Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /Juin /2009 22:08
Les plongées à Dahab se font du bord, sauf si l’envie prend aux plongeurs d’aller voir un peu plus loin, là où les routes ne vont pas, ou parce qu’ils n’ont pas envie de passer une journée à dos de dromadaire suivie de 2 semaines de soins pour érythèmes fessiers douloureux. Dans ce cas, la solution est toute prête et proposée par les clubs (hors forfait, avec un modeste supplément…) : la sortie en bateau, comme elle se pratique ailleurs sur la côte égyptienne. Selon le montant du forfait que les plongeurs sont prêts à accepter, il est possible d’aller à Ras Mohammed, sur les roches du détroit de Tyran ou même jusqu’au Thistlegorn. Nous avons opté pour la proposition la plus proche (du reste la moins onéreuse), le site de Gabr el Bint.
Le trajet du club au « port » est très rapide.


L’accès au quai est contrôlé : chaque touriste plongeur doit ouvrir son sac, pour la forme. On ne sait jamais… Depuis le premier de mes 4 séjours en Egypte, j’ai toujours vu les nombreux check points, la présence des forces de l’ordre dont on ne sait pas bien si c’est l’armée ou une police, ces gens en armes postés partout, cette police de protection des touristes… Quelques mois avant ma première visite a eu lieu l’attentat de Louxor. Depuis, il y a eu notamment celui de Sharm et celui du Caire dernièrement. Cette présence apparaît plus folklorique qu’efficace dans un pays où les touristes représentent la survie économique d’une partie très importante de la population, mais que des barbares lâches tentent de manipuler. Il semble d’ailleurs qu’ils y parviennent, malgré les discours rassurants d’un gouvernement peu démocratique.
La proue du bateau au mouillage pointe dans la direction du site, à un peu plus d’une heure de navigation, aux pieds des montagnes d’un désert qui se jette dans la mer, sans transition.


L’organisation à bord ainsi que les événements de la journée ont été racontés par Sabrina ici link. Les deux plongées se feront de part et d’autre d’une petite pointe, le bateau restant au mouillage.
Première immersion.
Nous longeons un récif en très bon état, très vivant, bien colonisé. La différence avec plusieurs autres que nous avons visités au cours de la semaine est très nette. Eloignement des facteurs anthropiques ? Moindre fréquentation ? Action des courants locaux ? Les raisons sont probablement multiples.
La première partie de la plongée se fait le long du tombant sur lequel sont fixées de belles gorgones.


C’est l’occasion de chercher le poisson faucon à long nez Oxycirrhites typus qui joue de ses traits et carreaux couleur gorgone pour se cacher.


En remontant sur le dessus du tombant, les alcyonnaires sont plus abondants que dans la plupart des sites visités précédemment.


Les nuées de poissons se concentrent au niveau de la cassure.


Le haut du tombant forme une cuvette peu profonde de sable blanc. Quelques tables d’Acropora s’y développent, servant parfois de support de colonisation à d’autres cœlentérés.


C’est le bon endroit pour observer les habitants classiques des récifs, et d’autres un peu moins fréquents.


Puis c’est le retour au bateau et la première expérience, pour certaines, de remontée à une échelle perroquet. Petit entraînement pour cet été ;-)


Le temps de remplir les carnets (ou de réviser un peu de péda) sur le pont supérieur et c’est l’heure du repas.



Seconde immersion.
Une (trop) courte sieste plus tard, Edith nous annonce une dérivante pour la seconde plongée. L’annexe doit nous déposer de l’autre côté de la pointe et nous nous laisserons dériver. Entendant cela, je me suis souvenu d’une plongée dérivante à Hurghada 10 ans plus tôt où nous avions dû palmer une heure pour regagner le bateau, faute de courant. Je raconte ce souvenir à nos judokates palmées qui se préparent à faire leur première dérivante.
Mise à l’eau avec descente immédiate et… Pas un poil de courant… Il faudra palmer un peu.


La plongée se déroule le long d’un beau tombant au site appelé « la forêt » en raison du grand nombre de belles gorgones.


Il n’y a pas que les gorgones à observer, mais elles constituent selon moi le principal attrait du site.


