Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 23:02

A la surface, le soleil brille dans l’azur. La lumière inonde le bateau et se réfléchit sur les eaux bleues en mille éclats éblouissants. A la surface, la lumière est partout.
Sous la surface, la lumière s’amenuise, s’essouffle, s’épuise jusqu’à s’éteindre. Le plus souvent, nous descendons dans le bleu lumineux vers un bleu plus profond, et parfois jusque dans le brouillard.
Le mât se dresse jusqu'à 25 m. Parfois il n’émerge même pas. Parfois, nous pouvons le suivre jusqu’au pont. Depuis la croix, nous voyons le brouillard qui nous attend.


Il nappe les structures de l’épave d’une couche cotonneuse d’un bleu ciel presque lumineux. Derrière le rideau de poissons, les contours flous des tourelles armées se dessinent.


Vers l’avant, mon regard se porte sur le canon de proue. Seul le dessus de la masse dépasse, vert sombre sur bleu clair.


Il faut s’approcher tout près pour vérifier que le métal ne s’est pas dissous dans ce fluide impalpable qui baigne l’épave et dans lequel nous rechignons à nous tremper, comme si nous craignions de nous y enfoncer et disparaître.


Sur le retour, la tourelle semble plus nette. Est-ce le jeu de mon regard qui s’est habitué à cette ambiance ? Ou le brouillard commencerait à s’écouler du pont vers le fond ?


C’est sûrement mon regard, car en face de moi, la rambarde du château émerge à peine.


Effet de la profondeur ? J’ai l’impression d’être dans un tableau de Turner, plongé dans ces brumes lumineuses enveloppant un vapeur quittant la côte au soleil levant.
Laissons le soleil s’affirmer. Il va chasser les brumes épaisses et lever le voile…
Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 00:20
De décembre à avril, les baleines à bosse vivent en Antarctique. Pendant cette période, elles se nourrissent principalement de krill qu'elles consomment en très grande quantité. Elles font des réserves de graisse car il semble qu'elles ne se nourrissent plus les 6 mois suivants. Fin avril débute la migration : elles remontent dans les eaux chaudes de l'Océan Indien où elles passeront l’été. Elles viennent se reproduire et 11 mois plus tard, lors de la prochaine migration, leur petit naîtra.

De décembre à avril, Sylvain et Sandrine vivent dans la neige des montagnes alpines. Pendant cette période, ils se nourrissent principalement de fondue, raclette et tartiflette en très grande quantité. Ils font des réserves, pourtant il semble qu’ils se nourrissent aussi richement les 6 mois suivants. Début avril débute la migration : ils descendent vers les eaux chaudes de Méditerranée où ils passeront l’été. Ils viennent se reproduire et 8 mois et des broutilles plus tard, lors de la prochaine migration, leur petite naîtra.

Tout ça pour dire que le club réouvrira le 4 avril !

Par Homo palmus - Publié dans : vie du club
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 02:00
Dimanche matin. Le Canigou enneigé se découpe sur le ciel bleu.


Avec Ramoucho, nous avons rendez-vous aux « Roches Bleues », entre Collioure et Port Vendres. François nous y attend en compagnie des volontaires de son club de Perpignan. Nous nous équipons sur le parking de la résidence, puis nous descendons sur la plage. Durant l’hiver, la mer a rejeté sur le sable quantité d’objets, dont un tronc d’arbre. Malheureusement, je constate qu’ici aussi, les déchets en plastique sont nombreux. Partout où j’ai eu la chance d’aller au bord d’une mer ou d’un océan, même au milieu du Pacifique, j’ai toujours retrouvé dans la laisse de mer ces bouteilles, ces sacs, ces morceaux de tout et n’importe quoi jetés dans un environnement auquel ils n’appartiennent pas.


Après un peu de palmage en surface, nous nous immergeons. La visi est extrêmement réduite, pour ne pas dire que c’est la touille complète… Cap au large, nous allons chercher le coralligène sur 20 m. Déjà à 2, dont un paparazzi, il n’est pas évident de ne pas se perdre, mais alors à 2x2, dont 2 paparazzi, c’est carrément une épreuve. Pourtant, par un mystère inexpliqué, jusqu’à la fin nous arriverons à rester groupés.
Les massifs de coralligène apparaissent comme des masses sombres lorsque nous avons presque le nez dessus. Si peu de luminosité, cette eau si turbide, on se croirait en plongée sur épave. Dans cette atmosphère crépusculaire, les cérianthes (Cerianthus membranaceus) doivent penser que c’est la nuit.


