Images Aléatoires

  • barracuda 1

Recommander

épave

Lundi 18 novembre 2013 1 18 /11 /Nov /2013 06:22

 

 

Les conditions de plongée sur les épaves de la Côte Vermeille sont le plus souvent imprévisibles et souvent très différentes de celles que l’on peut trouver plus à l’Est du bassin méditerranéen. Plutôt que de considérer d’emblée cela comme un aspect négatif, il faut savoir profiter des situations pour ressentir sa plongée différemment à chaque occasion.

 

Lorsque la mer est agitée et que la couche de surface est remuée, chargée en particules, elle peut se transformer en une sorte de soupe de légumes, verte sous la lumière d’un soleil d’automne qui lutte dans un ciel bas et lourd pour exister. Etonnamment, la thermocline a presque disparu et l’eau qui est encore à une température agréable pour la saison n’est pas plus fraîche en dessous. Par contre, en dessous, il fait sombre, sombre mais clair. La couche d’eau supérieure bloque les rayons du soleil et se garde ses particules. Nous voici donc sur l'Astrée, plongés dans une ambiance crépusculaire avec de 10 m de visi.

 

Astree claires-voies IMG 9677

 

Pénombre autour, obscurité dedans. Quelques anthias virevoltent autour de la tôle corrodée dont le phare révèle les teintes chaudes.

 

Astree arriere chateau IMG 9621

Astree arriere chateau IMG 9682

Dans les coursives, les poutrelles bornent le champ de vision. Ces référentiels visuels font ressortir le léger brouillard qui baigne et imprègne l’épave.

 

Astree coursive babord IMG 9624

Astree coursive babord IMG 9631

L’angle tribord avant du château est toujours le lieu de regroupement des anthias aussi chatoyants que la rouille là où la vie ne la recouvre pas.

 

Astree coursive tribord IMG 9648

Astree coursive tribord IMG 9651

Derrière les éclats de couleurs, les fourneaux signalent l’emplacement de la cuisine ouverte à tous vents profonds, avant une cheminée disparue dont il ne subsiste que la base cylindrique, énorme.

 

Astree cuisine IMG 9654

 

Il faut déambuler dans ces coursives, dans cette ambiance crépusculaire qui tend au nocturne lorsque les tôles, les lambeaux de filets et la vie concrétionnée se concentrent et s’additionnent, rejetant la pâle lueur verte à l’extérieur. Déambuler un chandelier à la main, dans une vielle demeure délabrée, un soir d’automne alors qu’au-dehors le soir tombe et que le vent souffle, et découvrir sur les murs des tableaux craquelés et des tapisseries effilochées accrochés, témoins d’instants passés figés. Cette ancienne demeure, cet ancien lieu de vie pourrait être effrayant et repoussant. Et pourtant, nous y sommes, un phare à la main, parcourant ces coursives, révélant les marques du temps sur les vestiges des hommes. L’esprit n’est pas à la peur, il est simplement dans un ailleurs.

 

Astree coursive IMG 9705

Par Homo palmus - Publié dans : épave
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 28 octobre 2013 1 28 /10 /Oct /2013 06:33

 

Pythéas est un explorateur grec originaire de Massalia (l'antique Marseille).

Considéré comme l'un des plus anciens explorateurs scientifiques ayant laissé une trace dans l'histoire, il a effectué vers 340-325 avant J.-C. un voyage dans les mers du nord de l'Europe. Il est le plus ancien auteur de l'Antiquité à avoir décrit, notamment, les phénomènes polaires, les marées ainsi que le mode de vie des populations de la Grande-Bretagne et des peuples germaniques des rives de la mer du Nord, voire, peut-être, de la mer Baltique.

Wikipedia.

 

De nombreux navires portent ou ont porté ce nom, comme l’épave de celui gisant à côté de l’entrée du port de Port-Vendres. Après un peu plus de 115 ans sous l’eau, l’épave du Pytheas résiste encore au bas de roches exposées aux vents et battues par la mer.

Que reste t-il du vapeur qui mesurait une cinquantaine de mètres de long ? L’essentiel, le plus visible, c’est la grosse chaudière séparée de la poupe et des membrures.

