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plongée en Roussillon

Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 01:51
Non, la dose du week-end précédent n’a pas suffi. La météo prévoit encore de la tram assez forte. Pas de quoi freiner les ardeurs des vrais plongeurs, ceux que le non-plongeur peut légitimement classer dans la catégorie des givrés (avant même de s’être trempé dans l’eau fraîche). Ce samedi matin, je retrouve Mathieu, Fabrice et Ramoucho sur le port. Ramoucho a récupéré son matériel qui a passé l’hiver dans l’atmosphère un peu poisseuse et aromatique (mélange d’iode, de sel marin et de tout un tas de minuscules choses en lente décomposition) du club. Ce n’est pas grave s’il sent le vieux poulpe, il n’a pas encore pris son bain annuel.
Après un petit détour aux pieds de diverses fortifications locales, nous prenons la route de Banyuls. Mais la houle tape trop derrière l’île Grosse et nous décidons un repli à Paulilles.
Nous nous équipons dans la joie et la bonne humeur. L’hiver a eu des conséquences inattendues sur les organismes des plongeurs. Depuis la naissance de Lorena, Mathieu se sent léger, si léger, que même avec sa ceinture de plombs, il a du mal à garder les pieds sur terre.


Conséquences hivernales différentes chez Ramoucho : Fabrice a bien du mal à fermer la combi. Qu’est devenu le corps athlétique du super héros ? L’été approche, les admiratrices vont revenir. Il va falloir prendre des mesures…


La tranquillité de la plage n’est perturbée que par les vaguelettes. Ici, tout est calme. De nous quatre, Fabrice est le seul à ne pas plonger en étanche. Mais c’est un guerrier dans l’âme qui endurcit son organisme en vue de prochaines évaluations.


L’eau n’a pas pris un degré depuis la semaine précédente : 10°C. Nous nous éloignons en surface de la plage, jusqu’à trouver quelques mètres de fond pour nous immerger. La visi est correcte. Mais après quelques instants, nous survolons un véritable dépotoir ! Déchets plastiques, pneus, bouteilles, canettes sont regroupés au milieu de débris végétaux sur un périmètre  de quelques dizaines de m2. Effet des courants ? Cette accumulation très localisée provoque le dégoût et je peste intérieurement contre ceux de mes congénères qui méprisent le monde qui les entoure. J’attrape un sac plastique entre 2 eaux. Il faudrait une benne…


Je retrouve les habitants du site. Une fausse nacre (Pinna rudis) fermée est plantée dans le substrat.


Des planaires (Prostheceraeus giesbrechtii) tachent de mauve les rochers. Petit jeu : trouvez de quel côté est la tête !


Les ascidies naines (Clavelina nana) tapissent la roche. Quelques-unes incolores se sont glissées au milieu. Ces animaux, au développement très intéressant, sont étonnants.


Beaucoup plus grand, un beau spirographe (Sabella spallanzanii) déploie son panache à l’extrémité de son tube, indifférent au serran (Serranus cabrilla) qui lui tourne autour.


Dans une petite faille, un céphalopode a laissé sa ponte.


Dans une autre faille, une protule (Protula tubularia) a construit son tube calcaire au bout duquel elle déploie, comme le spirographe, son panache.


Sur un joli pan de roche vertical de plusieurs mètres de haut, toute une faune fixée s’est installée. Entre les éponges, les serpules, les hydraires et autres, les anémones encroûtantes jaunes (Parazoanthus axinellae) apportent une touche de couleur vive.


Sur le chemin du retour, je m’arrête sur des taches circulaires de quelques centimètres de diamètre, couleur caramel. Ce sont des bryozoaires encroûtants (Schizobrachiella sanguinea). Ces « animaux-mousses » sont de proches parents de la dentelle de Neptune, du faux corail ou encore de la rose de mer. Ils forment des colonies d’individus minuscules contenus dans des logettes, un peu comme les polypes des coraux, mais la similitude s’arrête là.


Enfin, une fois de plus, je surprends une tylodine jaune (Tylodina perversa) en plein repas.



66 minutes après l’immersion, nous faisons surface au bord de la plage, sans sensation de froid, mais tout de même les doigts gourds. Direction la douche pour rincer l’équipement, puis retour au port où Ramoucho me suggère que pour son régime d’athlète, une bonne pizza bien garnie serait la bienvenue…
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 01:24
Après le repas, le vent souffle toujours fort. Nous passons à la capitainerie pour consulter la météo. Il est annoncé force 10-11 pour le lendemain. Nous récupérons les blocs gonflés et nous partons encore plus au sud que le matin : direction Banyuls. Nous nous arrêtons juste avant la plage des Elmes.


A part les mouettes, la plage est déserte.


