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épave

Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 10:13

 

 

 

Il y a un peu plus de 2 ans et demi, je racontais l’histoire de la première plongée sur l’Amandine enfin trouvée (voir Il était une fois… ). Depuis, l’épave n’avait plus reçu notre visite. Un matin en ce début du mois de mars, alors que les conditions météo étaient idéales, Sylvain a eu envie de retourner sur le site. Nous voilà donc partis sur la mer d’un beau bleu et très calme.

 

amandine 060311 depart

 

Au milieu de nulle part, la gueuse est jetée. Le fond sablo-vaseux est uniformément plat et la visi est inconnue. Nous avons donc le risque de nous retrouver dans la touille comme la dernière fois. La descente commence et, 35 m plus bas, nous sommes sur le fond. La visi est correcte malgré la faible luminosité. Pas de trace de l’épave… Après quelques instants de recherche, une belle vérétille signale une extrémité de l’épave.

 

amandine 060311 approche

 

La situation a bien changé. L’épave s’est considérablement envasée. Il ne semble plus émerger qu’une longueur de coque sur le côté.

 

amandine tacauds coque

amandine 060311 spirographes 2

 

Dans leur majorité, les cavités qui abritaient les congres et les tacauds sont sous la vase. Les nombreux filets qui servaient de support aux belles comatules colorées sont également partiellement enfouis.

 

amandine tacauds filet

amandine tacauds et spirographes

 

Même les ascidies blanches ont disparu. Les spirographes sont encore là, en gros bouquets.

 

amandine 060311 spirographes 3

amandine 060311 spirographes

 

De même, les éponges qui étaient sur les parties les plus extérieures sont toujours visibles.

 

amandine eponge

 

Quant aux tacauds, ils sont encore présents. Mais au lieu de rester cachés sous les structures, ils tournent en banc autour de nous.

 

amandine francois

amandine francois tacauds

amandine 060311 tacauds

 

 

 

François, l’œil toujours attiré par les petites bêtes, m’indique un beau pagure se promenant sur l’édifice.

 

amandine pagure

 

Des petits coquillages en grande quantité sont amassés partout contre les planches. A l’autre extrémité des vestiges, une chaine part en ligne bien droite. Nous la suivons mais elle s’enfonce dans le substrat avant que nous ayons pu trouver l’ancre.

 

amandine chaine

 

A proximité se dresse une belle pennatule.

 

amandine pennatule

 

La plongée sur les fonds sablo-vaseux est particulière. Il est possible que bon nombre de plongeurs la dénigrent, pensant que l’absence de roche ou de relief est synonyme d’absence d’intérêt. Pourtant, il y a une foule de choses à observer dans cet environnement lunaire. Et ce n’est pas mon binôme du jour qui dira le contraire !

 

amandine palier

 

Quant à l’Amandine, l’évolution est peut-être transitoire selon les mouvements du substrat au gré des courants et de l’agitation. Il faudra retourner régulièrement pour suivre l’évolution. Au pire, si elle disparaît entièrement, elle sera préservée de la dégradation et constituera un site archéologique quand la Méditerranée se sera fermée et que ses eaux se seront évaporées. C’est pas pour demain, après demain peut-être…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 10:05

 

On laisse traîner vraiment n’importe quoi sous l’eau. Je doute que cet engin de terrassement ait été nettoyé afin d’éviter toute pollution locale. Cette pelle mécanique aurait été utilisée pour les travaux d’aménagement de l’émissaire évacuant les eaux sortant de la station d’épuration de Banyuls, selon ce qui est indiqué sur la page de Franck Gentili (link). Je ne sais pas si ces événements ont eu lieu avant la création de la réserve marine (1974) où se situe l’action.

Cela faisait des années que j’avais envie d’aller voir cette épave un peu insolite. François avait déjà repéré le site et comme il était motivé, il m’a emmené voir la bête.

