Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 22:10

Cela fait bien longtemps que je n’ai plus parlé du Pytheas (voir Le Pytheas , Retour sur le Pytheas ). Cette épave n’a absolument rien en commun avec les 4 cargos de la région, et peu avec le Bazan. Le Pytheas semble être la plus vieille épave répertoriée du secteur (à moins que quelqu’un me communique des coordonnées d’une autre épave plus ancienne…). Il a coulé 41 ans après sa mise à l’eau, il y a un peu plus de 112 ans, ce qui lui donne un âge respectable. A l’inverse des autres, il a coulé tout seul, enfin, sans l’aide d’un sous-marin ni même d’une panne des machines. Les roches et la météo ont suffi. Comme le Bazan qui a sombré au bas des mêmes falaises, un peu plus loin, c’était un trois-mâts vapeur. Mais il était plus petit, mesurant seulement 50 m. Et malgré la proximité immédiate des roches, l’exposition aux caprices de la mer et le travail des scaphandriers, il reste plus de vestiges du Pytheas que de son voisin.

La plongée se déroule, entre 3 et 15 m, sur 4 zones : la chaudière, la poupe, les membrures et la zone de la proue.

La chaudière.

Ce gros cylindre, d’environ 3 m sur 3, peut être la première image de l’épave.

pytheas 311009 chaudiere 1

Peu encroûtée, en partie couverte de gorgones blanches, sa surface accueille nombre de flabellines, hervias, planaires et clavelines.

pytheas 311009 chaudiere

Je suis toujours intrigué par une zone sans aucune colonisation ni encroûtement visible comme sur le reste de la surface, selon un découpage net et précis dans la zone pourtant la plus habitée par les gorgones. Est-ce dû à un alliage différent ? A une toxicité du substrat ?

pytheas 311009 chaudiere 5

L’ouverture circulaire près de la base, côté vers le large, permet de jeter un œil aux tubulures à l’intérieur , envasé.

pytheas 311009 chaudiere 4

La poupe.

C’est la seule structure du navire en partie conservée.

pytheas 311009 poupe

Elle est posée sur bâbord et ce qui devait être le gaillard d’arrière est à présent très ajouré.

pytheas 311009 poupe 1 pytheas 311009 poupe contre

En contournant par l’arrière, la cambrure très accentuée se dessine et on découvre les emplacements vides de l’hélice et du gouvernail, disparus.

pytheas 311009 poupe 2 pytheas 311009 gouvernail

En remontant vers la côte, on longe ce qui reste de la quille et ce qui doit être un segment de l’arbre de transmission.

pytheas 311009

Les membrures.

En remontant en direction de la côte, sur une vaste surface de la pente douce s’étalent les membrures.

pytheas 311009 membrures 1 pytheas 311009 membrures 2

Il faut fouiller sous ces tôles pour dénicher les poulpes. Puis, en remontant la pente, on rejoint la paroi rocheuse.

pytheas 311009 membrures

Il faut passer sous l’arche pour accéder à la dernière zone à visiter.

pytheas 311009 arche

La zone de la proue.

Dans cette faille étroite et peu profonde se trouvent des restes des chaînes de mouillage.

pytheas 311009 ancre et chaine

Les anneaux sont soudés par la rouille et l’encroûtement.

pytheas 311009 chaine

Juste à côté se trouve l’une des deux ancres.

pytheas 311009 ancre

Il y a 2 ans encore, la seconde ancre était posée contre celle-ci. Elle s’est évaporée… Je suppose qu’elle doit servir de bibelot dans un jardin, au bord d’une piscine, dans un salon… M’étant replongé dans le livre d’Hervé Levano Les Epaves de la Côte Vermeille, une de mes références pour ces histoires d’Histoire, je suis tombé sur un petit encart que j’avais oublié (p. 38) :

« Une ancre ancienne, parée d’épaisses concrétions, est bien plus belle sous l’eau qu’à l’air libre. Combien d’ancres de ce type ont-elles rouillé au fond d’un jardin ou devant une capitainerie ? J’espère que les lecteurs sauront se contenter d’observer sans les remonter… »

J’ai cité cet exemple de vol égoïste dans un article paru récemment. J’en parlerai plus largement prochainement dans ces pages virtuelles.