Ça ne se voit pas sur les images, mais au loin la mer est blanche et les embruns soulevés sont assez denses pour créer un arc-en-ciel au-dessus des vagues. La plongée se fera à l’abri du vent, le long des roches.


Nous constatons rapidement que la visi est beaucoup plus mauvaise que le matin. Même à l’abri, nous ressentons au fond les mouvements de la houle.


Nous scrutons les rochers à la recherche de la petite bête, comme d’habitude. De toute façon, même s’il en passait une très grosse à quelques mètres, nous ne la verrions pas. Pour la voir, il faudrait qu’elle soit très grosse et trop près, ce qui serait gênant : impossible à prendre en photo !
Ici aussi, il y a des élysies (Elysia timida) à petits points.


Ici également, les ophiures noires (Ophiocomina nigra) prolifèrent.


Une femelle tripterygion (Tripterygion delaisi) prend la pose pour François. Elle a l’amabilité de rester pour moi aussi.


Une holothurie à pointes blanches (Holothuria polii) est posée à côté d’un de ses proches parents échinodermes plus piquant.


Des histoires de membres d’une même grande famille qui piquent, c’est ce que l’on trouve chez les cnidaires. Il y le cérianthe (Cerianthus membranaceus) qui fabrique un tube muqueux planté dans le substrat.


Plus petite (environ 2 cm), mais construite en dur, la dent de cochon (Balanophyllia europaea) est un madrépore solitaire


Plus élancée, la gorgone orange (Lophogorgia ceratophyta) se reconnaît à sa finesse et à ses ramifications droites.


Et bien sûr, il y a l’anémone verte (Anemonia sulcata), très urticante, sauf pour quelques habitués comme le petit crabe des anémones (Inachus phalangium) qui se cache ici à l’ombre des tentacules.


Tous ces cnidaires sont armés pour harponner ce qui vient se frotter.
Dans ce monde impitoyable, d’autres prédateurs rodent. J’ai déjà présenté la tritonia rayée (Tritonia striata) (voir Nudibranches (9) ), minuscule nudibranche qui se nourrirait de polypes de cnidaires.


Plus grosse et mal cachée sous sa coquille en forme de bouclier encroûté, cette tylodine jaune (Tylodina perversa) est prise en flagrant délit de grignotage d’éponge jaune (Verongia aerophoba) (voir Nudibranches ? (4) ).



L’eau ne s’est pas réchauffée depuis le matin et il commence à se faire tard. Après 67 minutes, nous émergeons sur la plage toujours déserte. Au loin, la mer est peut-être encore plus blanche.
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 01:48
Récemment, il m’a été demandé où allait se dérouler ma première plongée de 2009, en suite logique à l’article de l’an dernier à cette même époque (voir 1ere plongee de 2008.). Voici donc la réponse. Il était une fois 2 plongeurs. L’un n’était jamais vraiment sec, l’autre beaucoup trop. L’un vivait à la mer, l’autre à la campagne. Par un frais vendredi d’hiver, le plongeur de la campagne décida d’aller rendre visite au plongeur de la mer…
Le samedi matin, rendez-vous est pris à 9h30 pour récupérer des blocs. Le ciel est bleu. Des nuages blancs défilent. C’est normal, avec force 9 de tramontane… Nous longeons la côte à la recherche d’une mise à l’eau abritée. Finalement, nous nous arrêtons à Paulille.


Pour information, malgré l’impression donnée, François n’a pas enfoncé le panneau, c’était déjà comme ça.
Mise à l’eau de la plage. L’eau est à 11°C et la visi ne semble pas trop mauvaise. Un peu de palmage en surface le temps de trouver un peu de fond et nous nous immergeons au-dessus de petits rochers avec par endroits des taches de posidonies. Parmi ces plantes, nous observons plusieurs fausses nacres (Pinna rudis)


L’objectif de cette plongée est, pour moi, de tester l’utilisation du flash externe au bout du bras articulé, fixé sur la poignée de la platine du caisson étanche. Mine de rien, en situation, l’encombrement est significativement plus important qu’avec le petit caisson seul. La manipulation de l’ensemble flash-bras n’est pas si aisée. De plus, avec une visi de 5 m, l’eau est chargée en particules qui risquent de trop bien ressortir avec le flash. Je vais me contenter de la macro, ou du moins de la photo très rapprochée.
Les rochers se font plus grands, avec des surplombs, et ils sont colonisés par exemple par de jolies petites ascidies


Sur les parois, les spirographes au panache déployé profitent de l’importante concentration en particules


Avec cette visi, il faut être attentif car nous pourrions rapidement nous perdre de vue : problème de la palanquée de paparazzi ! Nous progressons très lentement. François aime chercher la petite bête. Son thème du jour est quelque chose comme « explosion de couleurs ». Moi, je me bagarre un peu avec mon matériel neuf et je cherche aussi la petite bête, mais pas forcément avec des couleurs. Sans un minimum d’attention, qui s’arrêterait sur cette anémone (Cereus pedunculatus) ?