Mais les lumières de nos phares n’attirent pas de petits poissons imprudents dans les tentacules. Il est trop tôt dans la saison, les poissons sont encore en vacances loin d’ici.
Dans la grande famille des cnidaires, dont j’ai présenté quelques membres précédemment, il manquait les alcyons. Sur le coralligène que nous visitons, ils sont assez nombreux, bien que de modestes dimensions. La lumière artificielle révèle leurs couleurs, comme celles des anémones encroûtantes jaunes (Parazoanthus axinellae), leurs proches parents.


Les alcyons (Alcyonium palmatum et Alcyonium acaule) n’ont pas de squelette dur comme les gorgones ou les coraux. Ils sont dressés grâce à une pression hydrostatique maintenue par certains polypes de la colonie.


Un congre et un petit poulpe, trop bien enfouis au fond du gruyère naturel que représente le coralligène, sont impossibles à immortaliser. A l’extérieur, des gorgones orange (Lophogorgia ceratophyta) servent de support au développement d’autres animaux comme ces ascidies (Diazona violacea).


Et puis il a bien fallu rentrer. A peine 61 minutes d’immersion, parce qu’on a un peu fait durer le plaisir dans quelques mètres d’eau. Nous avons ensuite regagné le port où nous avons pu rincer le matériel et le laisser s’égoutter, tandis que nous soignions à nouveau le régime de Ramoucho (coca-pizza pour lui, Banyuls-pizza pour moi). Ce jour-là régnait sur le port comme un air de printemps…



Retrouvez les images de ces derniers articles et d’autres dans l’album photo « faune sous-marine ».
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 01:51
Non, la dose du week-end précédent n’a pas suffi. La météo prévoit encore de la tram assez forte. Pas de quoi freiner les ardeurs des vrais plongeurs, ceux que le non-plongeur peut légitimement classer dans la catégorie des givrés (avant même de s’être trempé dans l’eau fraîche). Ce samedi matin, je retrouve Mathieu, Fabrice et Ramoucho sur le port. Ramoucho a récupéré son matériel qui a passé l’hiver dans l’atmosphère un peu poisseuse et aromatique (mélange d’iode, de sel marin et de tout un tas de minuscules choses en lente décomposition) du club. Ce n’est pas grave s’il sent le vieux poulpe, il n’a pas encore pris son bain annuel.
Après un petit détour aux pieds de diverses fortifications locales, nous prenons la route de Banyuls. Mais la houle tape trop derrière l’île Grosse et nous décidons un repli à Paulilles.
Nous nous équipons dans la joie et la bonne humeur. L’hiver a eu des conséquences inattendues sur les organismes des plongeurs. Depuis la naissance de Lorena, Mathieu se sent léger, si léger, que même avec sa ceinture de plombs, il a du mal à garder les pieds sur terre.


Conséquences hivernales différentes chez Ramoucho : Fabrice a bien du mal à fermer la combi. Qu’est devenu le corps athlétique du super héros ? L’été approche, les admiratrices vont revenir. Il va falloir prendre des mesures…


La tranquillité de la plage n’est perturbée que par les vaguelettes. Ici, tout est calme. De nous quatre, Fabrice est le seul à ne pas plonger en étanche. Mais c’est un guerrier dans l’âme qui endurcit son organisme en vue de prochaines évaluations.


L’eau n’a pas pris un degré depuis la semaine précédente : 10°C. Nous nous éloignons en surface de la plage, jusqu’à trouver quelques mètres de fond pour nous immerger. La visi est correcte. Mais après quelques instants, nous survolons un véritable dépotoir ! Déchets plastiques, pneus, bouteilles, canettes sont regroupés au milieu de débris végétaux sur un périmètre  de quelques dizaines de m2. Effet des courants ? Cette accumulation très localisée provoque le dégoût et je peste intérieurement contre ceux de mes congénères qui méprisent le monde qui les entoure. J’attrape un sac plastique entre 2 eaux. Il faudrait une benne…


Je retrouve les habitants du site. Une fausse nacre (Pinna rudis) fermée est plantée dans le substrat.


Des planaires (Prostheceraeus giesbrechtii) tachent de mauve les rochers. Petit jeu : trouvez de quel côté est la tête !


Les ascidies naines (Clavelina nana) tapissent la roche. Quelques-unes incolores se sont glissées au milieu. Ces animaux, au développement très intéressant, sont étonnants.


