Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 08:16

 

Le Charles L. Brown était un câblier de la société AT&T (American Telephon and Telegraph) portant le nom d’un de ses anciens présidents. Le navire a été acheté pour un dollar symbolique en 2002, nettoyé et coulé en juillet 2003 pour former un récif artificiel. L’épave de 100 m de long repose couchée sur le flanc tribord sur un fond sableux de 31 m.

C’est presque une visite en privé que nous offre Ingrid pour découvrir cette épave : nous sommes seuls sur ce grand bâtiment.

L’épave est visible depuis la surface. Ça nous change ! Un petit groupe de carangues passe à proximité de l’épave. Nous descendons sur la proue. Le nom du navire est encore lisible au-dessus de l’écubier bâbord.

 

Statia 2012 charles brown 1231m1

 

L’étrave a dû subir quelques chocs. Sous la coque, un poisson ange reste dans l’ombre.

 

Statia 2012 charles brown etrave 1233m

 

La proue a un côté monstrueux. Au lieu d’une pointe élancée, c’est une énorme protubérance pour guider le passage des câbles.

 

Statia 2012 charles brown proue1236m

 

Passé le grand portique, la vue se déroule sur le pont avant et le château.

 

Statia 2012 charles brown 1344m

Statia 2012 charles brown facade chateau1241m

 

La façade a de nombreux yeux au-dessus d’une gueule béante. Non, ce n’est pas la narcose, j’ai une pensée pour Foifoi nageant en pleine soupe de légumes sur le Bananier… 

 

Statia 2012 charles brown facade chateau1334m

 

En poursuivant derrière la passerelle, nous atteignons la cheminée et d’énormes aérateurs.

 

Statia 2012 charles brown cheminee 1310m

 

De ce point, nous avons une vue sur toute la partie arrière jusqu’à la poupe.

 

Statia 2012 charles brown cheminee 1264m

 

En se retournant, la vue porte sur le mât en partie plié. Si dans son ensemble l’épave n’apparaît pas très colonisée, il y a pourtant de la vie fixée. Tout comme la grue à la proue, le mât plus exposé aux courants, est encroûté, notamment par un bouquet dense de gorgones sombres.

 

Statia 2012 charles brown cheminee 1267m1

Statia 2012 charles brown gorgones 1309m

 

Nous longeons le pont arrière en direction de la poupe.

 

Statia 2012 charles brown pont arriere 1269m1

 

Puis vient le moment de contourner la poupe. J’aime cette partie des épaves, lorsqu’elle est bien conservée. Courbes, perspectives, impression de masse, hélices et safran, tout concourt à donner à cet endroit un pouvoir évocateur fort.

 

Statia 2012 charles brown poupe 1273m

Statia 2012 charles brown poupe 1275m

Statia 2012 charles brown helices 1278m

Statia 2012 charles brown poupe 1285m

 

Nous faisons le chemin inverse, longeant le flanc bâbord. Le petit groupe de carangues reste très timide et il garde ses distances. Nous n’aurons pas la chance de voir évoluer le grand banc qui fréquente habituellement les lieux.

Une dernière vue d’ensemble du Charles L. Brown et nous regagnons lentement la surface.

 

Statia 2012 charles brown 1337m

 

Je n’ai pas l’habitude de visiter des épaves par une visi pareille. La dernière fois remonte à bien des années, en Mer Rouge, sur le Salem Express. J’y ai pensé au début de la promenade, mais l’impression générale n’a rien à voir. Il ne s’agit pas ici d’un cimetière fréquenté par des dizaines de plongeurs. Le navire a aussi une allure très différente et il offre des points de vue étonnants à la proue comme à la poupe. Une seule visite ne suffit évidemment pas. Il faudra que nous y retournions pour découvrir au moins une partie de l’intérieur…  A cette occasion, il faudra donner rendez-vous au banc de carangues 

Merci beaucoup à Ingrid pour la ballade. C’est une grande chance d’avoir pu découvrir cette épave dans ces conditions.

Par Homo palmus - Publié dans : Antilles
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 08:15

 

Pourquoi ce slogan serait-il réservé au contexte politique récent ? Il n’y a pas que dans les lointains ministères de la capitale que les choses changent. Des événements d’une importance considérable se produisent également au club !

 

Que font Sylvain et Fabrice ? Ont-ils trouvé un nouveau moyen d’entretenir leurs corps d’athlètes ?