 

Pytheas chaudiere et poupe IMG 7967

Pytheas chaudière et poupe IMG 7992

 

La chaudière est renversée, exposant vers la surface les ouvertures des foyers ainsi que les nombreuses extrémités des tubulures.

 

Pytheas chaudiere et poupe IMG 8101

 

Sur la partie de la surface la plus favorable à leur développement, les gorgones blanches tapissent la chaudière.

 

Pytheas chaudière IMG 7969

Pytheas chaudiere IMG 8050

 

Une ouverture permet de jeter un œil aux tubulures à l’intérieur de la chambre de chauffage.

 

Pytheas chaudiere IMG 8083

Pytheas chaudiere IMG 8087

 

De la coque, seule demeure identifiable la poupe.

 

Pytheas poupe IMG 8001

 

La dunette est très ajourée. Une partie du système de gouvernail dépasse un peu des poutres.

 

Pytheas poupe IMG 8057

 

En contournant la poupe, on découvre l’emplacement de l’hélice, manquante, de même que le safran. L’hélice a été démontée il y a bien longtemps.

 

Pytheas poupe IMG 8120

Pytheas poupe IMG 8078

 

Du reste de la coque, il subsiste une partie de la quille et un segment de l’arbre d’hélice est encore visible. Plus rien d’autre n’est identifiable.

 

Pytheas poupe IMG 7982

Pytheas IMG 8041

 

En remontant vers les roches, on découvre le relief responsable du naufrage, ainsi qu’en témoigne l’enchevêtrement de matériaux.

 

Pytheas poutrelles IMG 8030

 

Sur le côté, les membrures sont recouvertes d’un encroûtement épais.

 

Pytheas membrures IMG 8007

 

Dans une faille un peu plus loin reposent les ancres et leurs chaînes.

 

Pytheas faille chaine et ancres IMG 8010

 

La première ancre est en meilleur état que la seconde, mais le tout est très corrodé.

 

Pytheas ancre 1 IMG 8023

Pytheas ancres IMG 8015

Pytheas ancre 2 IMG 8022

 

Parfois peu considérée parce qu’elle n’est ni aussi profonde, ni aussi bien conservée, ni aussi imposante que ses voisines, cette épave a pourtant aussi une histoire à raconter, d’autant plus qu’elle est accessible à tous les plongeurs. De plus, son état de dégradation représente un stade très avancé avant la disparition de toute structure (comme dans le cas du Bazan) et la dissolution de toute trace. Dans l’histoire illustrée du devenir des épaves de la côte du Roussillon, le Pytheas occupe une place particulière.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 22 juillet 2013 1 22 /07 /Juil /2013 06:23

 

Elles pourraient être comme leurs homologues tropicales ou de Méditerranée plus orientale, toujours éclatantes de couleurs dans un bleu limpide et lumineux. Ca serait trop facile.

Une fois de plus, l’épave refuse de s’exposer au grand jour. Les vieilles tôles catalanes sont caractérielles. Peu importe, nous entrons dans le jeu imposé. Ce matin-là, c’est l’Astrée qui reçoit notre visite.

 

Astree 070713 coursives

 

Dans ces conditions, les structures prennent des dimensions nouvelles en se fondant dans le brouillard, ne laissant que deviner ce qu’il y a plus loin.

 

Astree 070713 bossoir

 

L’attention se focalise naturellement sur des points précis dont la lumière du phare révèle les couleurs chaudes de la corrosion, de l’encroûtement, de la colonisation.

 

Astree 070713 treuil

 

Dans la salle des machines, l’obscurité est presque totale malgré les ouvertures percées dans le plafond et la large ouverture donnant sur l’arrière de l’épave.

 

Astree 070713 salle des machines

 

Depuis l’extérieur, le halo du phare se reflète sur les bulles coincées sous le plafond de la salle et formant un ciel étoilé dans cette ambiance crépusculaire.

 

Astree 070713 salle des machines 1

 

Les autres bulles, celles qui sont libres, prennent le chemin de la surface et nous accompagnent pendant notre lente remontée vers la lumière, les eaux plus bleues, plus claires et plus chaudes.

