Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 00:01
La plongée ne connaît pas les frontières. La grande communauté des plongeurs est au-dessus des différences de pays et de cultures. Certains sont attachés à leur coin de mer ou d’océan (exotism is dead, dive local !). D’autres migrent régulièrement, souvent plus au sud. C’est le cas de Laura, jeune et charmante plongeuse belge qui fréquente Antares Sub chaque été et cause parfois quelques troubles… ;-) La saison dernière, c’est Ramoucho qui a eu un coup de chaud (voir Carte postale d’Argelès-sur-mer : Ramoucho et la belle). On n’a jamais su s’il s’était vraiment remis. En tout cas, il bave nettement moins ces derniers temps et il ne semble plus avoir d’absences. Craignant que la disparition de ces signes coïncide avec une déprime cachée, inavouable de la part d’un super héros, j’ai demandé à la belle de faire une dédicace spéciale à la bête :D
Voici, rien que pour toi Ramoucho :



Maintenant c’est bon, tu peux arrêter de grimper aux rideaux. Redescends, tu vas finir par casser quelque chose :D

Par Homo palmus - Publié dans : Belgique
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 02:02
Comment en suis-je arrivé là… ?  Je suis dans un train, après un premier, avant une voiture, avant 2 autres trains, puis une autre voiture, puis encore une voiture et à nouveau un train, qui sera suivi d’un autre, puis d’un dernier. Voilà à quoi on s’expose quand on va au salon de la plongée et qu’on est faible côté résistance au désir de se plonger dans des eaux inconnues…
Il y a 2 mois, entre un banyuls, une piscine et 3 alsaciennes, Franck me proposait, à l’occasion de son vieillissement annuel, de me joindre à ceux de son club alsacien volontaires pour une sortie à Nemo 33. Ne connaissant que les eaux chaudes et claires des carrières wallonnes, et donc tenté par une nouvelle histoire belge, je me laissai convaincre…
Voilà comment j’en suis arrivé là…


J’emprunte à nouveau un itinéraire ferroviaire que j’ai fait tant de fois, il y a tant d’années… Alors que le train ralentit à l’approche de Strasbourg, je reçois un sms de Vanessa. Elle me précise qu’avec Sabrina, elles m’attendent dans le hall 2. Je ne me souvenais même plus qu’il y avait plusieurs halls… J’ai quitté cette ville à l’époque du creusement pour le tram. De l’extérieur, je n’aurais pas reconnu la gare, sa façade de pierre emballée dans une grande verrière d’acier.








Elles ont eu la gentillesse de venir me chercher pour m’emmener chez Franck, d’où nous devons partir pour le point de rendez-vous où la répartition pour le covoiturage doit être faite. Quelques minutes plus tard, nous débarquons chez leur « petit apprenti moniteur préféré » qui manifestement n’a pas terminé sa soirée d’anniversaire depuis très longtemps.




En quelques minutes, il est presque prêt et sa colocatrice d’un soir également. Nous quittons donc son logement, sachant qu’il faudra faire le ménage au retour… Franck, probablement un peu altéré par son vécu catalan, a une notion très relative de la ponctualité, ce qui lui est notifié à notre arrivée au point de rencontre. Mais nous ne sommes pas à une minute ou deux. Enfin, le départ est donné. Au passage, j’ai droit à une vue sur leur gravière dont j’ai tant entendu parler et que je me promets de venir visiter, n’ayant jamais plongé dans ce type d’environnement aquatique. Je ne devrais pas être si faible avec le désir d’immersion…


Très concentré malgré sa courte nuit agitée, notre chauffeur silencieux exprime néanmoins toute l’envie qu’il a de nous emmener sur les routes d’Alsace, puis de Lorraine, du Luxembourg et de Belgique.


Je passe sur l’arrêt casse-croûte au Luxembourg (y compris pour les chevaux de la voiture, l’avoine y étant bien moins chère). Mais je souhaite relever l’arrêt chez nos voisins belges. Une heure pile après notre départ de l’arrêt-repas, selon la volonté de Sabrina (qu’il ne vaut mieux pas énerver), j’avise une aire d’autoroute. Je m’y engage et gare la voiture. Sabrina avait exigé une pause 1 heure plus tôt en prévision d’un futur besoin naturel à satisfaire. Nous voici sur une aire d’autoroute… Sans toilettes ! Absolument inimaginable pour tout français voyageur, y compris un alsacien ! Nous aurons l’explication par une autochtone le soir même : « notre pays est très petit, pas besoin d’installer des toilettes, on est vite chez soi ». Pas très grave, les envies ne sont pas si pressantes et malgré tout, Sabrina peut retrouver son « petit apprenti moniteur préféré », très en forme, qu’elle n’a pas vu depuis tout un tas de minutes (60 au total).