Par Homo palmus - Publié dans : épave
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 18:22

Le site de la Moulade a plusieurs caractéristiques qui le rendent intéressant. C’est un site  multi-niveaux où tout le monde peut se faire plaisir, en explo ou en formation, du baptême aux autonomes. Les différents reliefs et faciès hébergent une riche biodiversité, du mérou au plus minuscule nudibranche. J’aime passer presque à chaque visite dans la « faille des corbs », nommée ainsi en raison de la présence permanente de ces poissons. Cette anfractuosité, de moins d’une dizaine de mètres de long, d’environ 5 à 6 m de haut et peut-être de 2 m de large à son entrée, abrite une intéressante diversité d’éponges.

paroi de la faille

 

J’ai déjà donné très brièvement quelques informations sur ces animaux dans l’article montrant des exemples de leur squelette interne (voir A quoi ressemblent les os des éponges ? ). Je vais cette fois simplement présenter la diversité des éponges fixées sur une paroi de la faille.

 

Les éponges à squelette calcaire représentent à peu près 10% des éponges connues. Sur la paroi, je n’en ai vu que 2 espèces proches : clathrine jaune et clathrine blanche (?).

Clathrina clathrus

Clathrine blanche

 

80% des éponges sont des Demosponges. Elles sont également très majoritaires sur cette paroi. La plus visible est la grande axinelle Axinella polypoides.

Axinella polypoides

Une autre axinelle, bien plus petite, est présente : Axinella damicornis

Axinella damicornis 1

La Petrosia ficiformis permet au plongeur de savoir où chercher les doris dalmatiens toujours présents dans la faille.

Petrosia ficiformis 1

Petrosia ficiformis

D’aspect un peu comparable, mais de couleur grise : Chondrosia reniformis

Chondrosia reniformis

De couleur grise aussi, mais plus en boule avec un aspect « chair de poule » : Sarcotragus spinosulus

Sarcotragus spinosulus

Certaines éponges privilégient le développement en surface plutôt qu’en volume, comme Cliona viridis

Cliona viridis

Hemimycale columella

Hemimycale columella

Reniera fulva

Reniera fulva

Pleraplysilla spinifera

Pleraplysilla spinifera

ou Spirastrella cunctatrix

Spirastrella cunctatrix

D’autres forment des lobes très colorés, ce qui les rend faciles à trouver au milieu de tout ce qui recouvre le substrat : Oscarella lobularis

Oscarella lobularis

Oscarella lobularis 1

Oscarella lobularis + sp.

 

L’identification n’est pas toujours facile à faire. J’avais déjà cité le cas de la confusion possible entre Spirastrella cunctatrix et Crambe crambe (voir A quoi ressemblent les os des éponges ? )

Crambe-crambe.jpg

Se fonder sur les formes et les couleurs ne met pas à l’abri de doutes lors de la recherche dans la documentation. Par exemple, est-ce bien un exemplaire d’Aplysina ?

Aplysina.jpg

Et celui-ci, est-ce Disidea avara ?

Disidea-avara.jpg

 

Et inévitablement, il y a des individus que je n’ai pas su identifier. Je suis donc preneur d’informations sur les deux exemplaires suivant :

eponge x

eponge y

Bien entendu, toute information permettant de corriger ce que je viens de raconter est la bienvenue.

 

Sur cette paroi, c’est plus d’une douzaine d’espèces d’éponges qui sont observables. Et j’en ai sûrement oublié ! Il faudrait passer plus de temps et examiner minutieusement, ce qui est rarement compatible avec l’envie des plongeurs en explo qui veulent voir du paysage...

Cette faille abrite aussi des bryozoaires (faux corail, dentelle de Neptune), des mollusques (divers nudibranches), des vers (serpules), des cnidaires (alcyons, gorgones), des crustacés (crevettes bouquet et cavernicole, petite langouste, homard l’an dernier), des échinodermes (ophiures, oursins, étoiles de mer) et bien sûr des poissons (corbs, gobies à lèvres rouges, rascasses, chapon, congre, murène parfois). Peu profonde, facile d’accès, abritée, c’est l’endroit idéal pour sensibiliser les débutants à la biodiversité et vérifier leur maîtrise de la stabilisation…

Par Homo palmus - Publié dans : billet faunistique
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 22:27

Arrive un moment où on ne peut plus reculer : il faut se mettre à l’eau ! Sabrina étant très rassurée après avoir appris le cas d’une baptisée partie à l’hôpital il y a 2 ans, elle a laissé Vanessa passer devant.