Les récents travaux d’enrochement entre le labo et l’île Grosse (qui n’est plus une île depuis longtemps) ne facilitent plus la mise à l’eau. Il faut partir de plus loin sur la jetée. Ce jour-là, la mer est belle et l’opération n’est pas trop difficile.

 

pelleteuse 050311 francois

 

Rapidement, nous descendons dans des failles bien colonisées.

 

pelleteuse 050311 cereus pedunculatus

pelleteuse coryphelle

pelleteuse plumules

pelleteuse spirographe

 

L’ambiance doit être agréable en pleine saison.

François dirige les opérations et nous arrivons à un point de repère à partir duquel nous allons changer de trajectoire. C’est une grosse masse métallique qui doit être le reste d’une chaudière.

 

pelleteuse chaudiere

pelleteuse 050311 chaudiere 2

 

Il y aurait eu à cet endroit une épave ? Pas impossible vu les roches et la proximité du port de Banyuls. C’est un gros cylindre avec une excroissance. Sur une face, les tubulures sont bien concrétionnées mais néanmoins visibles.

 

pelleteuse 050311 chaudiere 1

 

Dans l’excroissance latérale, une petite ouverture laisse apercevoir le congre qui a élu domicile dans cet abri.

 

pelleteuse congre

 

Nous laissons la chaudière pour suivre une isobathe afin de ne pas rater la pelle mécanique. La visi n’est pas excellente, l’eau est laiteuse et il serait facile de passer à côté. D’ailleurs, nous passons à côté avant de faire demi-tour, de prospecter à nouveau et de trouver la Chose. Elle se fond assez bien dans le paysage et vu de loin, on pourrait penser qu’elle fait un honorable rocher. Le bras est couché sur le côté droit. Il manque toujours une dent au godet.

 

pelleteuse 050311 godet

pelleteuse 050311 godet 1

 

Le poste de commande est méconnaissable.

 

pelleteuse 050311 poste

 

La potence qui suspendait les câbles d’alimentation est toujours dressée.

 

pelleteuse commandes

pelleteuse 050311 francois fin

 

Les chenilles se fondent progressivement dans la masse encroûtée.

 

pelleteuse 050311 corps

 

L’incongruité de la Chose dans ce lieu disparaît lentement avec le temps. Comme toute épave, la pelle mécanique est absorbée, assimilée par son environnement.

 

pelleteuse 050311 arriere 1

pelleteuse 050311 arriere

 

Nous la quittons. Sur le retour, François déniche un poulpe qui essayait d’échapper à son regard aiguisé.

 

pelleteuse poulpe

 

Nous finissons le retour en surface le long des rochers de l’île Grosse. La mer est calme, il fait beau, l’air est doux. La sortie n’est pas trop acrobatique.

 

pelleteuse 050311 sortie

 

C’était une belle promenade très peu profonde sur un site insolite que j’avais envie de découvrir depuis longtemps. Il faudrait y retourner durant l’arrière saison lorsqu’il n’y a plus beaucoup de touristes mais que l’eau claire et chaude est pleine de poissons.

 

Merci à François pour ses photos

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 02:57

 

Durant des mois, pas une semaine ne s’était écoulée sans un mail me tenant informé de l’état de la mer, de sa température, de toutes ces choses étranges à identifier sur la base de photos prises le week-end. Moi, loin de la mer, devant mon agenda, je regardais d’éventuelles futures possibilités de retourner à l’eau. Depuis au moins 6 ans, ma trêve hivernale n’avait pas été si longue à supporter.

D’habitude, les plongées hivernales se faisaient du bord, tranquillement. Cette fois, la possibilité d’une épave avait été évoquée. La veille au soir, j’ai appris que c’était confirmé pour le lendemain matin, à 8h. Est-ce que ça n’allait pas être un peu rude comme reprise ?

Beau temps, mer calme. La neige rehausse la silhouette du Canigou sur fond de ciel bleu alors que le bateau prend la direction du Bananier.