La fin de la plongée se fait le long du haut du récif, vertical, enveloppé de nuées d’anthias.
Dommage, il est vraiment dommage de remonter en surface au milieu des sachets et autres déchets en plastique flottant nombreux dans les 6 premiers mètres d’eau. Cet endroit est éloigné de l’agglomération de Dahab et pourtant l’impact humain est évident. Est-ce en raison du vent assez fort des jours précédents que tous ces détritus sont rabattus à cet endroit ? Je n’en ai pas vu autant sur aucun autre site au départ du bord. Quel que soit l’endroit du monde où je me suis mis à l’eau, zones urbanisées ou île à des centaines de kilomètres en plein océan, réserve naturelle ou patrimoine mondial, partout j’ai vu cette pollution à des degrés divers. Ce n’est que la partie visible.
Le trajet du retour, avec une petite houle de face, a été moins apprécié que l’aller par une partie du groupe, surtout après le gâteau d’anniversaire aux crèmes de couleurs peu naturelles. Mais cela n’a pas remis en question le petit cocktail du soir…


Par Homo palmus - Publié dans : Egypte
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 23:34
Quelle idée ! Mais quelle idée !!!
J’avais gardé un bon souvenir de mes plongées de nuit en mer Rouge. Comme dans d’autres mers, c’est l’occasion de rencontrer les animaux sciaphiles et les chasseurs qui profitent de l’obscurité. J’avais envie de renouveler l’expérience. Sauf que le vent s’était levé, et la mer avec lui.
Il semble difficile de trouver un site abrité pour une plongée de nuit à Dahab. Je n’étais pas très motivé pour plonger à nouveau sur les patates de la plage devant le club, malgré la population d’hippocampes. La visi réduite par mer belle ne présageait pas d’une nette amélioration en conditions houleuses. Le site Lighthouse nous a été proposé. On pourrait penser qu’il s’agit de s’immerger au pied d’un phare. Non, ça serait trop évident.
Alors que le reste du groupe sirotait l’un des apéros quotidiens, nous étions seulement 4 volontaires (Guy, Sabrina, Vanessa et moi) accompagnés de Franck transformé en reporter sans frontières pour l’occasion. Sabrina a raconté les préparatifs ici link
Le site ? Dahab by night, ses rues commerçantes animées, ses boutiques de plongée et de souvenirs pour plongeurs, et 4 plongeurs en combinaison, bloc sur le dos, palmes sous le bras. Lighthouse, point originel du développement de la petite ville, est un bout de rue du centre avec un ponton flottant séparé du « quai », donc inutilisable, à moins de se baigner pour y aller. Et encore moins avec les rouleaux de la belle houle que nous voyons devant nous. Donc on entre par là, sans voir où on pose les pieds à cause de l’écume et de l’obscurité et on doit descendre sur les cailloux avec les vagues à crête blanche de face ? Quelle idée ! Mais quelle idée !!! Vais-je être le premier à me casser la g….. ?
La visi n’est pas très bonne pour faire des photos car l’eau est chargée en particules. Pas étonnant vu ce qui remue au-dessus de nos têtes. Nous circulons lentement le long du mur récifal à la recherche de ses habitants alors que 2 palanquées d’un autre club nous doublent par en dessous comme si elles étaient en retard, ou poursuivies... Nous, nous observons la faune typique de la nuit en mer Rouge. Du moins, c’était l’objectif…
D’abord un, puis un second bernard-l’ermite Dardanus tinctor accompagné de ses inséparables anémones. Si ce n’étaient ses yeux verts, je jurerais qu’il y a les mêmes à Argelès la nuit.


Puis, cachée dans un recoin, une grande cigale Parribacus antarcticus va jouer sa timide en cherchant à éviter les feux de la rampe. Elle est craintive, peut-être parce qu’elle a déjà perdu une de ses deux palettes…


Je doute… Il y a bien les mêmes à Sainte Catherine ? Peut-être moins poilues. Et son nom d’espèce ne fait pas du tout égyptien, ni même tropical.
Nous plongeons en mer Rouge, si, si ! Continuons… Pour croiser cette murène panthère Gymnothorax flavimarginatus. Son œil jaune ne traduit pas un souci biliaire.