Beaucoup plus grand, un beau spirographe (Sabella spallanzanii) déploie son panache à l’extrémité de son tube, indifférent au serran (Serranus cabrilla) qui lui tourne autour.


Dans une petite faille, un céphalopode a laissé sa ponte.


Dans une autre faille, une protule (Protula tubularia) a construit son tube calcaire au bout duquel elle déploie, comme le spirographe, son panache.


Sur un joli pan de roche vertical de plusieurs mètres de haut, toute une faune fixée s’est installée. Entre les éponges, les serpules, les hydraires et autres, les anémones encroûtantes jaunes (Parazoanthus axinellae) apportent une touche de couleur vive.


Sur le chemin du retour, je m’arrête sur des taches circulaires de quelques centimètres de diamètre, couleur caramel. Ce sont des bryozoaires encroûtants (Schizobrachiella sanguinea). Ces « animaux-mousses » sont de proches parents de la dentelle de Neptune, du faux corail ou encore de la rose de mer. Ils forment des colonies d’individus minuscules contenus dans des logettes, un peu comme les polypes des coraux, mais la similitude s’arrête là.


Enfin, une fois de plus, je surprends une tylodine jaune (Tylodina perversa) en plein repas.



66 minutes après l’immersion, nous faisons surface au bord de la plage, sans sensation de froid, mais tout de même les doigts gourds. Direction la douche pour rincer l’équipement, puis retour au port où Ramoucho me suggère que pour son régime d’athlète, une bonne pizza bien garnie serait la bienvenue…
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 01:24
Après le repas, le vent souffle toujours fort. Nous passons à la capitainerie pour consulter la météo. Il est annoncé force 10-11 pour le lendemain. Nous récupérons les blocs gonflés et nous partons encore plus au sud que le matin : direction Banyuls. Nous nous arrêtons juste avant la plage des Elmes.


A part les mouettes, la plage est déserte.


Ça ne se voit pas sur les images, mais au loin la mer est blanche et les embruns soulevés sont assez denses pour créer un arc-en-ciel au-dessus des vagues. La plongée se fera à l’abri du vent, le long des roches.


Nous constatons rapidement que la visi est beaucoup plus mauvaise que le matin. Même à l’abri, nous ressentons au fond les mouvements de la houle.


Nous scrutons les rochers à la recherche de la petite bête, comme d’habitude. De toute façon, même s’il en passait une très grosse à quelques mètres, nous ne la verrions pas. Pour la voir, il faudrait qu’elle soit très grosse et trop près, ce qui serait gênant : impossible à prendre en photo !
Ici aussi, il y a des élysies (Elysia timida) à petits points.


Ici également, les ophiures noires (Ophiocomina nigra) prolifèrent.


Une femelle tripterygion (Tripterygion delaisi) prend la pose pour François. Elle a l’amabilité de rester pour moi aussi.


Une holothurie à pointes blanches (Holothuria polii) est posée à côté d’un de ses proches parents échinodermes plus piquant.


Des histoires de membres d’une même grande famille qui piquent, c’est ce que l’on trouve chez les cnidaires. Il y le cérianthe (Cerianthus membranaceus) qui fabrique un tube muqueux planté dans le substrat.


Plus petite (environ 2 cm), mais construite en dur, la dent de cochon (Balanophyllia europaea) est un madrépore solitaire


Plus élancée, la gorgone orange (Lophogorgia ceratophyta) se reconnaît à sa finesse et à ses ramifications droites.


Et bien sûr, il y a l’anémone verte (Anemonia sulcata), très urticante, sauf pour quelques habitués comme le petit crabe des anémones (Inachus phalangium) qui se cache ici à l’ombre des tentacules.


Tous ces cnidaires sont armés pour harponner ce qui vient se frotter.
Dans ce monde impitoyable, d’autres prédateurs rodent. J’ai déjà présenté la tritonia rayée (Tritonia striata) (voir Nudibranches (9) ), minuscule nudibranche qui se nourrirait de polypes de cnidaires.


Plus grosse et mal cachée sous sa coquille en forme de bouclier encroûté, cette tylodine jaune (Tylodina perversa) est prise en flagrant délit de grignotage d’éponge jaune (Verongia aerophoba) (voir Nudibranches ? (4) ).



L’eau ne s’est pas réchauffée depuis le matin et il commence à se faire tard. Après 67 minutes, nous émergeons sur la plage toujours déserte. Au loin, la mer est peut-être encore plus blanche.
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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