La première fois que j’ai voyagé à bord d’une voiture équipée d’un GPS, c’était justement pour aller à Bruxelles. Et le GPS s’était perdu, nous faisant tourner en rond autour d’un immeuble… Cette fois, il y a à bord non seulement Vanessa, mais son copain Tom Tom. Nous ferons beaucoup appel à ses dons de vue satellite, que Vanessa aura l’amabilité de nous traduire tout au long du week-end. Nous passons devant Nemo 33 et trouvons l’hôtel. Un repère est vite noté : entre les deux se dresse une centrale nucléaire. Les formalités d’hébergement réglées, nous posons nos sacs et partons pour une visite touristique du centre ville.


Peu à peu, des souvenirs me reviennent. Je dirige notre petit groupe vers la grande galerie couverte. La dernière fois que j’y suis passé, une vache ailée était suspendue dans les airs.












Plus de vache ailée, mais toujours des boutiques très alléchantes. Franck, plus attiré par les nourritures spirituelles (une fois n’est pas coutume), s’abandonne dans un fauteuil.















A ceux qui auraient cru à une soudaine métamorphose improbable, je précise que ça n’a pas duré plus de quelques secondes, les autres étant entrés dans l’une des nombreuses boutiques de chocolats…


Et forcément, ils ont voulu goûter les produits régionaux.


Quittant la galerie par l’équivalent bruxellois de la rue de la Huchette parisienne (les rabatteurs y sont encore plus insupportables), nous gagnons la Grand Place. Après « candélabre », Franck apprend ici un nouveau mot : beffroi.


C’est assurément une image que tout bon touriste se doit d’immortaliser.


Face à l’hôtel de ville, la Maison du Roi au-dessus de laquelle passent les avions, contraste historique saisissant…


… Et devant laquelle les filles s’étonnent en voyant l’acquisition de leur copine : des manneken pis qui se mangent…


Nous partons en quête du vrai, du seul, de l’unique, du symbole de toute une ville :


Oui, c’est la petite chose déguisée au fond. A mon sens, et je les avais prévenus, le plus intéressant aspect culturel de ce bout de rue, c’est le vendeur de gaufres juste à côté.



En avance sur l’horaire pour le resto, nous avons tranquillement remonté la rue, retraversé la Grand Place sous le ciel s’assombrissant


Puis poussé un peu plus loin jusqu’à la cathédrale.


Je passerai sur quelques menus détails strictement organisationnels concernant le resto (on ne va pas lui faire de pub, même pas celle qu’il mériterait). Nous avons retrouvé Laura et sa sœur, les autochtones de cette histoire belge. Franck a proposé à Laura, habituée d’Antarès en été (voir Carte postale d’Argelès-sur-mer : Ramoucho et la belle ), de se joindre au groupe. Nous nous installons, non loin de là, dans un autre petit resto où finalement je dégusterai un très bon saumon au miel.


Fêtard insatiable, aidé de ses informatrices locales, Franck a traîné tout le monde dans un bistrot pour évidemment y trouver des produits locaux fermentés.


On ne sait pas toujours avec quoi sont faites les boissons aux noms curieux, mais même les plus inoffensives en apparence (jus de quelque chose) peuvent avoir des effets euphorisants.