Plus petite, mais plus colorée, une planaire rose (Prostheceraeus giesbrechtii)


Encore plus petites, ces elysies (Elysia timida) au vert tendre finement ponctué.


Puis nous arrivons dans une zone où prolifèrent des ophiures noires (Ophiocomina nigra).


Ces animaux sont réputés pour leur résistance à la pollution. Je ne sais pas si leur présence ici en grand nombre peut être corrélée à un problème chronique.
Sur le chemin du retour, François me montre une mignonne petite étoile de mer (Asterina gibbosa)


Après 75 minutes d’immersion, nous sortons sur la plage où vole le sable. Nous profitons des douches en fonctionnement pour rincer le matériel et nous changer à l’abri du vent qui s’est renforcé. Direction Port Argelès pour faire gonfler les blocs et trouver où nous restaurer avant de nous remettre à l’eau…
Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 20:12

Dans une de ses nouvelles, Ray Bradbury raconte la « presque » rencontre d’un humain et d’un extraterrestre. L’un et l’autre, 2 créatures de 2 mondes parallèles, s’arrêtent au même endroit, un lieu désert au bord d’une route, au même moment. La nuit et la solitude de chacun suscitent la rêverie.

Fin de plongée sur l’Alice Robert, une belle plongée avec une bonne visi. Levant la tête vers le bidon de balisage près de 30m plus haut, nous voyons une silhouette très facilement identifiable, même à cette distance.


La silhouette ne fait que passer alors que nous remontons lentement vers la lumière. Durant le palier, un nuage de poissons tourne autour de nous, seule manifestation dans le bleu où nous sommes suspendus.


Les palanquées remontent sur le bateau tandis que je reste seul au bidon, attendant le signal pour décrocher le bout. C’est si agréable d’être là tout seul dans ce bleu lumineux. Les poissons sont partis. Un peu plus bas que moi, plus loin que le bateau, je la vois revenir. Je me laisse simplement couler de quelques mètres et, sans bouger, j’attends…


Je l’accompagne encore un peu. Un banc de petit poissons est revenu autour de nous. Elle vire une ou deux fois puis reprend son chemin rectiligne.


Encore quelques derniers mètres à côté d’elle et je la laisse aller. Je dois remonter et décrocher. Dans le bleu sombre en dessous de nous se devine le mât du bananier…



Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 00:22
Fin de saison. C’est très calme ce dimanche après midi. Il n’y a que quelques volontaires pour une petite immersion sous un beau soleil. Pas trop de monde, pas de débutant… Et si on allait voir là où on ne va que trop rarement ? C’est un peu le problème des sites qui ne sont pas forcément accessibles à tous les niveaux : on peut rarement y aller. Cette fois, c’est l’occasion.
Le mouillage est jeté. Je descends pour estimer la qualité de la visi au fond. L’eau est laiteuse, mais la visi n’est pas mauvaise. C’est bon, on va rester là. Quelques minutes plus tard, je redescends avec ma palanquée. Petite promenade sur le coralligène sur 25 m, puis nous remontons le long de la roche. Un peu plus loin, nous retrouvons les autres plongeurs qui se sont immobilisés sur une arête rocheuse. Que se passe t-il ? Devant nous défilent des mérous…


Une crête, puis une autre, puis la troisième, c’est partout le même spectacle. Les mérous semblent exécuter un ballet devant nos masques. Ils vont et viennent, se chassent, s’écartent puis reviennent. Il y a des règles dans ce groupe. Il y a de l’ordre dans ces déplacements apparemment erratiques.



Il semble que nous attirons leur curiosité. Nous n’étions pas attendus et certains habitants viennent nous voir, s’approchent puis virent brusquement, repartent puis reviennent etc.


Poussez-vous les castagnoles !


Il y en a de toutes les tailles. Les plus jeunes semblent regroupés sur la 3è crête rocheuse. Les plus gros sont autour des 2 autres crêtes. C’est là que nous croisons un grand mâle dans sa livrée de reproducteur. Serions-nous en train d’assister à un ballet prénuptial ? La saison est pourtant bien avancée.


Personne ne bouge. Pendant de longues minutes, nous restons tous là à regarder le spectacle…



J’en ai compté 14. Bien sûr, il est difficile de ne pas les confondre. Mais le nombre importe peu. C’est l’observation de ce moment de vie de ces animaux emblématiques de nos eaux qui a fait de cette immersion un moment rare et inoubliable.

Par Homo palmus - Publié dans : plongée en Roussillon
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