 

antares sub gonflage chariot

 

Non, enfin, si, peut-être, mais c’est un effet non prévu à l’origine. La raison, la voilà :

 

antares sub gonflage porte

 

Pourquoi apporter ce chariot devant cette porte, certes bleue, mais fermée ? Ouvrons et entrons…

 

antares sub gonflage gonflage

 

Oh ! Mais que voilà un endroit intéressant ! C’est un peu comme dans l’antre du Père Noël, un endroit caché où s’opère une certaine magie à destination du plongeur qui rêve de trouver au petit matin (les yeux encore tout ensommeillés) un bloc bien gonflé avec du bon air bien propre.

Deux compresseurs pour une capacité totale de presque 40 m3/h, 4 tampons maintenus en permanence à 300 bars, une installation pour travailler en toute sérénité, une manutention réduite grâce aux chariots parfaitement dimensionnés, c’est une station de gonflage toute neuve qui ronronne à distance du vestiaire, supprimant ainsi une gène sonore et libérant de l’espace pour le confort des plongeurs.

 

antares sub gonflage station 1

antares sub gonflage station

 

Déjà fonctionnelle, la station est prévue pour recevoir prochainement d’autres aménagements.

Ce changement n’est pas la seule nouveauté de ce début de saison.

 

antares sub nouveaute

 

D’autres nouvelles prochainement…

Par Homo palmus - Publié dans : vie du club
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 08:54

 

Le St Eustatius National Marine Park a été fondé en 1996 dans un double objectif de conservation et de gestion des ressources marines. Le parc entoure toute l'île sur une surface totale de 27,5 km2 et s'étend de la surface jusqu’à 30 m de fond. Avec le parc national terrestre Quill – Boven, ces zones protégées appartiennent au St Eustatius National Parks (STENAPA).

Lors de la création du parc marin, le récif artificiel nommé STENAPA reef a été établi en déposant plusieurs épaves, dont une barge et un petit remorqueur, pour attirer la faune et ainsi recréer une zone d’intérêt pour les pêcheurs en dehors de la réserve marine.

 

Statia 2012 stenapa epave 1548m

Statia 2012 stenapa epave 1571m

Les épaves sont colonisées différemment. Ma préférence va au petit remorqueur de 15 m.

 

Statia 2012 stenapa epave remorqueur 1573m

Statia 2012 stenapa epave remorqueur 1577m

Statia 2012 stenapa epave remorqueur 1575m

 

Sa colonisation est étonnante. Il est recouvert d’une grande variété d’éponges et de cnidaires multicolores.

 

Statia 2012 stenapa epave remorqueur 1585m

 

Sur ce fond de sable, les vestiges offrent non seulement des supports de développement, mais aussi des refuges.

 

Statia 2012 stenapa vers tubicoles 1626m

Statia 2012 stenapa pterois volitans 1556m

 

Il y a des petits animaux délicats, comme les crevettes de Pederson.

 

Statia 2012 stenapa crevettes de Pederson P1010281m

 

Et d’autres d’apparence moins frêle comme l’holothurie verruqueuse

 

Statia 2012 stenapa holothurie verruqueuse 1637m

 

Qui dit récif, dit garde-manger, non seulement pour les pêcheurs, mais aussi pour les barracudas.

 

Statia 2012 stenapa barracuda 1629m

 

Bien que les alentours soient sableux, des petites raies trouvent des surfaces où se poser.

 

Statia 2012 stenapa raie 1633m

Statia 2012 stenapa raie 1636m

 

Il ne faut pas négliger les zones de sable entre les épaves. C’est là que sont les plus grandes raies.

 

Statia 2012 stenapa raie 1595m

Statia 2012 stenapa raie 1597m

 

C’est aussi l’endroit pour trouver le bernard-l’ermite géant, crustacé qui peut paraître ambitieux quand on voit la taille de l’énorme coquille qu’il semble traîner avec peine. Toutefois, lorsqu’il atteindra les 30 cm, il lui faudra au moins ça !

 

Statia 2012 stenapa bernard l'ermite geant 1623m

 

Dans cet environnement de sable, le moindre objet compact solide est un îlot de vie colorée. Certains peuvent y trouver un abri ou peut-être de quoi se nourrir, comme ce juvénile de poisson-ange.

 

Statia 2012 stenapa ange juvenile 1616m

 

La vie sous-marine peut être luxuriante. De trop nombreux exemples montrent que l’impact humain est dévastateur, que ce soit directement par le prélèvement des ressources ou indirectement par la pollution et la dégradation des environnements. Suivies, respectées et entretenues, les réserves ont un effet visible. Les concevoir dans un système intégré de développement durable, économiquement et socialement acceptable, est beaucoup plus intelligent que de se limiter à une simple zone d’interdictions et de restrictions. L’idée de développer des récifs artificiels en dehors d’une zone désormais protégée est donc intéressante, à condition que ce soit bien fait. Et en plus, la plongée a tout à y gagner.

