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épave

Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 00:37

Promenons-nous sur l’épave

Pendant que le plongeur n’y est pas

Si le plongeur y était,

Il nous chasserait…

 

D’habitude, les clubs se rendent sur les épaves en début de matinée. Rares sont ceux qui y retournent en milieu ou fin d’après-midi. Pourtant, à ces heures tranquilles hors de l’affluence estivale des palmipèdes en scaphandre, les épaves sont visitées par d’autres créatures.

C’est le moment où les loups et les dentis à l’affût survolent les structures. C’est aussi le moment où les sars tambours se promènent sur l’épave.

 

astree sar tambour

 

En binômes, par trois, ou plus, ils tournent autour des coursives en compagnie de quelques autres poissons pélagiques mais néanmoins toujours proches du substrat.

 

astree sar tambour 1

astree sar tambour 2

 

Moyennement rassurés, ils gardent une distance de sécurité que je trouve un peu plus grande que celle des sars communs.

 

astree sar tambour 4

 

Dans l’ambiance fantomatique, la sensation de relative solitude sur l’épave est agréable. La présence des sars tambours tout au long de la visite du château contribue à rendre cette explo différente des plongées matinales habituelles.

 

astree sar tambour 5

 

Les ambiances sur les épaves sont imprévisibles et elles peuvent varier en quelques instants. Les conditions sont très changeantes selon des raisons environnementales que personne ne maîtrise. A ces contraintes de courants et de vents s’ajoutent les heures du jour (et sûrement aussi de la nuit) au cours desquelles la faune vit sa vie, en même temps que les plongeurs pour une part, en dehors des heures d’affluence pour une autre part.

 

astree sar tambour 6

 

Descendre sur les épaves en fin d’après-midi, c’est profiter d’une lumière différente de celle du matin et avoir la possibilité de croiser des visiteurs (ne faisant pas de bulles) en plus grand nombre que d’habitude.

 

astree sar tambour 3

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 00:08
 

On le répète souvent, les conditions sur épave peuvent changer très rapidement. La veille, la visi sur l’Astrée était seulement brouillée par un troupeau de sangliers. On aurait presque regretté que la chasse avec scaphandre soit interdite… Le lendemain matin, les conditions sont différentes, plutôt glauques. Le haut du château baigne dans une atmosphère fantomatique.

 

astree chateau

 

A l’étage en dessous, c’est carrément sombre. Je vois Ramoucho suivre son guide de palanquée dans un recoin obscur…

 

astree entrailles

 

La nuit dans la salle des machines aurait pu jeter un voile pudique sur les événements, mais malgré les conditions de lumière et de visibilité, mon appareil a capté une scène qui pourrait être diversement interprétée…

 

astree salle des machines censuree

 

Ramoucho, les mains croisées, ne manifeste aucune réaction négative. Mais était-il encore tout à fait conscient ?

Et il y a plus encore ! Mais pour bien voir, il faut l’image non censurée. Je demande aux lecteurs sensibles de passer directement à la suite.

 

astree salle des machines

 

Un phénomène étrange reste pour moi inexpliqué : Ramoucho fume de la tête ! Ce ne sont pas ses bulles, ni celles de son partenaire. Expression ectoplasmique d’une plénitude azotée ?

 

Je passe sur la visite des cales arrière car j’ai raté les photos compromettantes.

A mesure que nous avançons vers la poupe, la touille s’épaissit. Au passage, je distingue ce qui est peut-être le reste de la croix du mât de charge arrière, puis les gros treuils des cales.

 

astree croix du mat

astree treuil

 

Le gaillard d’arrière n’est pas très surélevé par rapport au pont. A son approche, émergeant de la couche de brouillard plus épais, une tête au bout d’un long cou nous fait face. Un cousin de Nessie ?

 

astree deck arriere 1

 

C’est une sorte de bossoir, solitaire. Je ne sais pas ce qu’il devait relever, ou abaisser.

Au milieu de la dunette subsistent les restes de ce qui devait être le mécanisme d’action de la barre.