Nous avons été raisonnables et avant 2h du matin, nous étions au lit. Franck aura tenté jusqu’au bout de suggérer des réarrangements nocturnes, mais bien forcé de constater le clair, net et irrévocable cri du cœur de Sabrina, je resterai avec le ronfleur qu’il est…
Le rendez-vous à Nemo 33 est fixé à 10h, pour une immersion à 11h.
Par Homo palmus - Publié dans : Belgique
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 15:37
4 albums, Alice Robert, Astrée, Saumur et Saint Lucien ont été mis en ligne. Ils regroupent les images des articles sur ces épaves plus quelques autres, soit un total d’environ 220 photos. Elles ont été collectées ces deux dernières années au cours de la soixantaine d’immersions que j’ai pu faire depuis que j’ai de quoi rapporter ces souvenirs que je peux partager visuellement sur ces 4 vestiges chargés d’histoire. A consommer sans modération…
Que l’azote soit avec vous !
Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 01:38

Un dernier tour. Rapprochons-nous du mât. La météo a encore évolué : il est visible sur toute sa hauteur, soit près de 15 m.


En dessous, une plongeuse contemple les structures du pont totalement dégagées du brouillard.


Planant au-dessus du pont, je regarde le mât cette fois enveloppé par les bulles des plongeurs.


En m’approchant jusqu’au filet tendu à sa base, je vois la tourelle tribord libre des brumes lumineuses.


Je chemine jusqu’au canon de proue. Il est totalement dégagé des brumes épaisses, comme les chaînes qui descendent à son pied dans les écubiers.


Je  dépasse le bastingage. L’ancre bâbord est encore à poste. Plus bas, le brouillard s’est replié sur le fond, une dizaine de mètres en contrebas


Remontant le pont en direction du château, je croise la tourelle avant bâbord, seulement entourée de poissons.


Toujours longeant le flanc bâbord, dépassons la passerelle pour trouver les bossoirs auxquels ne pendent plus de chaloupe, mais des lambeaux de filets.


Sur le pont arrière, la tourelle de la mitrailleuse à double canon est visible dans sa totalité. Le brouillard ici aussi a fui.


Puisqu’il fait beau, glissons nous à l’intérieur. De nombreuses lattes manquent au pont, laissant la lumière pénétrer. Au-dessus de nos têtes, une échelle tombée brise la géométrie de l’agencement du plancher troué devenu plafond ajouré.


Pans écroulés, plafond effondré, cordages accrochés, le déplacement doit se faire calculé.


Ressortons pour profiter de la vue sur le flanc bâbord : pont inférieur, bossoirs sur le pont supérieur et au loin devant, l’angle de la timonerie.


Les anthias semblent affectionner l’endroit. Il ne reste que la nuée de poissons pour envelopper l’épave.


Cette fois, il faut remonter. Un dernier regard sur le château.


Sans son enveloppe de brouillard, l’épave est révélée dans son état de navire perdu, abandonné aux éléments, ruiné et écroulé. Fini le mystère du brouillard confondant bateau, ciel et eau. La réalité s’impose. Je vois le Bateau Cassé de Lepic, échoué sur le sable. Pourtant, qui nierait que l’épave conserve en elle l’attrait d’un mystère qui lui est propre ?

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 02:05
Reprenons depuis le début. Le château est pris dans le nappage mouvant. Remontons au sommet du mât et observons les formes indécises baignées de ce brouillard épais et lumineux. Cette fois, les tourelles latérales émergent suffisamment pour que leurs contours soient visibles.


A quelques mètres au-dessus du pont, les armements et le cerclage de la tourelle tribord sortent totalement du brouillard qui semble se replier à l’extérieur de l’épave.


Refaisons un tour, histoire de voir si le repli est général. Parvenu au canon de proue, le recul est confirmé. Lui aussi est libéré de l’enveloppe et il émerge entier, empaqueté de filets arrachés. De cet emballage, il ne se défera plus.


Demi-tour. Longeant le côté bâbord, la tourelle avant bâbord est vite atteinte. Elle semble un peu moins nettoyée que sa sœur jumelle sur tribord. Mais ici aussi, le brouillard se retire.


Poursuivons jusqu'au château. Là aussi, le voile se déchire et les structures quittent le bleu clair lumineux et opaque pour le bleu profond et limpide. Peu à peu, le dessus du château se découvre, puis le haut des montants de la passerelle.


Plus loin en direction de la poupe, la mitrailleuse à double canon ne sort pas encore autant que ses sœurs du pont avant.



Sur l’Alice Robert, le temps passe et change rapidement. Avec le brouillard qui se retire, le voile se déchire. Je pense à Monet, je vois Impression, soleil levant. Dans la lumière qui gagne peu à peu, se précisent les bateaux…


Par Homo palmus - Publié dans : épave
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