 

Astree 070713 palier

 

En dessous, l’Astrée, ombre enveloppée de son brouillard, disparaît rapidement. A bientôt…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 15 juillet 2013 1 15 /07 /Juil /2013 06:37

 

Ce n'est pas encore les vacances, mais tout y ressemble. Le ciel est tout bleu. La mer est toute bleue. Mais il est tôt, très tôt pour un matin d’été. Et le matin, quand il est trop tôt, on peut avoir l’esprit un peu embrumé. Alors on se met à l’eau en se disant que ça va réveiller. On s’immerge et plus on descend, plus on s’enfonce dans la brume...

 

Alice Robert 060713 mat

 

L’azote, ça fatigue dès le matin, quand il est encore trop tôt ? Vue embuée de l’esprit embrumé ? Peut-être pas, car l’appareil, lui, ne triche pas. En plus, je l’ai réglé en mode « Fidèle », c’est pour dire…

Sur l’Alice Robert, la brume matinale ne s’est pas levée, s’insinuant entre les structures, enveloppant les canons d’un voile bleu-vert pour que les contours ressortent presque en ombres chinoises sur fond de pâle lumière laiteuse venant de la surface.

 

Alice Robert 060713 double canon 1

Alice Robert 060713 double canon

Les conditions ne sont pas idéales, mais j’espère que mes compagnons angevins auront apprécié la découverte de quelques éléments qu’ils n’avaient pas vus jusque-là. Une dernière image en forme de souvenir de cette plongée sur le Bananier :

 

Alice Robert 060713 canon de 105

Par Homo palmus - Publié dans : épave
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 4 juin 2013 2 04 /06 /Juin /2013 06:03

 

Episode 3 : bloom ?

 

En surface, la météo nous dit que l’hiver résiste : record de froid battu, grisaille, sérieux clapot. Dès les premiers mètres sous la surface, tout se calme et nous descendons dans le grand… Vert. Fini le bleu, parti le bleu des jours précédents ! L’eau est verte, chargée de particules microscopiques : est-ce le bloom printanier en retard ? En tout cas, tout est vert et sur le Saumur, c’est même plutôt vert foncé.

Le bout nous conduit sur le château. Un petit tour rapide, le temps de survoler la salle de bain, et nous gagnons la cassure.

 

Saumur 100513 chateau IMG 6261

Saumur 100513 chateau IMG 6264

Saumur 100513 chateau IMG 6270

Le pont avant, endommagé par le torpillage, avait une tendance à l’écroulement de la cale au bord de la large cassure. Cet hiver, c’est toute cette cale qui s’est aplatie sur elle-même en un mouvement comparable à celui du Saint Lucien, il y a déjà longtemps ou encore à celui amorcé sur l’Alice Robert. La position des taquets le long du bastingage donne une idée de l’événement.

 

Saumur 100513 pont avant IMG 6272

 

En survolant cette cale, on arrive en contrebas des treuils qui actionnaient les mâts de charge. L’effondrement s’arrête à cet endroit.

 

Saumur 100513 treuil IMG 6290

Saumur 100513 treuil IMG 6356

Sur le gaillard d’avant, rien n’a changé, heureusement. La mitrailleuse est sur sa tourelle.

 

Saumur 100513 mitrailleuse IMG 6295

Saumur 100513 mitrailleuse IMG 6309  

L’arme tourne encore sur son support, mais il faudrait que les plongeurs la bougent plus souvent car il me semble qu’elle coince un peu plus qu’avant.

 

Saumur 100513 mitrailleuse IMG 6313

 

Nous voici enfin à la proue. Le guindeau, les chaînes figées dans les écubiers, rien n’a changé.

 

Saumur 100513 treuil chaines IMG 6324

Saumur 100513 proue IMG 6318

Comme sur l’Alice Robert auparavant, l’ambiance est fantomatique. Mais ce matin, le canon posé sur la tourelle bâbord du gaillard d’avant disparaît presque totalement, beaucoup plus que le canon de 105 mm du Bananier la veille.

 

Saumur 100513 proue IMG 6328

 

Est-ce vraiment le printemps ? Est-ce vraiment le plancton qui s’est lancé dans une reproduction frénétique comme chaque année, mais avec un peu de retard ? En 3 jours, nous sommes passés du bleu d’une eau peu chargée au vert d’une eau teintée plus que chargée tant les corpuscules donnant cette impression sont fins.

Deux jours plus tard, en remontant du Saumur, on avait du mal à se voir au palier…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés