Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 19:06

Mécontentement

 

Kestumveutoi ?

Je ne parle pas le mérou, mais j’imagine.

Adossé à la roche, acculé sous un léger surplomb, la nageoire dorsale dressée, il me semble qu’il me lance un regard plein de mécontentement. L’ai-je dérangé ? A n’en pas douter. Mais c’est tout à fait involontaire. Et puis, un poisson est-il capable de témoigner de son mécontentement rien que par le regard ? J’ai l’impression qu’il fronce, sentiment accentué par la tache claire au-dessus de son œil droit qui me fixe. Et encore, il a la gueule fermée ! Pardon-désolé-excuse-moi, je ne voulais pas, je ne m’attarde pas, je vais voir ailleurs si les poissons y sont…

 

merou decembre

Par Homo palmus - Publié dans : mérou du mois
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 10:08

 

 

Après plusieurs semaines d’une météo très perturbée qui a causé bien des dégâts dans la région, le calme est revenu. Nous sommes 6 volontaires pour aller vérifier que les épaves sont encore à leur place en cette fin d’automne. La mise en route est un peu laborieuse, mais nous glissons enfin sur une mer à peine agitée d’un petit clapot. Je passe sur les péripéties du jeu de cache-cache avec l’Astrée, pour en venir au Saumur. L’écho au sondeur est net, massif. Une fois la gueuse larguée, les rides autour de la bouée signalent un fort courant. L’eau est marron. La descente ne peut se faire qu’en se déhalant le long du bout solidement accroché quelque part au fond, sans quoi nous n’aurions aucune chance de trouver l’épave. Le peu de lumière de la surface s’estompe rapidement et nous plongeons dans l’obscurité, un noir épais. Nous arrivons directement sur un trident : les bases d'un mât et d’aérateurs. Il ne fait pas nuit, c’est une absence de lumière. Au bord de la cale, de petits anthias tournent autour d’un treuil de chargement.

 

saumur 291111 treuil

 

Comment savoir si nous sommes entre les cales avant ou arrière ? Simple, il suffit de regarder ce qui se trouve sur le pont. Dans le cône lumineux des lampes, nous tombons sur l’hélice de secours : nous sommes donc sur bâbord arrière.

 

saumur 291111 helice de secours

 

Nous partons vers la poupe. Très vite, le bastingage semble s’élever et se replier vers l’intérieur. Nous approchons de la zone où la seconde torpille a touché le navire. La dunette est couchée sur tribord. Nous passons à côté d’une plateforme qui servait de support à un canon. Celui-ci n’est plus fixé dessus et seul un cercle de rouille signale l’emplacement d’origine du support de canon.

 

saumur 291111 support mitrailleuse arriere

 

L’arme gît en contrebas, encore montée sur sa base, pointant vers la cale.

 

saumur 291111 mitrailleuse arriere

 

Nous passons par-dessus bord pour redescendre le long de la coque vers le safran. De la vase sortent 2 pales de l’hélice.

 

saumur 291111 helice

 

Vue de plus près, l’hélice est bien colonisée, notamment par un tas de mollusques solidement accrochés.

 

saumur 291111 pale d'helice

 

Nous remontons l’épave le long de la coque jusqu’au château. A la lueur des phares, les portes et les ouvertures causées par des panneaux manquants créent une ambiance particulière.

 

saumur 291111 entree chateau

 

Peut-être à cause de cette obscurité, le silence est plus présent. C’est la nuit. Nous circulons avec précautions pour ne rien bousculer, au risque de perturber le sommeil de l’épave…

 

saumur 291111 chateau

 

Enfin, nous terminons par une rapide visite de la salle de bain. Le lavabo et la baignoire n’ont toujours pas été nettoyés, et c’est tant mieux.

 

saumur 291111 lavabo

saumur 291111 baignoire

 

Nous regagnons le bout et la lente remontée commence. Nous quittons la nuit pour retrouver l’obscurité glauque, puis le marron plus lumineux. A 6 m, nous sommes en drapeau, accrochés à la bouée, coulée par le courant et nous. Les minutes s’égrènent lentement…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 10:44

Les guirlandes accrochées aux candélabres sont allumées. Il ne fait pas froid dehors, mais le commerce se charge bien de nous signaler l’imminence des fêtes de fin d’année et la nécessité de consommer au maximum, alors que, depuis des semaines, les informations quotidiennes sont braquées sur la dette, la crise et le chômage… Nos voisins suisses ont fait leur classement annuel des résidents les plus riches tandis que la Banque Alimentaire a effectué sa campagne de récupération d’aliments pour nourrir ceux, toujours plus nombreux, qui n’en ont pas les moyens. Les Restos du Cœur s’attendent à une nouvelle augmentation des demandes, l’accroissement chronique étant de plus de 23% en 4 ans. Je ne sais pas si Saint Nicolas (non, pas de pensée maladroite, je parle bien du vrai, de celui avec une barbe, une crosse et qui est grand, enfin, normalement grand quoi…) aura la possibilité de visiter beaucoup de foyers ces jours-ci, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que le Père Fouettard devrait, lui, ne pas rater certaines adresses dans des capitales du monde entier ainsi qu’à Paris.