Première difficulté : escalader l’échelle avec les palmes (et une combi trop grande)

salon 2010 4

Le gentil moniteur est là pour aider au capelage du scaphandre, à la bonne fixation, dans la mesure du possible (stab taille mammouth).

salon 2010 5

Quelques dizaines de serrages et une ceinture de plomb plus loin, ça y est !

salon 2010 6

Puis les premiers centimètres sous la surface…

salon 2010 7

Et c’est parti ! Au cours de sa balade, elle croisera un écran vidéo immergé, une caméra sous-marine et son ombilic façon tuyau d’arrosage jaune et un canoë militaire. Ça reste un baptême dans une piscine parisienne.

salon 2010 8

Mais les sensations sont quand même là. Ca permet de tester, de se rendre compte que ça n’est pas tout à fait comme d’habitude.

Puisque Vanessa est sortie saine et sauve, Sabrina prend la suite.

salon 2010 9

Même longue série de réglages avant la balade

salon 2010 10 salon 2010 11

Elle fera les mêmes rencontres subaquatiques sur le même parcours. Il faut noter qu’elle parle, elle aussi, avec les mains…

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Et à la fin, malgré l’absence de beaux militaires musclés sportifs, l’expérience semble ne pas lui avoir déplu.

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Le long des allées du salon, les rencontres les plus improbables peuvent se produire.

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Qu’est-ce qui est arrivé à Super Ben ??? C’est sûrement les faux plafonds en kryptonite amiantée. Il s’arrête à chaque stand pour prendre quelque potion régénératrice. Et des stands offrant ce type de potion, il y en a pas mal…

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Le geste est là, bien qu’un peu plus lent…

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Retour au camp de base de Super Ben. Sabrina a décidé de repartir avec la tenue vestimentaire des fans du super héros. Donc elle fait des essayages.

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Mais attention, surtout, il ne faut pas rester là ! On dérange ! C’est un salon où il ne faut pas rester à discuter en petit groupe dans l’allée devant un stand, ça dérange le service d’ordre représenté par des vigiles pour qui le tact ne fait pas partie de l’éducation de base (l’édu- quoi ?). Je ne savais pas que dans un salon, les attroupements de plus de 2 personnes immobiles dans une allée devant un stand constituaient une entrave à la libre circulation… Le genre de comportement qui fait toujours plaisir et qui donne envie de revenir…

L’après-midi touchant à sa fin, par une sorte de réflexe inné étrange, de tropisme biochimique peut-être, les plongeurs sont venus se regrouper autour du stand. Sandrine et Didier ont prétexté un repas important pour s’esquiver (la nuit d’avant ayant été très chargée ). Pierre-Franck et Daphnée, Franck et Sylvain sont arrivés. C’était l’heure de l’apéro !

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Franck était enfin étonnamment réveillé. Il a opté pour un petit verre, comme tout le monde, les grands étant réservés aux boissons sans alcool, absentes !

salon 2010 20

Ce moment est avant tout l’occasion de rencontrer des personnes, d’échanger des points de vue, des idées.

salon 2010 21

Le salon ferme, les allées se vident. L’apéro dure. Finalement, la faim, la fatigue et un virus local me commandent de sortir prendre le frais et de partir en quête d’un restaurant accueillant.

Après une édition 2009 ( Salon de la plongée 2009 (1ère partie) Salon de la plongée 2009 (2è partie) ) nettement moins bonne que celle de 2008 ( 10e salon de la plongée à Paris. 10e salon de la plongée (suite). ), celle-ci selon moi a regagné en qualité. Pour être constructif et aider à améliorer l’un des points qui le mérite, j’aimerais donner cette information surprenante aux organisateurs : il est possible que l’an prochain des visiteurs viennent au salon, alors prévoyez le coup…

Par Homo palmus - Publié dans : immersions a sec parisiennes
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 16:59

Comme chaque année, entre l’Epiphanie et le festival de la BD à Angoulême, c’est le moment du salon de la plongée à Paris (link).