 

astree deck arriere 2

 

Nous passons par-dessus bord pour descendre le long de la coque. Malgré le brouillard et la baisse de luminosité, on peut constater que la poupe est bien conservée. Sous la courbure très prononcée, le gouvernail et l’hélice sont bien là. L’espace entre l’hélice et le safran est assez large pour que les plongeurs puissent y passer.

 

astree helice

 

Le contre-jour permet de distinguer le safran de l’étambot sous la courbure de la poupe.

 

astree safran

 

Nous regagnons le pont, mais il en manque un… Devant nous s’élève une colonne de bulles et de touille remuée bien épaisse : c’est Ramoucho qui doit faire le sanglier dans la vase 5 ou 6 mètres plus bas. Quelques secondes plus tard, telle Vénus sortie des eaux, il émerge au milieu de ce panache crasseux. Tout va très bien, il a le sourire.

Nous regagnons l’angle bâbord arrière du château où est fixé le bout de balisage. On a pris notre temps et à ces profondeurs… La lente ascension commence mais à peine quelques mètres plus haut, entendant marmonner dans le détendeur, je suis du regard la direction indiquée par la main semblant dire « non mais regarde ça ! »

 

astree ramoucho

 

Accroché par les mollets, palmes croisées, allongé la tête en arrière, Ramoucho fait des bulles ! No stress ! Cooooool !

On mettra ça sur le compte de la somme des émotions vécues lors de cette plongée en eaux troubles dans un lieu glauque. A mon avis, il a aimé !

 

Une prochaine fois, je montrerai l'Astrée sous un meilleur jour, avec des sangliers...

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 00:09

 

Depuis le début véritable de la saison s’est produite une série de situations réduisant parfois considérablement le côté zen de la plongée sur épaves. Bien sûr, chacun s’étant trouvé dans ces cas peut toujours y trouver un intérêt, par exemple sur l’aspect « révision des basiques ». Néanmoins, la plongée sur épaves est quand même beaucoup plus sympa lorsque tout se passe bien, lorsque tout est maîtrisé. Voilà, l’essentiel, c’est de maîtriser, à chaque instant, même si les éléments…

 

zen narcosis

 

Qu’est-ce qui a bien pu le mettre dans cet état ? Il se passe parfois des choses étranges sur les épaves…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 19:12

Terminons le tour de l’Alice Robert par l’arrière du château et le pont écourté par la cassure due au torpillage.

Surplombant les entrées des coursives, la tourelle portant le double affût de 37 mm semble être soutenue par des pieds fins et fragiles.

 

bananier 170411 double canon 2

bananier 170411 double canon 3

 

Il n’y a plus l’échelle d’accès à la plateforme, ni les pieds la supportant : ils sont probablement tombés lors de l’effondrement des claires-voies à leur base.

 

bananier 170411 double canon

bananier 170411 double canon 1

 

Quittant la tourelle, on rejoint le pont arrière couvrant les cales.

 

bananier 170411 pont 2

 

A la différence des cales à l’avant, la première cale arrière est presque totalement fermée.

 

bananier 170411 pont arriere

 

Les claires-voies sont encore en relatif bon état.

 

bananier 170411 cale arriere

 

De chaque côté de la cale étaient installés des affûts de 20 mm pour la défense anti-aérienne.

 

bananier 170411 mitrailleuse ar tribord

 

Sur tribord, le cerclage est encore visible alors que sur bâbord la structure est plus dégradée, comme l’est d’une manière générale ce flanc.

 

bananier 170411 mitrailleuse ar tribord 1

bananier 170411 mitrailleuse ar babord

 

Ce pont arrière a été remanié par l’armée allemande lors de la transformation de l’Alice Robert cargo fruitier en navire d’escorte SG-11. Le mât et les treuils ont été supprimés. A leur place, un canon de 105 mm, comparable à celui de la proue, a été installé. Il pointe vers la surface.