Par Homo palmus - Publié dans : Antilles
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 08:42

 

Le Chien Tong était un bateau de pêche taiwanais. Il a été coulé en 2004 pour devenir un récif artificiel. Posé bien droit sur sa quille par 21 m de fond, son apparence générale est encore relativement propre. J’avais déjà raconté la visite de cette épave il y a 2 ans (voir Statia, the Historic Gem (1) ). Cette fois, nous y sommes retournés de nuit.

De jour, les images étaient dans les bleus. De nuit, l’éclairage artificiel révèle des couleurs vives. Une première question se pose : quelle pouvait bien être la couleur du Chien Tong ?


Statia 2012 chien tong 1184m

 

Les organismes colonisant la tôle au fil des ans ajoutent progressivement des touches d’autres couleurs.

 

Statia 2012 chien tong 1179m

 

Sur le fond de sable passe une raie pastenague. Des langoustes se promènent sur les structures.

 

Statia 2012 chien tong P1010110

 

Nous prenons une coursive sur bâbord depuis la passerelle en direction de la poupe alors que du fond remonte vers nous une tortue. Pour la première fois de la soirée, je suis confronté à un problème technique qui se reproduira plusieurs fois : il faut se dépêcher de prendre la photo, sinon l’animal est trop près !

 

Statia 2012 chien tong 1191m

 

La partie habitable du navire est un hôtel à tortues. Rares sont les gros individus qui se déplacent.

 

Statia 2012 chien tong 1208m

 

Les plus grosses tortues dorment, posées à l’intérieur des pièces de la partie arrière de l’épave. Certaines, préférant peut-être rester au grand air, se reposent dans les coursives.

 

Statia 2012 chien tong 1193m

 

Il y a de la place sur cette épave. Pourtant, certaines tortues solitaires se mettent dans des endroits impossibles.

 

Statia 2012 chien tong 1197m

Statia 2012 chien tong 1206m

 

Quel que soit l’endroit où nous passons, il y a forcément une ou 2 tortues posées ou en mouvement.

 

Statia 2012 chien tong 1220m

 

Le mouvement… Au-dessus des structures, c’est un balai aquatique en solo ou en duo.

 

Statia 2012 chien tong 1218m

Statia 2012 chien tong 1202m

Statia 2012 chien tong 1203m

Statia 2012 chien tong 1204m

Statia 2012 chien tong 1205m

 

Et cela continue jusqu’au palier, où nous avons la visite d’une tortue, tandis que nos éclairages attirent un banc de tout petits calmars très câlins.

 

Avant la plongée, on nous avait dit de faire attention de ne pas se cogner dans les tortues. Nous avions pris ça à tort pour de l’humour marseillais…

Par Homo palmus - Publié dans : Antilles
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 10:58

 

Couleurs

 

T’as d’beaux yeux tu sais ? Les yeux des animaux marins sont parfois étonnants. Seiche, poulpe et calmar, bien que proches parents, ont des yeux différents (voir La seiche ) et sont des pros du maquillage coloré. Notre ami le mérou brun Epinephelus marginatus aurait-il les yeux bleus ? Mettrait-il un peu de rose sur ses grosses lèvres lippues et d’orange sur sa nageoire dorsale ? Et toutes ces taches claires ? Serait-il vraiment brun ?

Tout cela change selon l’individu et surtout selon le paparazzi qui le traque. En effet, selon le matériel photo, le rendu des couleurs est très variable. Mais au fait, comment peut-on être certain de révéler les bonnes couleurs ? Dans l’univers de bleus et de verts, nombreux sont les animaux avec du jaune, de l’orange ou du rouge. Lorsque l’on photographie avec un flash ou un phare, le rendu peut être très différent. On peut ensuite facilement faire des retouches. Mais comment savoir à quoi s’en tenir sachant que nous avons figé l’image de l’animal avec un éclairage artificiel ? Comment peut-on définir une « valable » gamme chromatique ?

La couleur n’est pas véritablement une propriété de l’objet car elle varie selon les conditions. Pourquoi ne pas alors profiter de ce biais d’interprétation pour s’exprimer artistiquement ? Andy Warhol n’a pas, à ma connaissance, exercé sa technique sur le mérou brun. C’est peut-être dommage.

Ce qui est flagrant, c’est que parfois, l’animal sous les feux de la rampe n’apprécie pas trop. D’ailleurs, nous-mêmes n’apprécions pas toujours des flashs répétés en pleine poire. Cela est donc aussi très variable selon l’individu et une petite observation après le choc lumineux peut aider à savoir si l’animal exprime son mécontentement. Dans ce cas, soyons sympas, évitons de faire les paparazzi envahissants.

 

merou mai

Par Homo palmus - Publié dans : mérou du mois
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