Comment en suis-je arrivé là… ? Je suis dans un train, après un premier, avant une voiture, avant 2 autres trains, puis une autre voiture, puis encore une voiture et à nouveau un train, qui
sera suivi d’un autre, puis d’un dernier. Voilà à quoi on s’expose quand on va au salon de la plongée et qu’on est faible côté résistance au désir de se plonger dans des eaux inconnues…
Il y a 2 mois, entre un banyuls, une piscine et 3 alsaciennes, Franck me proposait, à l’occasion de son vieillissement annuel, de me joindre à ceux de son club alsacien volontaires pour une
sortie à Nemo 33. Ne connaissant que les eaux chaudes et claires des carrières wallonnes, et donc tenté par une nouvelle histoire belge, je me laissai convaincre…
Voilà comment j’en suis arrivé là…
J’emprunte à nouveau un itinéraire ferroviaire que j’ai fait tant de fois, il y a tant d’années… Alors que le train ralentit à l’approche de Strasbourg, je reçois un sms de Vanessa. Elle me
précise qu’avec Sabrina, elles m’attendent dans le hall 2. Je ne me souvenais même plus qu’il y avait plusieurs halls… J’ai quitté cette ville à l’époque du creusement pour le tram. De
l’extérieur, je n’aurais pas reconnu la gare, sa façade de pierre emballée dans une grande verrière d’acier.
Elles ont eu la gentillesse de venir me chercher pour m’emmener chez Franck, d’où nous devons partir pour le point de rendez-vous où la répartition pour le covoiturage doit être faite. Quelques
minutes plus tard, nous débarquons chez leur « petit apprenti moniteur préféré » qui manifestement n’a pas terminé sa soirée d’anniversaire depuis très longtemps.
En quelques minutes, il est presque prêt et sa colocatrice d’un soir également. Nous quittons donc son logement, sachant qu’il faudra faire le ménage au retour… Franck, probablement un peu altéré
par son vécu catalan, a une notion très relative de la ponctualité, ce qui lui est notifié à notre arrivée au point de rencontre. Mais nous ne sommes pas à une minute ou deux. Enfin, le départ
est donné. Au passage, j’ai droit à une vue sur leur gravière dont j’ai tant entendu parler et que je me promets de venir visiter, n’ayant jamais plongé dans ce type d’environnement aquatique. Je
ne devrais pas être si faible avec le désir d’immersion…
Très concentré malgré sa courte nuit agitée, notre chauffeur silencieux exprime néanmoins toute l’envie qu’il a de nous emmener sur les routes d’Alsace, puis de Lorraine, du Luxembourg et de
Belgique.
Je passe sur l’arrêt casse-croûte au Luxembourg (y compris pour les chevaux de la voiture, l’avoine y étant bien moins chère). Mais je souhaite relever l’arrêt chez nos voisins belges. Une heure
pile après notre départ de l’arrêt-repas, selon la volonté de Sabrina (qu’il ne vaut mieux pas énerver), j’avise une aire d’autoroute. Je m’y engage et gare la voiture. Sabrina avait exigé une
pause 1 heure plus tôt en prévision d’un futur besoin naturel à satisfaire. Nous voici sur une aire d’autoroute… Sans toilettes ! Absolument inimaginable pour tout français voyageur, y compris un
alsacien ! Nous aurons l’explication par une autochtone le soir même : « notre pays est très petit, pas besoin d’installer des toilettes, on est vite chez soi ». Pas très grave, les envies ne
sont pas si pressantes et malgré tout, Sabrina peut retrouver son « petit apprenti moniteur préféré », très en forme, qu’elle n’a pas vu depuis tout un tas de minutes (60 au total).
La première fois que j’ai voyagé à bord d’une voiture équipée d’un GPS, c’était justement pour aller à Bruxelles. Et le GPS s’était perdu, nous faisant tourner en rond autour d’un immeuble… Cette
fois, il y a à bord non seulement Vanessa, mais son copain Tom Tom. Nous ferons beaucoup appel à ses dons de vue satellite, que Vanessa aura l’amabilité de nous traduire tout au long du week-end.
Nous passons devant Nemo 33 et trouvons l’hôtel. Un repère est vite noté : entre les deux se dresse une centrale nucléaire. Les formalités d’hébergement réglées, nous posons nos sacs et partons
pour une visite touristique du centre ville.
Peu à peu, des souvenirs me reviennent. Je dirige notre petit groupe vers la grande galerie couverte. La dernière fois que j’y suis passé, une vache ailée était suspendue dans les airs.
Plus de vache ailée, mais toujours des boutiques très alléchantes. Franck, plus attiré par les nourritures spirituelles (une fois n’est pas coutume), s’abandonne dans un fauteuil.
A ceux qui auraient cru à une soudaine métamorphose improbable, je précise que ça n’a pas duré plus de quelques secondes, les autres étant entrés dans l’une des nombreuses boutiques de
chocolats…
Et forcément, ils ont voulu goûter les produits régionaux.
Quittant la galerie par l’équivalent bruxellois de la rue de la Huchette parisienne (les rabatteurs y sont encore plus insupportables), nous gagnons la Grand Place. Après « candélabre », Franck
apprend ici un nouveau mot : beffroi.
C’est assurément une image que tout bon touriste se doit d’immortaliser.
Face à l’hôtel de ville, la Maison du Roi au-dessus de laquelle passent les avions, contraste historique saisissant…
… Et devant laquelle les filles s’étonnent en voyant l’acquisition de leur copine : des manneken pis qui se mangent…
Nous partons en quête du vrai, du seul, de l’unique, du symbole de toute une ville :
Oui, c’est la petite chose déguisée au fond. A mon sens, et je les avais prévenus, le plus intéressant aspect culturel de ce bout de rue, c’est le vendeur de gaufres juste à côté.
En avance sur l’horaire pour le resto, nous avons tranquillement remonté la rue, retraversé la Grand Place sous le ciel s’assombrissant
Puis poussé un peu plus loin jusqu’à la cathédrale.
Je passerai sur quelques menus détails strictement organisationnels concernant le resto (on ne va pas lui faire de pub, même pas celle qu’il mériterait). Nous avons retrouvé Laura et sa sœur, les
autochtones de cette histoire belge. Franck a proposé à Laura, habituée d’Antarès en été (voir
Carte postale d’Argelès-sur-mer : Ramoucho et la belle ), de se joindre au groupe. Nous nous
installons, non loin de là, dans un autre petit resto où finalement je dégusterai un très bon saumon au miel.
Fêtard insatiable, aidé de ses informatrices locales, Franck a traîné tout le monde dans un bistrot pour évidemment y trouver des produits locaux fermentés.
On ne sait pas toujours avec quoi sont faites les boissons aux noms curieux, mais même les plus inoffensives en apparence (jus de quelque chose) peuvent avoir des effets euphorisants.
Nous avons été raisonnables et avant 2h du matin, nous étions au lit. Franck aura tenté jusqu’au bout de suggérer des réarrangements nocturnes, mais bien forcé de constater le clair, net et
irrévocable cri du cœur de Sabrina, je resterai avec le ronfleur qu’il est…
Le rendez-vous à Nemo 33 est fixé à 10h, pour une immersion à 11h.
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