Le Charles L. Brown était un câblier de la société AT&T (American Telephon and Telegraph) portant le nom d’un de ses anciens présidents. Le navire a été acheté pour un dollar symbolique en 2002, nettoyé et coulé en juillet 2003 pour former un récif artificiel. L’épave de 100 m de long repose couchée sur le flanc tribord sur un fond sableux de 31 m.
C’est presque une visite en privé que nous offre Ingrid pour découvrir cette épave : nous sommes seuls sur ce grand bâtiment.
L’épave est visible depuis la surface. Ça nous change ! Un petit groupe de carangues passe à proximité de l’épave. Nous descendons sur la proue. Le nom du navire est encore lisible au-dessus de l’écubier bâbord.
L’étrave a dû subir quelques chocs. Sous la coque, un poisson ange reste dans l’ombre.
La proue a un côté monstrueux. Au lieu d’une pointe élancée, c’est une énorme protubérance pour guider le passage des câbles.
Passé le grand portique, la vue se déroule sur le pont avant et le château.
La façade a de nombreux yeux au-dessus d’une gueule béante. Non, ce n’est pas la narcose, j’ai une pensée pour Foifoi nageant en pleine soupe de légumes sur le
Bananier…
En poursuivant derrière la passerelle, nous atteignons la cheminée et d’énormes aérateurs.
De ce point, nous avons une vue sur toute la partie arrière jusqu’à la poupe.
En se retournant, la vue porte sur le mât en partie plié. Si dans son ensemble l’épave n’apparaît pas très colonisée, il y a pourtant de la vie fixée. Tout comme la grue à la proue, le mât plus exposé aux courants, est encroûté, notamment par un bouquet dense de gorgones sombres.
Nous longeons le pont arrière en direction de la poupe.
Puis vient le moment de contourner la poupe. J’aime cette partie des épaves, lorsqu’elle est bien conservée. Courbes, perspectives, impression de masse, hélices et safran, tout concourt à donner à cet endroit un pouvoir évocateur fort.
Nous faisons le chemin inverse, longeant le flanc bâbord. Le petit groupe de carangues reste très timide et il garde ses distances. Nous n’aurons pas la chance de voir évoluer le grand banc qui fréquente habituellement les lieux.
Une dernière vue d’ensemble du Charles L. Brown et nous regagnons lentement la surface.
Je n’ai pas l’habitude de visiter des épaves par une visi pareille. La dernière fois remonte à bien des années, en Mer Rouge, sur le Salem Express. J’y ai pensé au début de la promenade,
mais l’impression générale n’a rien à voir. Il ne s’agit pas ici d’un cimetière fréquenté par des dizaines de plongeurs. Le navire a aussi une allure très différente et il offre des points de vue
étonnants à la proue comme à la poupe. Une seule visite ne suffit évidemment pas. Il faudra que nous y retournions pour découvrir au moins une partie de l’intérieur…
A cette occasion, il faudra donner rendez-vous au banc de carangues
Merci beaucoup à Ingrid pour la ballade. C’est une grande chance d’avoir pu découvrir cette épave dans ces conditions.

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