Elle n’a pas envie de nous sourire. Jusqu’ici, rien de franchement typique, non ? Pourtant, nous sommes bien en mer Rouge, si, si…
Tiens ! Les 2 palanquées nous doublent dans l’autre sens. Ils ont sûrement pris le temps de voir un peu de sable entre leurs coups de palmes…
Parmi les habitants du récif qui ne sortent que lorsque la luminosité est comparable à celle de leur trou de la journée, il y a les oursins. Et notamment les oursins diadèmes Diadema setosum. Vous me direz, comment ranger dans un trou tous ces piquants sans les casser, surtout lorsqu’ils mesurent 30 cm et qu’ils sont fins comme des aiguilles ?


Pas forcément plus simple comme situation lorsqu’on a les piquants épais et robustes de l’oursin lance Phyllacanthus imperialis et qu’on tente de s’infiltrer entre les coraux.


Et puis, dans la même grande famille des échinodermes, les comatules. J’aime beaucoup ces animaux qui déploient leurs bras la nuit venue. Foisonnement et diversité des assemblages de couleurs de leur longs bras qui se déroulent et s’étirent pour filtrer l’eau chargée de particules.


Je serais venu faire cette plongée de nuit rien que pour elles.
Un dernier parent dans cette grande famille des échinodermes, d’une tout autre forme et que l’on n’observe que la nuit : l’holothurie serpentiforme Euapta godeffroyi.


Et les poissons ? Ils dorment. Pour la plupart, les petits sont cachés dans les branches des coraux. D’autres ne prennent pas cette précaution, comme ce poisson globe à taches blanches Arothron hispidus


Ou ce petit poisson globe masqué Arothron diadematus qui joue peut-être un peu sur son mimétisme.


Dans la famille « si tu m’embêtes je gonfle », ce poisson porc-épic Diodon spilostylus est peut-être en quête de son repas de la soirée.


Pour finir, un représentant qui lui aussi passe le jour dans les recoins sombres et déploie ses longs rayons venimeux la nuit venue lorsqu’il chasse. Ce Pterois Pterois radiata allie élégance, finesse et venin. Même si nous avons croisé certains de ses proches parents au cours des plongées diurnes, c’est bien la nuit qui est le moment privilégié pour le regarder évoluer.



Je me suis fait plaisir. J’ai vu quantité de comatules, ces animaux que j’aime tant observer. Tout s’est bien passé malgré l’état de la mer et de la visi. Guy, très calme, a l’œil et nos judokates palmées ont eu l’occasion de tester la plongée de nuit dans une mer tropicale à la faune plus exotique que celle de leur gravière :D Et puis nous sommes arrivés à temps au restaurant de l’hôtel pour pouvoir manger. Il restait même encore des desserts très colorés sûrement pas bio…
Par Homo palmus - Publié dans : Egypte
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 01:26
Le site le plus connu de Dahab est probablement le Blue Hole, ce trou dans le récif de corail. On vient de loin pour le découvrir, y descendre et pas forcément en remonter…
Au bout de la route goudronnée, les 4x4 empruntent une piste caillouteuse serpentant entre les premiers reliefs escarpés du désert et la mer. De temps en temps, un petit groupe de dromadaires nous croise.


Il est possible de faire tout le chemin sur le dos de ces animaux que je trouve photogéniques mais, bien que ma conscience écologique soit mise à mal par ces 4x4 puants et polluants, mon fondement, lui, prend l’ascendant…
4x4 et pick-ups, quelques baraques qui semblent un peu branlantes, des souvenirs et quelques restaurants, voici le lieu de plongée si connu.


Du bord de l’eau, la différence de couleur dans le récif explique parfaitement le nom du site : un vrai trou profond d’un bleu profond…


Edith explique le trajet de la plongée. Nous allons nous immerger plus loin, longer le tombant extérieur puis entrer dans le trou bleu et suivre la paroi interne jusqu’à la sortie aménagée. L’intérêt du trou bleu semble être à l’extérieur du trou…


Complètement équipés, nous partons, bloc sur le dos, vers le point d’immersion, juste de l’autre coté de la petite pointe rocheuse, après le panneau « toilet », après les plaques commémoratives…


Certains visiteurs ont entamé là leur dernière immersion… Diving is fun ? Nous sommes dans cet état d’esprit, nous sommes là pour prendre du plaisir. Passer devant cette suite de plaques aurait presque tendance à rafraîchir l’atmosphère : il règne un microclimat à l’ombre de ce rocher…
La mise à l’eau se fait dans un petit canyon très étroit qui descend soudain abruptement pour finir à 28 m.