Il ne faut pas oublier les petits plaisirs pour garder le moral en cette période où l’esprit de Noël pourrait plutôt donner le cafard. Heureusement, il existe des dérivatifs qui emportent l’esprit loin des soucis. La pâte des manalas gonfle sur le radiateur et les ingrédients pour les bredele sont prêts. Les étoiles à la cannelle et le stollen côtoient le turron et les mantecados.
Voilà, c’est fait, nous sommes entrés dans la mauvaise période pour le plongeur qui a remisé sa combi dans l’armoire pour un long hivernage. Ensuite, à la reprise, on va encore constater que c’est le néoprène qui rétrécit durant les fêtes de fin d’année… C’est une évidente fatalité qui ressurgit systématiquement. Qu’importe, je ne renoncerai pas aux traditions pâtissières saisonnières. Il sera bien temps ensuite de s’en remettre, en attendant l’été…

 

 

Par Homo palmus - Publié dans : video
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 11:11

Vigilance

 

La roche remonte jusqu’à quelques mètres de la surface. C’est un bon endroit pour observer les bancs de poissons, les gros sars tambours et les loups en maraude. Sur un côté, l’arête rocheuse escarpée et pentue offre un point de vue imprenable sur les environs, les jours de bonne visi bien sûr. Avez-vous remarqué qu’il est souvent difficile d’approcher de près les mérous lorsque la visi est médiocre ? A peine le temps de les apercevoir qu’ils ont pris leurs distances, repartant dans le brouillard. L’animal est plus vigilant que le plongeur dans ces conditions. Curieusement, il semble bien plus aisé de l’approcher lorsque tout est parfaitement dégagé, lorsqu’on le voit de loin et c’est sans doute réciproque. Le plongeur n’a que sa vue pour naviguer dans la brume épaisse. Par temps clair, il peut ruser, se placer stratégiquement pour tenter de tromper la vigilance du mérou, ou l’amadouer. Si dans le premier cas ça le fait fuir brusquement, dans le second, il se prête à la séance de pose sans bouger une nageoire, tout en restant toujours sur ses gardes.

 

merou novembre

Par Homo palmus - Publié dans : mérou du mois
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 11:11

 

 

Météo venteuse et pluvieuse, regroupement des oiseaux migrateurs, apparition de trous dans l’entassement compact façon tas de boîtes de sardines des camping-caristes qui aiment la tranquillité loin des foules… Tous ces signes ne trompent pas : c’est la fin de la saison.

Un petit groupe de plongeurs motivés s’équipe devant le club sur le port désert à cette heure matinale.

 

fin de saison 2011 equipement

 

Le matériel est chargé sur le bateau pour la dernière sortie du club cette saison, tout l’équipement des plongeurs expérimentés prêts à partir sur une épave.

 

fin de saison 2011 bateau

 

Tout le matériel ? Oui, tout : ces plongeurs sont suréquipés…

 

fin de saison 2011 denrees

 

Direction le Saumur. Après les coups de vent marin et les fortes pluies, l’eau est très chargée sur les 25 premiers mètres. On se devine plus qu’on se voit en descendant le long du bout. Heureusement, en dessous les conditions s’améliorent : il fait nuit noire.

Ainsi commence une plongée de nuit sur l’épave. Nous passons l’hélice de secours et gagnons la poupe. Elle est vrillée, couchée sur tribord. Dans le cône de lumière des lampes, nous découvrons morceau par morceau les vestiges de la dunette : échelle, machinerie du gouvernail, mitrailleuse couchée.

 

fin de saison 2011 saumur echelle

fin de saison 2011 saumur machinerie

 

Nous passons par-dessus les restes du bastingage pour redescendre le long de la courbure de la poupe. A 45 m, 2 pales de l’hélice sortent du sable. Le safran, toujours sur son axe, est bien conservé. Nous remontons jusqu’au château et puisque nous avons encore un peu de marge, nous jetons un œil à l’intérieur de la cuisine plongée dans l’obscurité.

 

fin de saison 2011 saumur cuisine

 

Premiers partis, premiers remontés. Deux des 3 autres palanquées font surface après nous, la troisième ayant dû avoir une envie de capelé…

 

fin de saison 2011 remontee

 

Les petites caméras embarquées ont du succès. J’attends de voir les vidéos.

 

fin de saison 2011 palanquee 1

fin de saison 2011 palanquee 2

 

Finalement, plutôt que de rester sur la petite houle où l’une nourrit les poissons tandis qu’une autre prend une teinte verdâtre, il est décidé de rentrer au club pour fêter sur la terre ferme cette dernière sortie de la saison.

La plongée, ça creuse et ça déshydrate. Philippe a apporté des produits artisanaux de sa production (saucisse sèche, fouet, terrine, boudin) qui seront associés à 2 champagnes bien agréables. D’ailleurs, on note le grand intérêt de Mathilde pour la boisson servie par son père.

 

fin de saison 2011 pot 1

 

Des bons produits, ça ne peut pas faire de mal, non ? Ce moment de convivialité est l’occasion de commencer à parler des semaines à venir, des occupations durant la fausse trêve hivernale.

 

fin de saison 2011 pot 2

fin de saison 2011 pot 3

 

Car si certains vont migrer vers des sommets enneigés, d’autres ne pourront pas supporter d’avoir les écailles qui sèchent. Les idées ne manquent pas pour ne pas passer l’hiver loin de l’eau salée.

Par Homo palmus - Publié dans : vie du club
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