gentillesse de certains pêcheurs, il y a cette histoire : link

Par Homo palmus
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 23:56

Immobilité

 

Qui n’a pas déjà vu dans les lieux très touristiques ces personnes maquillées et déguisées qui jouent à la statue vivante ? Il en est de même dans la réserve de Cerbère-Banyuls. Ce haut lieu du tourisme subaquatique a ses statues vivantes, des mérous qui sont posés sur la roche et qui ne bougent pas d’une nageoire devant le passage fréquent de plongeurs gesticulants et bruyants. Enfin, jusqu’à une certaine limite que les rayons de la nageoire dorsale signalent. La patience du mérou n’égale tout de même pas celle d’un soldat de la garde royale britannique. Au plongeur de ne pas dépasser les bornes.

 

merou octobre

Par Homo palmus - Publié dans : mérou du mois
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 00:02

 

 

Considérons que la surface est le ciel.

Considérons que lorsque nous descendons nous nous rapprochons.

Considérons que moins on s’élève et plus il fait froid.

Considérons que l’eau est l’atmosphère de l’autre monde.

Considérons que les oiseaux sont des poissons.

Considérons que sous ces cieux lumineux s’étendent des reliefs et des océans.

Considérons que les courants sont les vents, que la météo est changeante.

 

Ce matin, nous approchons de l’Alice-Robert. La descente presque verticale ne donne pas le vertige, heureusement ! Mais ce n’est pas une épave de navire que nous trouvons. C’est un archipel d’îlots d’acier perdus sur un océan de brouillard.

 

bananier 170911 double canon 4

bananier 170911 double canon 1

 

La nappe étrangement lumineuse semble épaisse de loin, mais de plus près elle est vaporeuse bien que dense.

 

bananier 170911 canon arriere 1

bananier 170911 canon arriere 2

 

Nous n’atterrissons pas, nous poursuivons le vol d’îlot en îlot, du nord au sud, de l’arrière vers la proue.

 

bananier 170911 double canon

bananier 170911 canon de proue 1

 

Les chapelets de bulles de ceux qui se sont enfoncés dans la couche blanchâtre sont les seuls signes tangibles de leur présence à peine quelques mètres plus bas.

 

bananier 170911 canon de proue

 

De loin, le mât se dresse comme un phare éteint, repère émergeant visible des dizaines de mètres à la ronde.

 

bananier 170911 mat 4

bananier 170911 mat

 

Par moments, des masses sombres affleurent comme autant de récifs au ras de la surface.

 

bananier 170911 mat 1

bananier 170911 mat et tourelles 1

 

Considérons que nous avons changé de monde et que les règles de celui-ci sont étranges.

Considérons que les poissons ont raison de rester glisser au-dessus de ce brouillard.

Alors nous n’irons pas plonger sous ces eaux qui piègent la lumière et masquent la vue. Non, nous resterons là, planant à la surface des choses, profitant de ce pays imaginaire dont la survie est à la merci d’un souffle de courant.

Et dans tout ça, l’azote n’y est pour rien…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 23:59

Après avoir passé en revue les 12 signes du zodiaque du plongeur catalan, il est temps de révéler quel est le signe de Ramoucho. Il a bien voulu lever le voile sur cette partie mystérieuse de son individualité. Cependant, j’ai également demandé à une personne très bien placée de me donner sa vision à elle de Ramoucho. Bien évidemment, la version diffère un peu…

 

Ramoucho by himself :

« Je suis congre ascendant nudibranche »

 

Reprenons les définitions.

 

Congre : Le plongeur du signe du congre n’a pas l’air éveillé. C’est souvent dû à son activité de prédateur nocturne.

20ans ramoucho grr

L’été sera une période de forte activité pour ce plongeur devant assumer sa vie nocturne en plus de son activité diurne. Une baisse de forme surviendra fin août.

anniv thomas 3

Attention à la consommation excessive de boissons alcoolisées et gazeuses sucrées.

 

Nudibranche : Le plongeur du signe du nudibranche aime lézarder, se prélasser, voire même faire la sieste entre 2 tours de plongée.

dodo des jeunes

Il n’utilise pas souvent les couverts pour s’alimenter car 2 mains et une bouche suffisent pour engloutir un gros américain-frites. Pour cela, l’été sera une période très apprécié par ce plongeur qui profitera au maximum de la saison pour adopter un rythme catalan jalonné de monstrueux sandwiches aux teneurs en graisses affolantes.

antares rentree kebab

 

Ramoucho by Sonia :

« Il est poulpe ascendant nudibranche »

 

Poulpe : Le plongeur du signe du poulpe est d’une grande habileté manuelle et technique.

ramoucho xtrem 2

ramoucho xtrem 4

Capable de gérer plusieurs plongeurs en perdition en même temps…

 

 

 

… il sait aussi utiliser ses compétences pour de plus douces et délicates attentions. D’un naturel très attachant, l’été sera pour lui l’occasion de démontrer sa maîtrise technique sous l’eau ainsi que sa permanente envie de câlins très collants.

A team romain

 

Où est la vérité ? Les images attestent en partie de certains traits de caractère, mais elles sont tellement en dessous de la réalité ! Certains exploits très récents sont rapportés au club (des histoires de traitements de surfaces nocturnes multicouches herculéens). C’est sûr, Ramoucho garde encore une part d’ombre et de mystère que les plus tenaces zoologistes n’arriveront sans doute jamais à éclairer…

Par Homo palmus - Publié dans : zodiaque du plongeur catalan
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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 08:00

Timidité

 

Parcourant une faille, mon regard s’arrête sur une tête qui dépasse à peine d’un recoin. Je me suis trop avancé et l’animal recule dans son abri. Je me décale un peu, autant que l’étroit passage entre les roches me le permet et m’arrête assez près tout de même. Le mérou réapparaît, timidement. Il n’est pas très gros, pas très vieux. Il m’observe et je me demande bien ce que peut penser un poisson qui voit défiler des dizaines de bêtes bizarres à bulles bruyantes. L’éclat lumineux du flash ne semble pas le perturber. Je reprends ma route le long de la faille, laissant dans son recoin ce mérou timide à ses réflexions que je peine à imaginer.

 

merou septembre

Par Homo palmus - Publié dans : mérou du mois
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