 

bananier 050311 canigou

 

Sur zone, tout est calme. Le léger courant en surface ne perturbe pas la descente. Par contre, l’eau est chargée et la luminosité baisse fortement à mesure que nous descendons. Au fond, alors que nous arrivons sur le canon de proue, il fait très sombre. Le léger courant de surface est encore présent. J’avance sur les premiers mètres et j’aperçois une chose étrange :

 

bananier 050311 ambiance

 

J’imagine alors ce que pourrait penser un(e) plongeur(euse) un peu narcosé(e) si, dans sa mémoire ouatée, des images de films de science-fiction décidaient alors de revenir flotter à la surface de la mémoire embrouillée…

Rien de tout ça. C’est simplement Catherine, la vidéaste de la palanquée, qui s’approche avec les 2 phares fixés sur son caisson vidéo (link).

 

Nous passons la tourelle du canon tribord avant pour gagner le château.

 

bananier 050311 canon tribord

 

Je veux savoir ce qui a pu changer durant l’hiver depuis l’écroulement de novembre 2010. Le château s’est bien aplati, perdant ainsi presque la hauteur d’un niveau. Malgré la visite dangereuse, les ambiances y étaient mystérieuses et attirantes les jours de belle luminosité.

J’ai aussi des questions qui attendent des réponses suite à la comparaison des photos de l’Alice Robert au début des années 40 (voir Les couleurs du passé (suite) ). Derrière les coursives, je compte 2 bossoirs côté tribord, un encore debout et tourné vers l’extérieur et l’autre couché sur le pont.

 

bananier 050311 bossoir tribord

 

Je n’en ai pas vu d’autres, mais les conditions n’étaient pas idéales. Pour le moment, le mystère de la fixation de la seconde chaloupe côté tribord reste entier…

Sans éclairage, l’ambiance est au vert sombre et un bon éclairage révèle un peu les couleurs de la vie fixée, comme sur les restes de tuyauterie.

 

bananier 050311 arriere chateau

 

La promenade s’achève autour de la tourelle du double canon arrière.

 

bananier 050311 double canon

 

Lente remontée, paliers dans l’eau chargée où nous croisent des cnidaires et des cténaires, puis retour au soleil. L’eau est à 11°C et le thé chaud (avec du quatre-quarts pour récupérer quelques calories) est agréable.

C’était la première de 2011. Moins d’1h30 plus tard, je me réimmergeais avec plaisir accompagné de 2 volontaires pour une formation. Et l’après-midi… On verra ça plus tard…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 21:48

 

 

Après la constatation de l’écroulement partiel du château (voir Jour sombre ) et la découverte de la toile représentant l’Alice Robert en 1941 (voir Les couleurs du passé ), j’avais joué au jeu des 7 erreurs entre les rares documents d’époque (voir Les couleurs du passé (suite) ). Les images témoignent et, concernant les épaves, elles racontent une histoire qui s’efface avec l’évolution de l’état, avec le temps qui passe. L’archéologie contemporaine est récente, sans doute méconnue et peut-être même mal considérée. La perte d’informations qui nous sont contemporaines est sournoise car permanente et parfois insensible. Et l’évolution peut aller très vite, voire s’accélérer. Alors, pour illustrer ce fait, voici sans prétention un petit rappel en images concernant les dernières années d’une partie précise de notre cher Bananier.

 

Les quelques photos prises 10 ans après le naufrage montrent quelques vues d’une épave en très bon état de conservation avec sa cheminée encore en place. Lorsque je découvre en images l’Alice Robert, il y a une douzaine d’années dans le livre Le Sommeil des Epaves (voir Pour ceux qui aiment les épaves ), l’épave est déjà bien encroûtée et couverte de lambeaux de filets et de filins. La face avant du château, bien qu’abîmée, garde une partie du parement métallique de la passerelle. Deux ans plus tard, au tournant du siècle, ce parement est tombé sur le pont avant et la cloison commence à se trouer autour des hublots (Le Sommeil des Epaves - Souvenirs, Patrice Strazzera).