bandeau salon

Cette année, mon programme de la journée étant chargé, j’ai décidé de me motiver pour faire l’ouverture. J’ai donc pu juger de la grande qualité d’organisation de l’événement : rien n’a été prévu pour l’affluence si ce n’est la séparation en deux « files » selon que le visiteur arrive avec une entrée  déjà achetée ou non. Je dis « files » car cela aurait très bien pu être le cas dans un pays civilisé, comme le Japon. Mais certainement pas à Paris. Bref, après une grosse demi-heure de queue à l’extérieur du hall dans la foule (dont il est bien connu que le niveau de raison est inversement proportionnel au nombre de sauvages la constituant), j’ai pu entrer. Après tout c’est vrai, au parc des expositions, il n’y a jamais personne, c’était donc totalement imprévisible…

Cette année, la participation au concours photo du salon donnait droit à un petit cadeau à retirer sur place. Je me suis donc vu recevoir un DVD du film Voyage sous les mers 3D.

voyage 3D

Dans cette édition ont été rassemblées les 2 versions en 2D et 3D avec 4 paires de lunettes adaptées (après essai des 2 versions, je préfère la classique. Mais c’est peut-être la qualité de mon matériel et le fait que porter ces lunettes par-dessus les miennes n’est pas très confortable).

Le premier stand immédiatement après l’entrée est celui des PpO2max, à l’entrée du salon et de l’Aqualung village : difficile d’appeler autrement cette partie du salon vu son étendue…

salon 2010 1

Le temps de saluer Valérie et Thierry (qui prend soin de Camille en l’absence temporaire de JR : c’est ça les vrais amis ) et je commence ma tournée des stands. Premier objectif, aller me renseigner chez un vendeur de matériel photo du sud-ouest pour tenter de savoir pourquoi je n’ai toujours pas reçu mon caisson un mois après ma commande. Réponse : personne ne sait…

Retour à l’entrée du salon où les visiteurs strasbourgeois arrivent après une longue attente sous la pluie dans la foule toujours aussi bien désorganisée. C’est vrai, personne ne devait y venir à ce salon, c’est la surprise totale… Bénédicte et Yasmina (à la recherche d’une destination voyage en groupe) puis Franck (pas très réveillé, mais ça viendra ), Sabrina et Vanessa retrouvent les allées bordées de stands où il serait facile d’y laisser plein de sous. Pour elles, cette année sera l’occasion de faire un baptême recycleur. Donc direction la piscine installée au milieu du hall pour qu’elles s’inscrivent. On leur propose le choix entre un baptême IANTD ou avec la Marine Nationale (et leur appareil ventral à O2). Mue uniquement par le désir de tester du matériel original, et sans aucune pensée pour les militaires musclés et sportifs présents, Sabrina signe pour la Marine Nationale . Vanessa, par pure solidarité, fait de même.

salon 2010 2

Le rendez-vous étant fixé en tout début d’après-midi, ça laisse le temps de régler les autres affaires comme prendre l’assurance complémentaire que j’ai oubliée lors de l’achat de la licence et déposer un chèque chez un voyagiste pour une prochaine escapade en eaux claires et plutôt chaudes… Et c’est l’occasion de rencontrer une personne du club où nous plongerons, d’échanger, de demander des infos pratiques et techniques. Cette rencontre non prévue a été bien venue.

Le salon, c’est aussi le lieu pour retrouver des plongeurs géographiquement éloignés mais spirituellement proches. Quoique parfois, certains passent du côté obscur…

salon 2010 19

Il ne faut pas trop leur en vouloir , Lao Tseu a dit « il faut trouver la voie » (et Picsou a dit « donnez-moi vos sous »). Le tout est de continuer à se faire plaisir et à en donner, dans le respect de règles raisonnées. Et puis, d’une certaine manière je les comprends…

Les heures passent et le petit-déjeuner est loin, mais l’heure du baptême approche. Il est temps de manger un morceau avant de se mettre à l’eau.

salon 2010 3

A suivre…

Par Homo palmus - Publié dans : immersions a sec parisiennes
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 19:21
Nouvelle année rime avec nouvelle saison à venir. Durant cet intervalle de surface hivernal, du haut de sa montagne, Sylvain prépare la rentrée. Alors, pour tous ceux qui aiment venir au club et ceux qui ne connaissent pas encore (mais qui vont aimer ), pour ceux qui ont envie de garder le lien, pour ceux qui pensent la plongée comme une communauté de gens parfois un peu étranges mais passionnés, il a ouvert la page Antares Sub sur Facebook :

page_facebook.jpg
La date de réouverture du centre y est déjà annoncée...
Par Homo palmus - Publié dans : vie du club
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