A partir de là, on peut soit descendre encore un peu… Ou un peu plus… Soit commencer à longer le tombant vertical. Les deux chemins ont été suivis au cours des deux plongées sur ce site. Une jeune plongeuse à l’esprit enthousiaste mais parfois un peu cotonneux raconte justement ces immersions-là : link et link.
Est-il intéressant de descendre un peu ? Pourquoi s’en priver ? Les conditions sont bonnes et le tombant vertigineux et bien colonisé.
Alors que très très loin à la surface passe un nageur, la silhouette d’un napoléon se découpe en ombre chinoise…


Tandis que nous longeons le tombant en remontant progressivement, un groupe de poissons flûtes Fistularia commersonii s’approche  dans le bleu.


Par endroits, le tombant est très colonisé par des alcyonnaires souvent de couleurs claires, parfois beaucoup plus colorés.


Puis soudainement, la roche semble vide, avant de redevenir peuplée. A cet endroit, impossible de manquer ce poisson coffre Ostracion cubicus qui n’a aucune cachette possible à proximité, ni ce poisson flûte agile.


En se rapprochant encore de la surface pour trouver le point de passage pour entrer dans le trou bleu, les couleurs se font plus vives et la densité des anthias augmente. Parmi eux, un chirurgien voilier Zebrasoma desjardinii croise notre route.


A plusieurs reprises, des anémones abritent des poissons clowns Amphiprion bicinctus. Loin de l’image véhiculée par le film d’animation, ce sont des animaux au caractère plutôt… Mordant !


Enfin, nous arrivons au passage, point de communication entre l’intérieur du trou et la mer à quelques mètres sous la surface. A cet endroit, le haut du récif est très vivant, très animé. Ce mérou croissant de lune Variola louti doit avoir l’habitude de la fréquentation de son secteur par les visiteurs que nous sommes.


A l’intérieur, la visi est moins bonne. Les parois verticales sont mortes. Absence de courant, probable faible renouvellement de l’eau, tout est minéral dès quelques mètres sous le haut du récif. C’est dans cette zone qu’il vaut donc mieux s’attarder pour dénicher la faune plutôt rare en comparaison de l’extérieur, par exemple ce poisson globe à taches blanches Arothron hispidus :


Au centre du trou, des lignes ont été installées et des apnéistes se laissent couler dans le bleu.


En suivant la paroi, on arrive finalement au point opposé au passage d’entrée. Là est installé un petit ponton (auquel il manque pas mal de lattes) pour faciliter la sortie des plongeurs et, par la même occasion, éviter que tout le monde ne marche partout sur le récif pour rejoindre le trou.



Même si le Blue Hole en lui-même présente un intérêt faunistique très réduit en raison de sa structure, la plongée le long du tombant extérieur est réellement une belle plongée à Dahab. Je me suis fait plaisir les deux fois et je sais que je n’ai pas été le seul !
Par Homo palmus - Publié dans : Egypte
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 02:09
Ce vendredi matin 8 mai, JR, Thierry, Valérie et Xavier du PpO2maxTeam sont venus pour une  petite promenade en eaux profondes. C’était également l’occasion pour certains d’entre eux de véritablement découvrir l’Antares et son confort.


La mer est belle. Direction l’Alice Robert à un bon rythme. Les discussions vont bon train dans le « carré VIP » comme autour de la console, sur la nouvelle veste de Fabrice, les nouvelles bottes de Sylvain (est-ce que ça casse le mythe ?) ou encore la nouvelle coiffure de JR (qui a maintenant la barbe plus longue et plus dure que les cheveux : JR, tu piques plus que moi !)


A l'arrivée sur site, les palanquées s’équipent à tour de rôle sur la plateforme avant de faire un saut droit dans le bleu d’une teinte prometteuse.


La descente se fait dans un joli bleu peuplé de créatures étranges que nous aurons tout loisir d’observer aux paliers. Le mât est toujours là dès 25m. Le pont se dévoile dans une ambiance d’un bleu-vert un peu laiteux. Etant sur la cale avant côté tribord, nous faisons un petit tour derrière le canon de proue tandis qu’une palanquée observe le fût de face.


Après avoir rejoint le côté bâbord, nous remontons le pont en direction du château. Un filet à très petite maille recouvre lourdement ce côté du pont, de la tourelle à l’angle de la passerelle.


Inutile d’espérer que les pêcheurs un jour décideront d’arrêter de perdre leurs outils de travail qui accélèrent la destruction de ce vestige historique dont la vie d’épave procure aujourd’hui du plaisir dans des ambiances feutrées particulières bien différentes de celles régnant à bord durant la courte vie du cargo transformé en bateau de guerre.
Passant par-dessus le château, nous gagnons l’arrière.


Un petit survol de la tourelle portant la mitrailleuse à double canon…


Et nous tournons autour du canon arrière figé depuis plus de 60 ans vers la surface


Puis c’est le chemin du retour par-dessus le château et la cale avant pour rejoindre le bout de balisage et entamer la lente remontée vers la lumière. Les temps de palier permettent d’observer toute une population mixte et étrange, aux formes d’une esthétique peu habituelle semblant sortir de l’imagination d’un créateur de science-fiction. Ils sont parmi nous ! Ils s’approchent, nous entourent puis s’en vont dans le léger courant.



Enfin, il faut arrêter la contemplation des méduses et cténophores et remonter à bord.



Tout le monde s’est fait plaisir, une fois de plus. A ceux qui étaient inquiets, je peux confirmer que le Bananier (comme le Saint Lucien ;-)) est toujours là, prêt à accueillir les plongeurs volontaires.
Nouvelles habitudes, nouvelle organisation, nouveau confort, l’Antares a des arguments pour séduire.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 21:23

Pour la 4è fois en 10 ans, je pars retrouver la terre des pharaons. Mais cette fois, direction le Sinaï, Dahab.
Un bus, puis un funiculaire historique, puis un train en panne, puis un autre train, puis le métro et je fais halte pour un jour de transit chez Daphnée et Pierre-Franck avant de prendre un RER, puis un avion pour Zurich, puis un autre pour le Caire, puis un taxi pour changer d’aérogare, puis un dernier avion pour Sharm el Cheikh. Un transport m’attend pour m’emmener jusqu’à Dahab, à 90 km de là. Je quitte l’aéroport flambant neuf à bord d’un mini-van conduit par un bédouin de la région.


Dès la sortie de la zone de l’aéroport, la route, en très bon état, rectiligne, file le long du désert. Le temps est légèrement brumeux.


Puis nous serpentons au milieu d’un environnement entièrement minéral aux tons ocre. Tout en roulant plutôt à gauche qu’à droite, mon chauffeur me montre les « villages » bédouins, regroupements de quelques maisons de briques à l’écart de la route, au milieu de nulle part.


Une heure et quelques check points plus tard, nous arrivons au club de plongée Extra Divers. Il fait déjà nuit. Le temps de faire connaissance et je suis accompagné jusqu’à l’hôtel, à quelques minutes à pied par la plage. Première constatation, il ne semble pas y avoir ici les énormes complexes hôteliers qui ont étouffé la côte entre Hurghada et Safaga. Les hôtels que je vois sont de taille plus modeste, et n’ont qu’un seul étage, deux au maximum. Je prends possession de ma chambre qui est confortable.


Elle donne entre la terrasse du restaurant et l’inévitable piscine.


Après une trop courte nuit, je regagne le club. Le matériel est chargé dans des caisses dans des pick-ups alors que les plongeurs, eux, sont chargés dans des 4x4 dans un état général plutôt… Egyptien. Pour copier un célèbre scientifique, je pourrais dire « et pourtant, ils roulent ! ». Les plongées se font du bord. A l’arrivée sur la plage, de grandes nattes sont déroulées pour pouvoir se changer sans trop mettre le matériel dans le sable, ni les pieds sur des bouts de verre ou d’autres choses. L’Egypte ici, au bord du désert, n’est pas moins sale qu’ailleurs.