 

bananier 170411 canon arriere

bananier 170411 canon arriere 1

 

Bordant la cassure, ce canon est la dernière structure. Le navire, torpillé au niveau de la seconde cale arrière, s’est brisé. Sur tribord, quelques mètres de coque et du pont subsistent alors que côté bâbord, la cassure est presque nette au ras de l’ouverture de la cale, désormais béante.

 

bananier 170411 cassure flanc tribord

bananier 170411 cassure

 

Cette cassure est souvent un point d’accrochage des filets et malgré les dimensions de l’ouverture, il faut être prudent.

Voilà pour l’état des lieux de l’épave de l’Alice Robert telle qu’elle était en ce printemps 2011. Malgré sa dégradation observable d’année en année, elle a encore de beaux restes et un attrait indéniable. Il suffit de demander aux plongeurs ce qu’ils en pensent…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 23:53

Très ajouré, ne tenant que par des montants fragiles et rongés, le château s’est écroulé à l’automne dernier. Lors de ma première visite, la visi était si réduite que j’avais pensé l’effondrement uniquement côté bâbord (voir Jour sombre et Evolution ). Une autre visite en début d’année m’avait fait constater que l’affaissement était général (voir Première plongée de 2011 ). En réalité, c’est plus compliqué. Pour bien comprendre, voici un tour du pont le plus élevé du château.

 

La vue depuis le pont avant montre que la structure s’est abaissée de presque un niveau, avec un affaissement plus important au centre de la façade avant.

 

bananier 170411 facade chateau

bananier 170411 facade chateau 1

 

Faisons le tour par tribord. L’angle tribord avant a conservé sa structure. Une ouverture est encore visible, mais l’accès à l’intérieur est très réduit.

 

bananier 170411 angle avant tribord

 

Un peu plus loin, l’un des 4 bossoirs reste le seul encore en place, tourné vers l’extérieur.

 

bananier 170411 flanc tribord

 

Au niveau de l’angle tribord arrière, on peut bien prendre la mesure de l’abaissement. Le plafond se trouve à peine au-dessus du niveau du bastingage.

 

bananier 170411 angle chateau tribord

 

Au centre de la façade arrière, les alentours de la petite pièce de l’atelier sont intéressants pour la compréhension de la dégradation. L’atelier en lui-même a gardé ses dimensions.

 

bananier 170411 atelier

 

Les claires-voies séparant ce local de la tourelle portant le double canon, et qui supportaient les pieds de la plateforme d’accès, se sont écroulées (les pieds ont disparu aussi).

 

bananier 170411 claires voies

 

Peu de lattes en bois du pont résistent. Elles disparaissent plus vite que l’acier. Le quadrillage métallique est déformé sous l’atelier, laissant craindre que la petite pièce descende prochainement d’un niveau au centre du pont. Les bossoirs sur bâbord, fixés au niveau du bastingage, sont toujours tournés à l’intérieur. L’affaissement du pont est très net.

 

bananier 170411 bossoirs

 

Les extrémités des coursives inférieures, n’ayant pas de charge à supporter, sont bien conservées.

 

bananier 170411 entree coursives

 

Le dessus du château est un fouillis de tôles, câbles et débris divers. Les 3 citernes entourant la cheminée ne sont plus les seuls gros objets saillants car suite à l’écroulement, la cheminée dépasse désormais à nouveau.

 

bananier 170411 chateau

bananier 170411 chateau 1

bananier 170411 chateau 2

 

Le plafond de la coursive bâbord est également au niveau du bastingage. L’angle avant bâbord repose même dessus.

 

bananier 170411 angle babord avant

 

Il y a eu un affaissement d’un niveau du pont le plus élevé, mais la structure qui soutenait le niveau a dû céder en dessous, au moins par endroits, plutôt au centre de l’épave. La déformation au niveau de l’atelier montre que le phénomène va se poursuivre. La visite de l’intérieur, qui était délicate mais faisable jusqu’à l’an dernier, doit être à présent très dangereuse. Il sera donc difficile de mesurer l’étendue des dégâts depuis les entrailles de l’épave…

 

Suite et fin de la visite au prochain épisode…

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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