Six ans plus tard, en 2006, je tente de prendre mes premières photos du Bananier. La tôle a tant été rongée qu’il ne reste presque plus que les montants de la façade côté bâbord.

2006-alice robert

 

2007. Rien ne semble avoir changé, si ce n’est que ce côté est plus atteint que l’autre. Pourquoi ? L’angle avant bâbord se transforme en une structure très ajourée, mais qui semble se tenir. Trompeuse apparence…

160607passerelle exterieur

160607passerelle

bananier180807 6

 

2008. L’impression se confirme : le château est tellement ajouré que l’on pourrait penser qu’il était complètement vitré là où il était seulement percé de 6 hublots et 2 portes sur toute la largeur. La structure ne montre pas de déformation.

bananier 061008 passerelle

bananier-passerelle 2-0608

bananier-passerelle 1-0608

bananier 061008 ar passere

 

2009. Moins de plongées, pas trop de chance côté visi, moins de photos… La structure a changé : une légère distorsion vers l’extérieur indique qu’elle risque de s’affaisser de ce côté.

bananier 30809 cote babord-

 

2010. La déformation s’est accentuée. La structure ne tiendra plus très longtemps.

bananier 190910 angle chateau babord

 

Un mois après cette photo, le château s’aplatissait. Le côté tribord, toujours moins dégradé, était peu affecté selon ce que je pouvais voir dans l’obscurité d’une dernière plongée automnale. 

 

J’aimerais pouvoir faire le même suivi sur le château du Saumur et l’avant du château de l’Astrée, mais je manque d’images. Alors, s’il y a des plongeurs souhaitant m’y aider, ça serait avec plaisir !

 

Ces épaves sont nos terrains de jeu, nos lieux de promenade habituels. Tout comme nous, elles vieillissent. Mais à les visiter très souvent, nous ne percevons pas toujours la succession des petits changements, jusqu’à ce que se produise un événement majeur.

Ce n’est pas vouloir refuser le présent que de se souvenir. Il y a aussi ceux qui n’ont pas connu l’avant et qui peuvent avoir envie de savoir.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 18:16

 

J’ai repris les seules images en ma possession et j’ai joué au jeu des 7 erreurs. Pas toujours facile de distinguer de véritables différences d’un problème de qualité d’image ou d’une superposition d’éléments en raison d’un alignement avec des structures à terre. Voici donc les images provenant dans l’ordre du Livre « les Epaves de la Côte Vermeille » d’Hervé Levano, du fascicule « Naufrages en Languedoc-Roussillon » de Jean-Pierre Joncheray et de la peinture qui serait d’un certain L. Coadou.

 

Alice Robert H Levano

Alice Robert JP Joncheray

Alice Robert L Coadou

 

J’ai noté quelques points de divergence entre les images. Je suppose que c’est l’échelle de coupée qui est correctement fixée sur les 2 dernières images et pas sur la première. J’ai un doute sur l’orientation de la manche à air qui semble avoir un angle différent sur la 2è image. Ce qui est le plus visible, ce sont les mâts de charge au-dessus des cales avant. Il en reste un sur l’épave, entre le château et le mât. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est la présence d’une seconde chaloupe côté tribord sur la 2è image, contre une seule (et donc 2 bossoirs) sur bâbord. Je n’ai pas d’image de l’épave à cet endroit côté tribord, mais sur bâbord il y a bien 2 bossoirs implantés au bon endroit en prenant comme repère les montants de la coursive inférieure. Asymétrie à laquelle je n’ai jamais fait attention sur l’épave ou réelle différence ?

Décidément, il va falloir y retourner pour voir… Ça n’empêche pas que si quelqu’un avait une photo du flanc tribord montrant la coursive et les bossoirs, j’aimerais bien la voir !

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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