Première immersion : Tretboot.
Au bord du récif, le corail de feu Millepora tenella forme une crête sur laquelle il ne vaut mieux pas se frotter.


Première rencontre, posée dans une anfractuosité, une raie torpille Torpedo panthera.


Cachées le jour dans des trous du récif, les rascasses volantes Pterois miles attendent la nuit pour sortir chasser.


Posé sur le sable, un poisson-ballon géant Arothron stellatus n’est pas très perturbé par les plongeurs qui l’observent d’assez près.


Rasant le fond, un poisson-flûte Fistularia commersonii pense peut-être passer inaperçu.


Il faut être plus attentif pour apercevoir le syngnathe à réseaux Corythoichthys flavofasciatus, long d’une douzaine de centimètres.


Changement d’échelle avec cette énorme gorgone que je reverrai en fin de séjour. C’est probablement la plus grande que j’ai pu voir (plus large qu’un plongeur en position hydrodynamique). Fixée à 25 de fond, elle s’est développée entre deux patates de corail.


Vif éclat de couleur sur mon chemin lorsque je croise cette belle étoile à mailles rouges Fromia monilis.


Je retrouve sur une table d’Acropora des petits squatteurs que j’aime bien. Ils sont toujours colorés, parfois bigarrés, ici d’un jaune uniforme : les vers arbres de noël Spirobranchus. Comme les serpules, ils rentrent leur double panache à la moindre alerte.


Et bien sûr, je ne pouvais pas manquer le doris à 4 couleurs Chromodoris quadricolor


Seconde immersion : Abu Talha.
Nous avons passé l’un des nombreux points de contrôle. Un policier note dans un grand cahier la nature et la quantité de la cargaison du 4x4, c’est-à-dire le nombre et la nationalité des touristes. Tout cela semble un peu futile. Dans l’autre direction, un chamelier mène son petit groupe de dromadaires en passant par la plage. Personne ne lui demande ce qu’il transporte…


Comme en plusieurs autres endroits, la plage est un chantier arrêté. Pas de travailleur visible, pas d’engin, mais des petits groupes de personnes qui semblent s’être installés à l’ombre dans ces structures de béton.


Alors que nous nous équipons, 2 plongeurs en étanche, équipés de plusieurs blocs et de scooters sous-marins, sortent à quelque distance. Notre guide de plongée nous affirme que ce sont des Russes…
Le récif forme un véritable mur de quelques mètres de haut. J’ai plaisir à regarder les anthias Anthias squamipinnis évoluer en groupes plus ou moins importants à petite distance du mur de coraux.


Dans la gamme des choses qui piquent, après le corail de feu et les rascasses volantes, le bonnet de prêtre Tripneustes gratilla. Je suppose que le nom a été donné en raison de la forme et non pas pour des questions plus pratiques…


N’oublions pas non plus les anémones dans lesquelles logent les bagarreurs poissons-clowns Amphiprion bicinctus.


Le poisson-faucon à taches de rousseur Paracirrhites forsteri se pose en observateur au sommet d’une colonie d’Acropora, tandis que des éponges tubulaires ont préféré se développer plus à l’abri, sous la table de corail.


Un cocher Heniochus acuminatus et un gros-yeux commun Priacanthus hamrur stationnent à proximité du récif…


… Alors qu’un mérou croissant de lune Variola louti me croise rapidement.


De retour vers la sortie, je tombe nez à nez avec une vieille à lignes violettes Oxycheilinus digrammus. Elle m’observe de face, puis décide de s’en aller un peu plus loin.


Dernière rencontre du ce jour, les poissons-bagnards Abudefduf vaigensis qui cohabitent avec les anthias, juste sous la surface.



Fin de cette première journée de plongée. Le temps de rincer le matériel au club puis de remplir le carnet en discutant des animaux observés et je rentre prendre une bonne douche avant d’aller attendre les plongeurs alsaciens qui doivent arriver ce soir…


Par Homo palmus - Publié dans : Egypte
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